Avocats
en péril
VIETNAM
7 Juin 2018

Nguyễn Văn
Đài
libéré de prison et expulsé en Allemagne
Il
a été radié du barreau par l’ordre des avocats à cause de poursuites
instaurées contre lui
La campagne de l’Observatoire
s’arrête aujourd’hui : plus d’appels merci
Nguyễn Văn Đài, éminent avocat vietnamien des droits de l'homme a été
libéré jeudi 7 juin 2018 de la
prison de Hanoi. Sa libération suivit d’exil et celle de son compagnon
d’infortune Le Thu Ha sont
survenues environ deux mois après qu'ils aient été condamnés à de
lourdes peines d'emprisonnement.
Selon l’information
émanant de Viet Tan, un parti pro-démocratique vietnamien non reconnu, Nguyễn
Văn
Đài, son épouse , Vu Minh Khanh,
et Le Thu Ha ont été placé sur
un vol de Vietnam Airlines au départ de Hanoi pour arriver à Francfort
en Allemagne le vendredi 8 juin 2018.
"Nous sommes
réconfortés que Nguyen Van Dai n'ait pas à
endurer plus d'années de prison", a déclaré Duy
Hoang, porte-parole de Viet Tan.
Il n'y a pas eu de confirmation immédiate de
la libération du gouvernement vietnamien ou des médias d'Etat, mais
d'autres membres de la Fraternité pour la démocratie au Vietnam ont
confirmé au service vietnamien de RFA qu'ils avaient bien été relâchés
et exilés.
On ignore à la
suite de quelles tractations diplomatiques l’expulsion vers l’Allemagne
a pu être décidée.
Nguyễn Văn Đài a été condamné à 15 ans de prison et cinq ans de
résidence surveillée le 5 avril, pour avoir mené des activités visant à
renverser l'État en vertu de l'article 79 du Code pénal vietnamien. Ha
a été condamné à neuf ans d'emprisonnement. Ils étaient accusés
d’appartenir à la Fraternité
pour la démocratie, un groupe fondé par Nguyễn Văn
Đài en 2013 pour
défendre les droits de l'homme et promouvoir les idéaux démocratiques
au Vietnam.
Ils ont fait
campagne pour les victimes de l'injustice, ont plaidé en faveur de la
liberté religieuse et ont soutenu les prisonniers politiques et leurs
familles.
Dai et Ha avaient
refusé de faire appel de leurs condamnations, invoquant la méfiance des
tribunaux vietnamiens. Les peines prononcées en première instance
contre leurs coaccusés avaient été confirmées le 4 juin dernier par la
cour d’appel deux Hanoi.
Rappel
La
campagne de l’Observatoire IDHAE
Nguyễn Văn Đài, l'avocat et défenseur des droits de
l'homme vietnamien, a été a été condamné à 15 ans de prison,par un tribunal de Hanoi pour menées
"visant à renverser l'administration du peuple". Cinq autres
militants des droits de l'homme auraient été condamnés à des peines de
prison de 7 à 12 ans.
"Il est
innocent et il a plaidé innocent au procès, il continuera à se battre
et fera appel du verdict a déclaré
la femme de Dai
Nguyễn Văn Đài, 48 ans, avait été arrêté, le 16 Décembre 2015, en compagnie de
son assistante, Le Thu Ha, alors qu’il se rendait à une réunion sur les droits de
l’Homme avec des représentants de l’Union européenne. Il a été inculpé de « propagande
contre l’Etat de la République socialiste du Vietnam »
délit défini par l’article 88 de l’ancien code pénal ainsi que dans le
nouveau qui rentrera en vigueur en 2016.
Nguyễn Văn Đài n'a pas été autorisé à voir un avocat car celui qu’il avait choisi s’est vu refuser sa désignation par le ministère de la sécurité publique.Depuis son arrestation, sa femme Vũ
Minh Khánh,
n'a été autorisée à le voir que trois
fois (le 16 décembre 2016, le 17
janvier 2017 puis en mai 2017).
A la fin du
printemps 2016, Vũ Minh Khánh, avait pris la courageuse décision de se
rendre à l’étranger pour effectuer une tournée de sensibilisation aux
États-Unis, en Europe et en Australie, en exposant les conditions de
détention de son mari. À son retour, elle a été arrêtée à l’aéroport
d’Hanoï et soumise à des interrogatoires pendant plusieurs heures,
avant d’être relâchée au cours de la nuit.
Le 8 juin 2017, le Groupe de Travail des Nations unies
sur la détention arbitraire a rendu un avis aux termes duquel il
considère sa privation de liberté comme étant arbitraire.
Une persécution
continue depuis 2006
Depuis 2006, le
harcèlement contre Nguyễn Văn Đài n’a jamais cessé.
Dix jours avant son arrestation, le 6 décembre 2015, Nguyễn
Văn
Đài avait été
violemment agressé et blessé par des individus, qu’il a décrits comme
étant des policiers en civil, alors qu’il rentrait chez lui à Hanoï,
après avoir participé à une réunion sur les droits de l’homme au
Vietnam et la Constitution de 2013, organisée au domicile d’un ancien
prisonnier de conscience, dans le cadre de la “Semaine des droits de
l’Homme au Vietnam” à l’occasion de la Journée internationale des
droits de l’homme de l’ONU.
En janvier 2015,
son domicile avait été attaqué par deux hommes non identifiés qui ont
cassé la porte d'entrée de l'appartement et menacé de brûler sa maison.
Il avait déjà été victime d’agressions similaires, notamment en mai
2014, sans qu’aucune enquête ne soit ouverte. En juin 2013, il avait
publiquement dénoncé la surveillance dont il faisait l’objet à son
domicile. Après s’être procuré un détecteur de micros, il avait
découvert que les autorités l’écoutaient depuis une pièce attenante à
son appartement, attirant ainsi l’attention sur le renforcement de la
surveillance et de la censure « physique » à l’encontre des blogueurs
vietnamiens.
Nguyễn Văn Đài avait déjà été condamné, en 2007, à quatre ans de
prison et quatre ans de résidence surveillée, pour « propagande antigouvernementale
menaçant la sécurité nationale ». Il avait été libéré de prison
le 6 mars 2011, après avoir effectué, au jour près l’intégralité de sa peine
soit quatre années de détention. Placé en résidence surveillé pour 4
ans, jusqu’au six mars 2015, il venait juste d’achever de purger cette
peine de résidence surveillée, lors de son arrestation.
A cette époque, selon l'Agence AVI, un
ancien bâtonnier du barreau de Hanoi, Nguyên Trong Ty, n’avait pas
craint de condamner lui-aussi ses agissements: "Lorsque les
fautes commises par Đài avaient été dénoncées devant le barreau de Hanoi, la direction
du barreau avait adopté une ferme attitude et lui a demandé de faire
son autocritique". Le
barreau de Hanoi l’avait ensuite radié.
Nguyễn Văn Đài, né en 1969, signataire de l’appel du «
Bloc 8406 » et militant des droits de l’homme bien connu, n’a pas le droit d’exercer sa
profession d’avocat parce qu’il a été radié du barreau de Hanoï par ses
confrères. Il est contraint de s’exprimer en tant que
« journaliste-citoyen et cyberactiviste ».
Après ses études de
droit à l’université de Hanoi, Nguyễn Văn Đài a travaillé
pendant un temps dans divers cabinets d’avocats de la capitale, puis il
s’est inscrit au barreau de la province de Vinh Phuoc.
A partir de 1999, il s’est engagé dans des activités en faveur des
droits de l’homme et plus particulièrement de la liberté religieuse. En
2002, il a rejoint le barreau de Hanoï et a travaillé notamment au sein
du cabinet d’avocats Thiên An.
En 2004, il a
assuré assure la défense du célèbre pasteur mennonite Nguyên Hông Quang. Il
devient membre de l’Association internationale des pasteurs
protestants, ainsi que de sa branche asiatique. En avril 2004, avec
onze de ses confrères, il fonde l’Association des avocats pour la
justice. Au mois de
novembre 2006.a fondé le “Comité pour les Droits de l’Homme au
Vietnam”.
La campagne de l’Observatoire
s’arrête aujourd’hui : plus d’appels merci
Sous couvert de
« propagande antiétatique », ce sont ses seules activités en
faveur de la démocratie et des droits de l’homme qui sont visées.
L’APPEL
L'Observatoire condamne la
condamnation arbitraire de Nguyễn Văn Đài, 48
ans, ainsi que les charges retenues contre lui, qui semblent viser à
sanctionner pour ses activités légitimes et pacifiques en faveur de la
démocratie et des droits de l’homme.
L'Observatoire appelle les
autorités vietnamiennes à le libérer immédiatement et sans condition et
d'abandonner toutes les charges retenues contre lui.
L’Observatoire demande au
gouvernement du Vietnam de respecter les obligations légales, prévenir
la torture et les mauvais traitements des personnes en garde à vue,
conformément à la Convention d'utiliser toutes les mesures nécessaires
pour contre la torture et au Pacte international sur les droits civils
et politiques (PIDCP) - auquel le Vietnam est partie.
L’Observatoire demande qu’il
soit mis fin à l'utilisation de dispositions vagues, relatives à la
«sécurité nationale» pour réduire au silence ceux qui défendent les
droits de l'homme, militants et blogueurs, y compris l'utilisation de
l’article 88, «propagande contre la République socialiste du
Vietnam" qui ne respecte pas le droit à la liberté et à la liberté
d'expression. garanti par le Pacte international relatif aux droits
civils et politiques ( PIDCP).
**(Pour
en savoir plus : Voir Ces avocats assassinés, emprisonnés,… 2018, page 164)

Actions demandées:
Merci d’écrire aux autorités
vietnamiennes en leur demandant de:
1. Garantir en
toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de Nguyễn Văn Đài et tous les autres défenseurs des droits de l'homme au
Vietnam;
2. Libérer
immédiatement et sans condition Nguyễn Văn Đài parce
que sa détention semble sanctionner simplement ses activités pacifiques
en faveur de la démocratie et des droits de l’homme ce qui est
contraire au droit national et international;
3. Mettre fin à
tous les actes de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, contre Nguyễn Văn Đài, sa femme ainsi que contre tous les défenseurs des
droits de l'homme au Vietnam;
4. Modifier
l'article 88 du Code criminel, pour la mettre en conformité avec les
normes internationales des droits de l'homme;
5. Se conformer aux
dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des
droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 9
Décembre 1998, et notamment :
- à son article 1
qui dispose que "chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d'autres, de promouvoir et d'œuvrer pour la protection
et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales
aux niveaux national et international»,
- à l'article 12.2,
qui dispose que «L’État prend toutes les mesures nécessaires pour
assurer la protection par les autorités compétentes de chacun,
individuellement ou en association avec d'autres, de toute violence,
menace, représailles, de facto ou de jure discrimination, pression ou
autre action arbitraire dans le cadre de son exercice légitime des
droits visés dans la présente Déclaration ";
vi. Plus
généralement, d'assurer en toutes circonstances le respect des droits
de l'homme et des libertés fondamentales conformément aux instruments relatifs
aux droits de l'homme internationaux et régionaux ratifiés par le
Vietnam.
ADRESSES:
• S.E. M. Pham Binh Minh, ministre des Affaires étrangères, 1 Ton
That Dam St., district de Ba Dinh, Hanoi, Vietnam; Tél: 84-4-37992000;
080 48235; Fax: 84-4-38231872 - 84-4-37992682, Email: bc.mfa@mofa.gov.vn
• S.E. M. Nguyen Thai Binh, ministre de
l'Intérieur, 37A Nguyen Binh Khiem St., Hai Ba Trung District, Hanoi, Vietnam;
Tél: 84-4-39764116 - 84-4-39764278; Fax: 84-4-39781005
• S.E. M. Ha Hung Cuong, ministre de la Justice, 56-60 Tran Phu St., district de Ba Dinh, Hanoi, Vietnam;
Tél: 84-4-37336213 - 84-4-37338068; Fax: 84-4-38431431
• S.E. M. Tran Dai Quang, ministre
de la Sécurité publique, 44 Pourtant Kieu
St., Hoan Kiem
District, Hanoi, Vietnam; Tél: 84-4-069 42545 - 84-4-048 226602; Fax:
84-4-9420223
• S.E. M. Vu Duc
Dam, Ministre, Bureau du gouvernement (OOG), 1 Hoang Hoa Tham St. Ba Dinh
District, Hanoi, Vietnam; Tel: 84-4-80 43100; 84-4-80 43569; Fax: 84-4-80
44130
• M. Nguyen Trung Thanh, Ambassadeur extraordinaire et Plenipotentiaire, Représentant permanent, 30 chemin
des Corbillettes, 1218 Grand-Saconnex, Genève, Suisse; Tel (Assistant): +41
022-791 85 40; Téléphone: +41 (0) 22 791 85 40; Fax: +41 (0) 22-798 07
24; Email: info@vnmission-ge.gov.vn
Ainsi qu’aux
représentations diplomatiques du Vietnam dans vos pays respectifs.
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