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Charles
Cubaka avocat ,Jean-Claude Mubalama , Jean Bedel Kaniki, avocat, ainsi qu’un autre avocat et Jean-Paul Ngongo Mundala , observateur
judiciaire , Joseph Kitungano Walumona , observateur judiciaire , Sophie
Roudil n observatrice judiciaire (ressortissante française) .
Les avocats qui défendent quatre hommes
faisant appel de leur condamnation à mort et les observateurs judiciaires
envoyés par des organisations non gouvernementales (ONG) locales et
internationales pour superviser ce procès ont reçu une série de menaces
anonymes à Bukavu, une ville située dans l’est de la République
démocratique du Congo. Ces menaces, dont certaines laissaient entendre
qu’ils pourraient être tués, ont commencé le 17 avril et ont pour la
plupart été envoyées sous la forme de SMS anonymes.
Joseph Kitungano Walumona, Dieudonné
Sango, Jean Bedel Kaniki et Jean-Paul Ngongo Mundala représentent tous
des ONG congolaises de défense des droits humains. Sophie Roudil est
membre de l’ONG internationale Protection International. Charles Cubaka
et Jean-Claude Mubalama sont des avocats congolais.
Toutes ces personnes participent au procès
en appel très médiatisé, devant un tribunal militaire, de quatre hommes
condamnés à mort en août 2007 pour le meurtre du journaliste de radio
Serge Maheshe, tué le 13 juin 2007 à Bukavu. L’enquête menée par le
procureur militaire de cette ville sur cet homicide n’a pas tenu compte
des allégations selon lesquelles des soldats y avaient peut-être
participé. À l’issue d’un procès inéquitable qui s’est déroulé devant une
instance militaire, au cours duquel ces allégations ont également été
ignorées, quatre civils ont été reconnus coupables de ce meurtre, dont
deux amis proches de Serge Maheshe.
Les menaces reçues par des observateurs
judiciaires et des avocats les somment d’arrêter de critiquer le
déroulement des audiences en appel, de mettre l’armée en cause dans cette
affaire et de « ternir l’image du pays ». L’un des messages, envoyé le 24
avril, indiquait à son destinataire : « Tu es un CADAVRE qui marche ! ».
Le 29 avril, Jean Bedel Kaniki a reçu un appel téléphonique d’une femme
qui s’est présentée sous le nom d’Irène. Elle l’a informé qu’un ami
proche, collègue de son ONG, avait été grièvement blessé dans un accident
de la route et lui a recommandé de se rendre immédiatement sur place. Ce
prétendu accident n’a jamais eu lieu, et le numéro de téléphone duquel «
Irène » a appelé n'est plus accessible depuis lors. Voir fr-page4.1.afr.rdc9.htm
Certains observateurs judiciaires
congolais envoyés par des ONG se tiennent éloignés de leur domicile
depuis qu'ils ont reçu ces menaces, et l'un des avocats de la défense,
dont Amnesty International ignore le nom, s'est retiré de la procédure en
appel. Ces menaces ont été signalées à la police, qui aurait ouvert une
enquête. Cependant, jusqu’à présent, les personnes qui en sont à
l’origine n’ont pas encore été identifiées et aucune mesure ne semble
avoir été prise par les autorités pour assurer la protection des avocats
et des observateurs concernés.
Ce procès en appel a fait l’objet de
critiques de la part d’observateurs indépendants, qui dénoncent des
atteintes au droit de bénéficier d’une procédure équitable, ainsi que
d'autres irrégularités. Le procès en première instance avait également
été critiqué par des observateurs envoyés par des ONG et par les Nations
unies, en raison d’un certain nombre de graves violations du principe
d'équité des procès, et notamment du non-respect des règles
internationales de l’impartialité et des droits de la défense. En mars
2008, le président de la cour d’appel militaire de Bukavu s’en est pris
publiquement au travail des observateurs envoyés par les ONG, en les
accusant de partialité, et a menacé de les poursuivre en justice pour «
outrage à la magistrature ».
RAPPEL DES FAITS:
Le 13 juin 2007,
aux environs de 21h00 (heure locale), Serge Maheshe, journaliste et
secrétaire de rédaction de l'antenne locale de Radio Okapi, a été tué par
deux hommes en vêtements civils, armés de fusils-mitrailleurs
kalachnikovs, alors qu'il sortait du domicile d'un ami, dans un quartier
résidentiel de Bukavu. Au moment où, en compagnie de deux amis, il
s'apprêtait à monter à bord de son véhicule, marqué du signe
"UN" (Nations unies) dont dispose les journalistes de la radio
pour se déplacer, les inconnus, qui l'attendaient, leur ont intimé
l'ordre de se coucher à terre. L'un d'eux a alors tiré une rafale de deux
balles dans les jambes du journaliste, puis trois balles dans la
poitrine. Serge Maheshe, 31 ans, travaillait pour Radio Okapi depuis 2002
et était devenu l'une des figures de la presse dans la région.
En première
instance, le tribunal militaire de Bukavu avait condamné, le 28 août
2007, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila, deux
hommes préalablement connus pour de petits délits, à la peine capitale
pour "assassinat". A la stupéfaction générale, Serge Muhima et
Alain Mulimbi Shamavu, deux témoins oculaires du crime et amis proches du
journaliste, avaient été condamnés à la même peine pour "association
de malfaiteurs". Le jugement avait été rendu en se fondant sur les
seuls "aveux" des deux premiers, expliquant être les auteurs
matériels de l'assassinat et qui avaient accusé les amis du journaliste
d'être les commanditaires du crime, sans avoir pu fournir ni mobile ni
élément matériel. En rendant son verdict, le tribunal avait reconnu
lui-même la persistance de "zones d'ombre" dans le dossier.
Dans une lettre
datée du 8 septembre 2007, dont Reporters sans frontières détient une
copie, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila ont accusé
deux magistrats militaires de les avoir soudoyés pour accuser les deux
amis de la victime. Ils ont affirmé que ceux-ci leur ont fourni des
éléments prétendument compromettants, de manière à étayer leur scénario,
et leur ont fait la promesse de leur assurer une rente financière et des
titres de voyage pour l'Afrique du Sud.
Mise à jour du
cas Maheshe: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/91611
ACTION
RECOMMANDÉE : dans les appels que
vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés
ci-après (en français, en anglais ou dans votre propre langue) :
- exhortez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que les
observateurs indépendants et les avocats qui participent au procès en appel de
quatre hommes accusés du meurtre du journaliste de radio Serge Maheshe,
soient protégés contre toute autre menace et tout risque d’attaque ;
- demandez qu'une enquête impartiale et indépendante soit menée dans les
plus brefs délais sur les menaces qui ont commencé le 17 avril, afin que
les responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice
;
- priez instamment les autorités de respecter et de garantir le droit des
personnes à observer les procès et à faire état de leur degré de
conformité aux normes internationales d’équité, comme le prévoit
l'article 9 de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des
droits de l’homme (1998) ;
- engagez-les à faire cesser immédiatement le harcèlement des avocats et
des militants des droits humains en République démocratique du Congo, et
à veiller à ce que ces personnes puissent poursuivre leurs activités
professionnelles légitimes sans crainte d’être intimidées ou de subir
d’autres violations de leurs droits humains.
ADRESSES
:
Chef de l’État :
Son Excellence Joseph KABILA
Président de la République
Cabinet du Président de la République
Palais de la Nation
Kinshasa
République Démocratique du Congo
Courriers électroniques : cabinet_president@yahoo.fr
Formule d’appel : Son Excellence Monsieur le Président,
Ministre de la Défense :
Mr Chikez Diemu
Ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants
Ministère de la Défense Nationale
Kinshasa
République Démocratique du Congo
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,
Ministre de l’Intérieur :
Denis Kalume Numbi
Ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité
Ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité
Kinshasa
République Démocratique du Congo
Courriers électroniques : mininterieur@yahoo.fr
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,
Ministre de la Justice et des Droits humains
:
Mr Mutombo Bakafwa Nsenda
Ministre de la Justice et Droits Humains
Ministère de la Justice
Kinshasa-Gombe
République Démocratique du Congo
Courriers électroniques : min_droitshumains@yahoo.fr
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Prière d’écrire également aux représentations
diplomatiques de la République démocratique du Congo dans vos pays
respectifs.
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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