|
Le 8 janvier 2009, les autorités gabonaises ont procédé à
l’annulation du visa de Me Thierry Lévy, avocat au Barreau de
Paris, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Libreville afin de
représenter MM. Gregory Ngbwa
Mintsa, plaignant dans l’affaire des Biens mal acquis initiée en
France[1][1],
Marc Ona Essangui, coordinateur
pour le Gabon de la campagne « Publiez ce que vous payez » (PCQVP)
qui milite pour une gestion transparente des revenus des industries
extractives, Georges Mpaga, président du Réseau des Organisations
libres de la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), Dieudonné Koungou,
journaliste au bimensuel privé Tendance Gabon, et Gaston Asseko,
directeur technique de la radio Sainte-Marie. Les cinq défenseurs
ont été arrêtés entre le 30 et le 31 décembre 2008 par des agents des
services de renseignement, sans fondement légal et sans mandat[2][2].
Le 7 janvier 2009, MM. Ngbwa Mintsa, Ona Essangui, Mpaga,
Asseko et Koungou ont tous été accusés de "détention d’un document
en vue de propagande" et de "propagande orale ou écrite en vue
d’incitation à la révolte contre l’autorité de l’Etat", puis placés
sous mandat de dépôt. Si M. Koungou a été libéré sous caution le jour
même, tous les autres ont été transférés à la maison d’arrêt de
Libreville, où ils restent détenus à ce jour.
L’Observatoire condamne vivement l’annulation du visa de Me
Lévy en ce qu’elle viole les droits de la défense, et notamment l’article
31 de la Convention d’aide mutuelle judiciaire, d’exéquatur des jugements
et d’extradition signée le 23 juillet 1963 entre la France et le Gabon,
ainsi que l’article 9.3(c) de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le
9 décembre 1998.
L’Observatoire dénonce également le caractère arbitraire de la
privation de liberté de MM. Ngbwa Mintsa, Ona Essangui, Mpaga et Asseko,
en ce qu’elle vise uniquement à sanctionner leurs activités de défense
des droits de l’Homme, et reste par ailleurs extrêmement préoccupé par
l’état de santé des détenus[3][3].
APPELEZ les autorités
gabonaises:
- à garantir à
Me Lévy le libre accès au territoire et aux juridictions gabonaises,
conformément à leurs obligations internationales;
- à garantir
en toute circonstance l’intégrité physique et psychologique de MM. Ngbwa
Mintsa, Ona Essangui, Mpaga, Koungou et Asseko;
- à procéder à
l’abandon des charges à l’encontre des cinq défenseurs en question, en ce
qu’elles semblent viser uniquement à sanctionner leurs activités de
défense des droits de l’Homme;
- à procéder à
la libération immédiate et inconditionnelle de MM. Ngbwa Mintsa, Ona
Essangui, Mpaga et Asseko, arbitrairement détenus;
- à leur
garantir un plein accès aux soins dont ils ont besoin;
- à se
conformer à la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, et
notamment son article 9.3(c) qui prévoit que "chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres [...] d’offrir et prêter
une assistance juridique professionnelle qualifiée ou tout autre conseil
et appui pertinents pour la défense des droits de l’homme et des libertés
fondamentales" et son article 12.2 qui dispose que “l’Etat prend
toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes
protègent toute personne, individuellement ou en association avec
d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”
- à se
conformer plus généralement aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux
relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Cameroun.
Pour toute information complémentaire, merci de
contacter :
FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 52 42
MERCI
D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
|