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Maître
Jean-René Manfo Songong, avocat au Barreau du Cameroun et responsable de la cellule
juridique de l’ACAT-Littoral et de la Maison des droits de l’Homme du
Cameroun, a été injurié et menacé par des gendarmes de la brigade de Njombé-Penja, alors qu’il
venait s’enquérir des fondements de l’interpellation d’un de ses clients,
conformément à l’article 29 du Code de procédure pénal camerounais.
Maître Jean-René Manfo Songong
a été mandaté par l’ACAT-Littoral pour défendre Messieurs Ngalle Moussobo, Paul-Eric Kingué et Pierre Roger Lambo
Sandjo, dans une affaire de « complicité de
pillage en bande et incitation à la révolte » à la suite des émeutes des
25-28 février 2008 qui s’étaient déroulées dans la ville de Njombé-Penja, comme dans le
reste du Cameroun.
Depuis qu’il défend les accusés des affaires Kingué
et Lambo Sandjo,
Maître Jean-René Manfo Songong
est suivi par des éléments des forces de sécurité en civil. Les actes de
harcèlement à son encontre semblent sanctionner ses activités de défense
des droits de l’Homme.
INFORMATIONS
SUPPLEMENTAIRES EN PROVENANCE DE L'OMCT-FIDH : (CMR 003 / 1008 / OBS 163)
Tout porte à croire que ces inculpations
et ces arrestations sont liées aux actions de M. Paul-Eric Kingue, ancien maire de la ville de Njombé-Penja, qui s’est
illustré depuis son élection en juillet 2007, à démanteler un réseau de
corruption mis en place par son prédécesseur à la faveur de compagnies
bananières de Njombé-Penja
et a dénoncer les maltraitances subies par les employés de ces
compagnies. Ces dernières auraient alors décidé de « mettre fin à son
règne d’une manière ou d’une autre ». M. Ngalle
Moussobo, proche de M. Paul Eric Kingue, avait signé un appel à la libération du maire
emprisonné. M. Pierre Roger Lambo Sandjo, quand à lui, avait récemment fait campagne, à
travers un tube musical, contre la révision de la Constitution portant
sur la limitation du mandat présidentiel.
Les émeutes de 2008 ont largement été
utilisées comme prétexte pour lancer des procédures pénales abusives et
ce dans tout le Cameroun. A la suite de la démission de leurs avocats
respectifs en raison d’actes d’intimidation, M. Paul-Eric Kingue et M. Pierre Roger Lambo
Sandjo ont saisi l’ACAT-Littoral, qui fait
aujourd’hui l’objet de menaces et d’actes d’intimidation.
Ainsi, depuis qu’il défend les accusés des
affaires Kingue et Lambo
Sandjo, Me Manfo est
suivi par des éléments des forces de sécurité en civil. Le 9 octobre
2008, Me Manfo a été la cible de médias qui
l’accusaient d’avoir été l’instigateur d’un mouvement de résistance et de
révolte à la brigade de Njombé-Penja lors de l’interpellation de M. Ngalle. Depuis, il n’a cessé de recevoir des appels
anonymes le menaçant en raison de son implication dans les deux procès
mentionnés ci-dessus.
L’Observatoire dénonce les actes de
harcèlement à l’encontre de Me Jean-René Manfo Songong, qui semblent sanctionner ses activités de
défense des droits de l’Homme, ainsi que le maintien en garde à vue de M.
Ngalle Moussobo au
groupement de la gendarmerie de Nkongsamba depuis le 8 octobre 2008, sans
avoir été présenté à un juge, en violation des règles de procédure pénale
camerounaises qui stipule que le délai légal de garde à vue est de 48h
renouvelables deux fois sur autorisation du Procureur de la République.
Par conséquent, et au regard des nombreux
actes de harcèlement des personnes impliquées dans ces dossiers, l’Observatoire
dénonce avec la plus grande fermeté la répression subie par les
défenseurs des droits de l’Homme au Cameroun et rappelle qu’en vertu de
l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de
l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre
1998, “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les
autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en
association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action
arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la
présente Déclaration”.
Addresses:
ACTIONS DEMANDEES :
Ecrire aux autorités en leur demandant de :
- Garantir en toutes circonstances
l’intégrité physique et psychologique de Me. Jean-René Manfo Songong, M. Ngalle Moussobo, M.
Paul-Eric Kingue et de M. Pierre Roger Lambo Sandjo et de
l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme camerounais ;
- Procéder à la libération immédiate et
inconditionnelle de M. Ngalle Moussobo, M. Paul-Eric Kingue
et de M. Pierre Roger Lambo Sandjo en l’absence de toute charge valable à
leur encontre ;
- Mener une enquête indépendante sur les
actes de harcèlement décrits ci-dessus, afin que leurs auteurs
soient identifiés, dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi
en vigueur ;
- Mettre un terme à tout acte de
harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre des défenseurs des
droits de l’Homme ;
- Se conformer aux dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement à son article 1 qui stipule que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de
toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et
international” et son article 12.2 susmentionné ;
- Plus généralement, se conformer aux
dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et
instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de
l’Homme ratifiés par le Cameroun.
(Voir modèle de lettre plus
bas)
ADRESSES :
- M.
Paul Biya, Président de la République, Présidence de la République,
Palais de l’Unité, 1000 Yaoundé, Cameroun, Fax +237 222 08 70
- M.
Amadou Ali, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ministère de
la Justice, 1000 Yaoundé‚ Cameroun, Fax: + 237 223 00 05
- M.
Rémy Ze Meka,
Ministre de la Défense, 1000 Yaoundé‚ Cameroun, Fax +237 223 59 71
- M.
Jean Marie Aleokol, Secrétaire d’Etat à la
Défense, Chargé de la Gendarmerie, Fax +237 222 39 98
- M.
Alain Edgard Mebe Ngo’o,
Délégué Général à la Sûreté Nationale, Fax +237 221 00 69
- M.
Marafa Hamidou
Yaya, Ministre de l’Administration territoriale et de la
Décentralisation, Fax : + 237 222 37 35
- Dr.
Chemuta Divine Banda, Président de la
Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL),
Tel : +237 222 61 17, Fax : +237 222 60 82, E-mail: cndhl@iccnet.cm
- M.
Ahmadou Tidjani, Gouverneur de la Province
de l’Extrême Nord, Tel : +237 229 14 61 / +237 229 22 03
- Procureur
général de la Province de l’Extrême Nord, Tel : +237 229 33 03
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ici le modèle de lettre au format word doc 
Ou
Recopiez la lettre ci-dessous
Après avoir signé cette lettre, il vous suffit
de la renvoyer à l'adresse indiquée
[Votre nom ici]
S.E.M. Paul
BIYA
Président de la République
Présidence de la République
Palais de l’Unité - 1000 Yaoundé
Cameroun
Monsieur le
Président,
Je m’inquiète vivement pour la
sécurité de Maître Jean René Manfo Songong, avocat au barreau du Cameroun, responsable
de la cellule juridique de l’ACAT-Littoral.
Le 8 octobre 2008, Maître Manfo a été injurié
et menacé par des gendarmes de la brigade de Njombé-Penja, alors qu’il venait s’enquérir des fondements
de l’interpellation d’un de ses clients, M. Ngalle
Moussombo, à Njombé-Penja, conformément à l’article 29 du Code de procédure
pénal camerounais.
Depuis que Maître Manfo défend les accusés des
affaires Kingue, Lambo
Sandjo et Moussombo,
il est suivi par des éléments des forces de sécurité en civil et fait
l’objet d’actes de harcèlement dont des menaces téléphoniques.
A la suite de la démission de leurs avocats respectifs en raison d’actes
d’intimidation, M. Paul-Eric Kingue et M.
Pierre Roger Lambo Sandjo
ont saisi l’ACAT-Littoral. Maître Manfo a été
mandaté pour défendre ces personnes, inculpées ou inquiétées pour «
complicité de pillage en bande et incitation à la révolte » en lien avec
les émeutes de fin février 2008, qui ont largement été utilisées comme
prétexte pour lancer des procédures pénales abusives.
Face à cette situation, je vous demande de garantir en toutes circonstances
la sécurité physique et psychologique de Maître Jean René Manfo Songong et de mettre
un terme à tout acte de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre
des membres de l’ACAT-Littoral.
Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à
l’expression de ma haute considération.
[Signature]
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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