CAMEROUN - janvier 2013
Michel
Togué
Se réfugie avec sa famille aux Etats unis
pour fuir les menaces

Depuis le 18, Octobre 2012, Alice
Nkom, et Michel Togué, ont
reçu une série de menaces anonymes par téléphone cellulaire et par courriel liée
à leur activité professionnelle dans des affaires très médiatisées
d’homosexualité.
Avec Alice Nkom,
avocate de Douala, Michel Togué avocat à Yaoundé, est
un des rares défenseurs de la cause homosexuelle. Depuis 2002, il a défendu une
dizaine de dossiers concernant des homosexuels, sans compter les cas
d’intervention dans les unités de police suite à des arrestations.
Un message texte lui a été
adressé menaçant ses enfants d'âge scolaire et l'avertissant de cesser de
défendre les personnes accusées d'homosexualité. Un message électronique, à la
suite, a prévenu: « Choisis celui de tes
enfants que nous allons transformer en pédé comme toi, a pu lire Michel Togué dans un message qui lui était adressé. Là, tu sauras
ce que ça fait de les défendre. (…) Même l’intervention des pédés blancs ne les
sauvera pas.» Le message joignait la photo des enfants Togué
en train de quitter leur établissement scolaire.
L’avocat a déposé plainte et
confié qu’il avait «très peur» car des menaces sont également parvenues à la
directrice du collège où est scolarisé son fils aîné. Selon Michel Togué, « défendre l’homosexualité est ce qu’il y a de plus
difficile au Cameroun », un pays où l’homosexualité est un délit réprimé par
l’article 347 bis du code pénal, comme étant illégal.
Michel Togué a dû évacuer sa famille aux Etats-Unis depuis
Novembre, et il les a rejoints en Janvier. Ses enfants et son épouse sont
"demandeurs d'asile", mais Michel Togué
compte retourner bientôt au Cameroun, en
insistant sur «ce serait une lâcheté d'abandonner, il est de mon devoir de
défendre les droits de l'homme et de contribuer à un Cameroun plus
tolérant."
Il a obtenu le soutien d'organisations non
gouvernementales, y compris les organisations All Out et le Robert Kennedy Center
for Justice and Human Rights,
et a même été félicité pour son travail par l'ancien secrétaire d'Etat Hillary
Clinton lors d'une réception Département d'Etat la veille, elle a démissionné.
Mais les menaces n'ont pas cessé
sur le sol américain, où il continue à être soumis à des appels téléphoniques
menaçants et des messages texte. «Ils disent qu'ils vont enlever mes enfants,
qu'ils vont les transformer en pédés. Je me sens très vulnérable», a-t-il dit
(Voir
150 avocats, 2012, p.142).