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Selon
les informations reçues de l’Observatoire pour la protection des
défenseurs des droits de l’Homme, , Me Jean-Bernard Padaré, avocat
et membre de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH). est
l’objet de menaces quotidiennes depuis qu’il a déposé plainte, le 14
février 2008, pour arrestation illégale et détention arbitraire à la
suite de la disparition de MM. Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat
Salehdes, dirigeants de l’opposition légale tchadienne.
Dès
le lendemain du dépôt de cette plainte, des individus cagoulés sont venus
plusieurs jours de suite au domicile de M. Padaré en vue de l’intimider.
M. Padaré était absent de son domicile et n’a pu le regagner depuis lors.
Les
jours suivants, M. Padaré a reçu deux SMS le menaçant en les termes
suivants : « Mr ARCHE DE ZOE, malheur à toi si on te retrouve au
TCHAD. Sale traître, mercenaire à la solde des FRANCAIS. Tu vas payer de
ta vie, sale traître » puis « Mr ARCHE DE ZOE, si tu es un
homme, montre toi de jour ou de nuit dehors et tu verras toi qui aime
défendre les français et les affaires louches. » Ces menaces font
allusion au rôle de M. Padaré dans le procès qui s’est déroulé du 21 au
26 décembre 2007 à N’Djamena et au cours duquel il assurait, aux côtés
d’autres avocats, la défense des six français accusés.
Le
21 février 2008, alors qu’il se trouvait au restaurant en compagnie d’un
ami, M. Padaré a remarqué un individu qui l’épiait et qui a pris la fuite
à bord d’un véhicule, en s’apercevant que M. Padaré n’ait pas seul.
L’Observatoire
rappelle que le ministre d’Etat de la Défense, le Général Abdallah
Nassour, a déclaré, à l’occasion de sa prise de fonction le 19 février
2008, que les « mercenaires sont repartis mais leurs complices sont
à N’Djamena, donc il faut les traquer ».
L’Observatoire
exprime sa plus vive préoccupation pour l’intégrité physique et
psychologique de M. Padaré ainsi que pour celle de tous les défenseurs
des droits de l’Homme au Tchad, dans un contexte où ces derniers sont
assimilés à des opposants politiques et poussés à quitter le pays et ce
afin de les empêcher de mener à bien leur activité de témoignage et de
dénonciation des violations des droits de l’Homme.
Jean-Bernard Padaré a été l'un des avocats tchadiens des six
Français de l'Arche de Zoé incarcérés à N'Djamena.
Actions demandées:
Ecrire
aux autorités du Tchad et de leur demander de :
i.
Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de
M. Jean-Bernard Padaré, ainsi que des personnes mentionnées ci-dessus et
de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Tchad ;
ii.
Mener une enquête indépendante sur les faits décrits ci-dessus, afin que
leurs auteurs soient identifiés et dûment jugés et sanctionnés
conformément à la loi en vigueur ;
iii.
Veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de
harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme
tchadiens ;
iv.
Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le
9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que
“chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des
libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son
article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux
relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux
applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des
idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et
toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2, qui dispose que
“l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de
facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;
v.
Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Tchad.
Adresses :
- M. Idriss
Deby, Président de la République, Présidence de la République, B.P.
74 N’Djamena, Tchad, Fax : (235) 51 45 01
- M. Nouradine
Delwe Kassiré Coumakoye, Premier Ministre, Primature N’Djamena,
Tchad, Fax (235) 52 20 89, Email : cpcprimt@intnet.td
- M. Albert
Pahimi Padacke, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ministère
de la Justice BP. 426 N’Djaménal, Tchad, Tel./Fax (235) 52 21 39
- M. Ahmat
Mahamat Bachir, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique,
BP. 742 N’Djaména, Tchad, Tel/Fax : (235) 51 71 59
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Tchad dans votre pays.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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