|
Daniel Bekele,
avocat et responsable de la stratégie au bureau éthiopien d'ActionAid,
organisation internationale de développement et Netsanet Demissie, avocat et fondateur et directeur d'une ONG
éthiopienne, l'Organisation pour la justice sociale en Éthiopie ont été acquittés le 24 décembre 2007
par la Haute cour fédérale d’Addis Abeba d'« outrage à la
Constitution" mais
celle-ci les a reconnus coupables
"d'incitation à la violence".
Le 26 décembre 2007, la
Cour les a condamnés à deux ans et demi de prison, peine qui correspond à
la détention provisoire qu'ils ont effectuée. Ils ont été libérés dans
les jours qui ont suivis.
Le jugement concernant Daniel Bekele et Netsanet Demissie.
attendu le 22 novembre avait été
reporté au 30 novembre. Le 30 novembre, la Haute cour fédérale d’Addis
Abeba a repoussé au 24 décembre le prononcé de sa décision pour le même
motif : la maladie de l’un des trois juges. Un juge de remplacement devait avoir le
temps d’examiner l’affaire.
En détention depuis novembre
2005 ils étaient les deux derniers mis en cause dans le procès très médiatisé des
défenseurs des droits de l'homme, de dirigeants de l'opposition membres de la Coalition pour l'unité et
la démocratie (CUD), parti d'opposition, poursuivis depuis 2005 pour «
outrage à la Constitution ».
Tous leurs coaccusés ont été libérés. Certains ont été acquittés
en avril 2007. D'autres ont été condamnés à des peines de prison en
juillet, mais ils ont rapidement été graciés dans le cadre d'un accord
négocié avec le gouvernement.
Daniel Bekele et Netsanet Demissie ont
nié tout lien avec la CUD, ont présenté leur défense et ont refusé de
plaider coupable pour demander une grâce.
Pour en
savoir plus : fr-page4.1.ethio4.htm
fr-page4.1.ethio4.htm
INFORMATIONS GÉNÉRALES
L'arrestation et le placement en
détention de Daniel Bekele et Netsanet Demissie ont eu lieu dans le
contexte politique troublé qui caractérisait l'Éthiopie après les
élections législatives de mai 2005. Des manifestations d'opposition ont
été organisées à Addis-Abeba en juin et en novembre 2005 pour dénoncer
des fraudes électorales présumées. Elles ont été violemment dispersées.
Les forces de l'ordre ont abattu 187 personnes. Six policiers ont
également été tués, et la ville a subi d'importants dégâts matériels.
À la suite de ces manifestations, des dizaines de milliers de membres de
la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD), un parti d'opposition,
ont été détenus, parfois pendant plusieurs mois, sans inculpation ni
jugement. En décembre 2005, 131 personnes parmi lesquelles figuraient des
dirigeants de la CUD, des fonctionnaires, des journalistes et des
défenseurs des droits humains ont été jugées (dont plusieurs par
contumace) pour des infractions à caractère politique passibles de la
peine capitale ou de la réclusion à perpétuité. En avril 2007, 28 accusés
ont été libérés sur décision des juges, qui ont estimé qu'il n'y avait
rien à retenir contre eux. En juillet 2007, 38 autres, qui avaient refusé
de présenter leur défense, ont été reconnus coupables et condamnés à des
peines de prison à vie ou de longue durée. Le 20 juillet, ils ont été
graciés et remis en liberté avec l'accord du Premier ministre, Meles
Zenawi, après avoir signé une lettre dans laquelle ils demandaient pardon
pour les « fautes » commises lors des manifestations. D'autres
détenus ont par la suite plaidé coupable et été graciés, si bien que Daniel Bekele et Netsanet Demissie
sont les deux derniers à rester en prison après avoir achevé leur
défense.
ACTION RECOMMANDÉE : dans
les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux
destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre
langue) :
- déclarez-vous inquiet à l'idée que Daniel Bekele et Netsanet Demissie
soient condamnés à la réclusion à perpétuité alors qu'ils n'ont fait que
mener pacifiquement leurs activités de défense des droits humains ;
- précisez qu'Amnesty International les considère comme des prisonniers
d'opinion ;
- priez les autorités éthiopiennes de libérer ces deux hommes immédiatement.
APPELS À :
Premier ministre :
His Excellency Meles Zenawi, Office of the Prime Minister, PO Box 1031,
Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 1552020
Formule d'appel : Your
Excellency, / Excellence,
Ministre de la Justice :
Mr Assefa Kesito, Ministry of Justice, PO Box 1370, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 5517775
+251 11 5520874
Courriers électroniques : ministry-justice@telecom.net.et
Formule d'appel : Dear
Minister, / Monsieur le Ministre,
COPIES À :
Commission éthiopienne des droits humains :
Ambassador Dr Kassa Gebreheywot, Chief Commissioner, Ethiopian Human
Rights Commission
PO Box 1165, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 618 0041
Courriers électroniques : hrcom@ethionet.et
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Éthiopie dans votre pays.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
|