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Georges B. Kapiamba. avocat au
Barreau de Lubumbashi , délégué de l’Association Africaine de Défense des
Droits de l’Homme – Katanga (ASADHO/Katanga), a été victime d’appels
téléphoniques anonymes provenant de numéros masqués. Les auteurs de ces
appels l’ont notamment menacé en ces termes : « Comme tu ne veux pas
te taire sur le dossier Kilwa et que tu continues à déranger le
gouvernement par tous les moyens, tu vas être détruit sur tous les plans
même professionnel. Afin de te mettre hors d’état de nuire, nous allons t’atteindre
par tous les moyens ». M. Kapiamba a été contraint d’éteindre ses deux téléphones afin de se
protéger.
Ces menaces semblent avoir un rapport avec
une visite que Georges Kapiamba et d’autres militants ont prévu d'effectuer
à Kilwa, une ville du Katanga qui a été le théâtre d’un massacre perpétré
en octobre 2004 par les troupes du gouvernement. L’équipe avait
l’intention d’interroger un certain nombre de personnes blessées lors de
ces violences, ainsi que les familles des victimes. Elle se rendait à
Kilwa pour le compte d’un cabinet d’avocats australien enquêtant sur la
possibilité de réclamer à Anvil Mining, compagnie minière
australo/canadienne, des dommages et intérêts devant les tribunaux
australiens.
Tandis que ces personnes s’apprêtaient à
s’envoler pour Kilwa, le personnel de la tour de contrôle de Lubumbashi
les a informées que l’autorisation de vol avait été refusée par l’Agence
nationale de renseignements (ANR) et le ministre de l’Intérieur de la
province du Katanga. Le groupe a par la suite appris que le gouverneur du
Katanga avait lui aussi refusé de les autoriser à se rendre à Kilwa.
Dans l’après midi du 3 avril 2008,
l’ASADHO/Katanga, l’Action contre l’impunité pour les droits humains
(ACIDH) ainsi que les ONG internationales Global Witness et Rights
and Accountability in Development (RAID) avaient publié un communiqué
de presse dénonçant la décision des autorités provinciales du Katanga
leur interdisant de se rendre à
Kilwa pour rencontrer les victimes civiles de manifestations violemment
réprimées par les forces gouvernementales en octobre 2004. A la suite de
la publication de ce communiqué, un journaliste de la BBC avait
contacté M. Kapiamba qui
lui avait accordé une interview concernant les circonstances de
l’affaire.
M. Georges Kapiamba avait par ailleurs accordé une interview à un journaliste
de RFI concernant la publication, dans le périodique de l’ASADHO,
d’articles relatifs à l’usage disproportionné d’armes à feu et du retrait
de la personnalité juridique de Bundu Dia Kongo (BDK)[1][1] par le
ministre de la Justice. Il avait également accordé une interview à un
journaliste de la BBC en visite à Lubumbashi, au cours de
laquelle, il avait critiqué de la même manière les violations des droits
des victimes de Kilwa par la justice congolaise.
Ces récentes menaces s'inscrivent dans une
campagne d'intimidation et de harcèlement des militants des droits
humains travaillant sur le massacre de Kilwa, leur intensité culminant
avec celles adressées à Georges Kapiamba.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
En octobre 2004, au moins 73 civils, dont
de nombreux enfants et femmes, ont été massacrés à Kilwa et dans ses
environs par des soldats de la 62e brigade d’infanterie des Forces Armées
de la République Démocratique du Congo (FARDC). D’autres victimes ont été
arrêtées arbitrairement et soumises à la torture ou à d’autres formes de
mauvais traitements. La compagnie Anvil Mining, qui exploite une mine de
cuivre et d’argent près de Kilwa, a apporté un soutien logistique à l’armée
lors de cette opération, en fournissant avions et véhicules. Elle
soutient que ces équipements ont été réquisitionnés par les forces de
sécurité « sous la force de la loi » [sic] et nie toute implication
directe dans le massacre. En juin 2007, un tribunal militaire de
Lubumbashi a acquitté 12 prévenus, dont des militaires et trois expatriés
employés par Anvil Mining, des chefs de crimes de guerre et complicité de
crimes de guerre commis lors du massacre. Quatre d’entre eux, tous
soldats, ont été déclarés coupables d’infractions sans aucun lien avec
cette affaire. Il apparaît que le procès a été fortement marqué par des
ingérences du pouvoir politique, ainsi que par des actes d’intimidation
contre des témoins. L’acquittement des accusés a été considéré par de
nombreux observateurs comme un sérieux revers dans la lutte contre
l’impunité en RDC. Un recours formé contre cette décision a été rejeté en
décembre 2007.
ACTION RECOMMANDÉE : Faites parvenir le plus vite possible des appels urgents aux destinataires
mentionnés ci-après (en français, en anglais ou dans votre propre langue)
en leur demandant de :
i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique
et psychologique de M. Georges Kapiamba, de l’ensemble des membres de
l’ASDHO - Katanga, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme
en RDC ;
ii. Mener une enquête indépendante sur les menaces décrites
ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés et dûment jugés et
sanctionnés conformément à la loi congolaise et aux dispositions internationales
en matière de protection des droits de l’Homme ;
iii. Mettre un terme à tout acte de harcèlement à l’encontre
des défenseurs des droits de l’Homme en RDC ;
iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des
Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article
1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association
avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits
de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international”, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux
instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres
instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui
ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous
les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”, et son
article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures
nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute
personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute
violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression
ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des
droits visés dans la présente Déclaration” ;
v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la
Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République
démocratique du Congo.
APPELS
À :
Chef de l’État :
Son Excellence Joseph KABILA
Président de la République,
Cabinet du Président de la République
Palais de la Nation,
Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo
Courriers électroniques :
cabinet_president@yahoo.fr
Formule d’appel : Son
Excellence Monsieur le Président,
Ministre de l’Intérieur :
Denis Kalume Numbi
Ministre de l’Intérieur,
Décentralisation et Sécurité
Ministère de l’Intérieur,
Décentralisation et Sécurité
44 Avenue de Lemera, BP 7949,
Kinshasa Gombe, République Démocratique du Congo
Formule d’appel : Monsieur le
Ministre,
Ministre de la Justice et des
Droits humains :
Mr Mutombo Bakafwa Nsenda
Ministre de la Justice et
Droits Humains
Ministère de la Justice
228 Avenue de Lemera, BP
3137, Kinshasa-Gombe, République Démocratique du Congo
Courriers électroniques :
min_droitshumains@yahoo.fr
Formule d’appel : Monsieur le
Ministre,
Gouverneur de la province du
Katanga :
Gouverneur Moïse Katumbi
Chapwe
Gouvernorat, Province du
Katanga, Lubumbashi, République Démocratique du Congo
Formule d’appel : Monsieur le
Gouverneur,
MERCI D'AGIR
IMMEDIATEMENT
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