Avocats
en péril
IRAN
13 juin 2018

"La Campagne
" Libérez Nasrin Sotoudeh 2018 !"

Nasrin Sotoudeh
Arrêtée à son domicile et conduite à
la prison d’Evin
L'Observatoire demande aux autorités
iraniennes de libérer immédiatement et sans condition Nasrin Sotoudeh et de mettre
fin à toutes les formes de harcèlement envers elle .
Nasrin Sotoudeh 55 ans, a été arrêtée à son domicile au
matin du 13 juin 2018 et transférée à la célèbre prison d’Evin, située
dans le nord de Téhéran.
C’est
son mari qui l’a révélé l’information. Elle aurait été arrêtée pour
purger une peine de cinq ans de prison à laquelle elle a été condamnée.
Depuis
2016 avait été convoquée à plusieurs reprises à la prison d’Evin sans
que l’on lui donnât la moindre information sur le motif de la
convocation.
Depuis
2017, Nasrin Sotoudeh
défendait les jeunes filles poursuivies pour « avoir commis un acte
illégal »en refusant de porter le hijab : « Non seulement aucun homme n’a droit de faire cela à une femme,
mais en plus le policier [en question] a abusé de son pouvoir. Les femmes de notre pays veulent que la
décision de choisir leurs vêtements leur revienne », a-t-elle
expliqué sur sa page Facebook. Le 5 juin 2018, elle avait raconté sur
sa page Facebook, qu'elle et sa fille s'étaient opposées à ce qu'un
concessionnaire automobile diffuse des chansons religieuses de son
magasin par des haut-parleurs au public. En réponse, le concessionnaire
l’avait menacée d'appeler la police. (Voir aussi : Ces avocats assassinés,
emprisonnés, persécutés, 2016 et 2017).
En
août 2014, le conseil des avocats du barreau de Téhéran a annulé
l'interdiction de la pratique judiciaire de Sotoudeh
et a décidé qu'elle pouvait continuer à travailler en tant qu'avocate
agréée en Iran. Le harcèlement judiciaire des autorités n’a pas cessé contre
Nasrin Sotoudeh
depuis.
·
En 2015, aussitôt après la
restitution de sa licence, elle a reçu une première convocation du
procureur de la prison d'Evin. Mais celle-ci n’énonçait aucune charge
contre elle. Ne pouvant se déplacer en raison d’une opération de pied, elle
avait été obligée de demander un report. Plus tard, on lui demandé par
téléphone de comparaître de nouveau sans davantage lui dire pourquoi et
elle a exigé une citation écrite.
Lorsqu’elle
s’est rendue à la Cour révolutionnaire pour connaitre les accusations
et étudier son dossier dans le court laps de temps qui lui était
laissé, on lui a refusé de la laisser entrer à moins de justifier de
son identité. Elle n’a pas eu accès à son dossier.
·
Elle a ensuite reçu le 19 aout
2016 une citation à comparaître le 3 septembre devant la 28eme section de
la Cour révolutionnaire de Téhéran pour une nouvelle affaire mais n'a
pas été informée des charges retenues contre elle. Elle a toutefois
précisé qu'elle n’avait aucune information sur les motifs de la
convocation mais elle suppose que les tenants de la « ligne dure » des
dirigeants ne voulaient pas qu’elle reprenne sa profession d’avocat et
qu’ils essayent d'ouvrir une nouvelle affaire contre elle.
Elle a
expliqué qu’elle était obligée de se défendre en même puisque trois des
cinq avocats qui l'ont défendue par le passé et pour la dernière fois
en 2010, semblaient faire eux-mêmes l'objet de poursuites. Elle n’a pas
été autorisée à consulter son dossier avant la veille du procès.
En
conséquence, elle avait refusé de se rendre à l’audience pour marquer
sa protestation contre l’absence d'accès à son dossier devant la cour. Sur
sa page Facebook, elle a expliqué que, d'un point de vue juridique, une
institution judiciaire devrait être accessible au public et que tout le
monde devrait y avoir accès librement sans avoir à justifier de son
identité. Elle soutient que l'un des critères les plus fondamentaux
pour l'équité de la procédure régulière est l'égalité d'accès à
l'autorité judiciaire par le demandeur et a déclaré: «Je ne me soumettrai pas à un procès
si la procédure régulière observée n'est pas équitable ».
·
Le 16 novembre 2017, elle a
reçu une nouvelle convocation du tribunal révolutionnaire d'Evin . Elle a maintenu son refus. "Je sais
que je ne serai pas traité équitablement par le pouvoir judiciaire.Par conséquent, je ne comparaîtrai pas
devant les tribunaux; Je sais que je n'ai enfreint aucune loi.
"A-t-elle déclaré
La
citation l'avertissait qu'elle serait arrêtée si elle ne se conformait
pas à l'ordre dans les trois à cinq jours.
Depuis
la restitution de sa licence, elle était seulement autorisée à traiter
des affaires civiles et ne pouvait pas défendre les suspects dans les
affaires politiques et de sécurité.
Elle a
été saisie d'affaires de journalistes, mais les autorités judiciaires
ont refusé qu’elle les défende.
Nasrin Sotoudeh a défendu
des journalistes, des activistes et des opposants arrêtés lors des
grandes manifestations de 2009 contre la réélection contestée de
l'ex-président ultraconservateur et populiste Mahmoud Ahmadinejad. En
2010, Sotoudeh a été condamné à 11 ans de
prison et interdit pendant 20 ans à pratiquer le droit pour «
propagande contre l'État » et « assemblée et collusion contre la
sécurité nationale » en raison de son appartenance au Centre des
défenseurs des droits de l'homme.
La
Cour d'appel a réduit sa peine à six ans de prison, et il a inopinément
bénéficié d'une libération conditionnelle anticipée en septembre 2013,
quelques jours avant que Rouhani fasse son
premier voyage présidentiel à l'Assemblée générale des Nations Unies à
New York. Le procureur de Téhéran a ensuite essayé de révoquer
définitivement sa licence, mais la Cour de discipline des avocats avait
prononcé une suspension de neuf mois avant de modifier sa décision en
2014.
(Voir aussi : Ces avocats assassinés, emprisonnés, persécutés, 2016, 2017,
2018).
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