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Selon les informations reçues, le 17 juin
2008, M. Goungaye Wanfiyo a été abordé dans la rue par un inconnu,
qui l’a informé que « quelque chose se tramait » contre lui et
qu’il devait faire très attention à ce qu’il ne lui arrive pas la même
chose qu’à Me Nicolas Tiangaye, ancien président de la LCDH, et Me
Bandassa, faisant référence à l’attaque du domicile du premier par des
hommes armés en janvier 2006[1] et à l’assassinat du second, le 12 juin
2006.
L’inconnu lui a également précisé que,
lors d’une réunion qui se serait tenue au début du mois de juin 2008 en
présence de membres des forces armées, il aurait été dit que Me Goungaye
Wanfiyo « a fait délivrer un mandat d’arrêt contre le Président
Bozizé pour faire procéder à son arrestation par la Cour pénale
internationale ». Certains des participants auraient alors demandé
aux militaires d’agir en conséquence.
Ces menaces sont en lien avec
l’arrestation, le 25 mai dernier, de M. Jean-Pierre Bemba Gombo,
ancien Vice-président de la République démocratique du Congo et président
du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), sur mandat d’arrêt de la
Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’avec les activités menées par
M. Goungaye Wanfiyo en tant que président de la LCDH et pour son
action auprès de la CPI, en faveur des victimes.
L’Observatoire condamne avec la plus
grande fermeté ces menaces de mort à l’encontre de M. Goungaye
Wanfiyo. L’Observatoire rappelle que Mme Bernadette Sayo et
M. Erick Kpakpo, membres de l’OCODEFAD[2], ont récemment fait
l’objet de menaces[3] et réitère ses craintes pour la sécurité des
défenseurs des droits de l’Homme et en particulier les responsables des
ONG de victimes.
Action demandées :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir
écrire aux autorités de République centrafricaine et de leur demander
de :
i. Garantir en toutes circonstances
l’intégrité physique et psychologique de M. Nganatouwa Gounaye
Wanfiyo, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme en
République centrafricaine ;
ii. Mener une enquête indépendante sur les
menaces décrites ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés,
dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi centrafricaine et aux
dispositions internationales en matière de protection des droits de
l’Homme ;
iii. Mettre un terme à tout acte de
harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en
RCA ;
iv. Se conformer aux dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international”, son article 6(b),
selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits
de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier,
communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et
connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés
fondamentales”, et son article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes
les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes
protègent toute personne, individuellement ou en association avec
d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de
facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;
v. Plus généralement, se conformer aux
dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et
instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme
ratifiés par la République centrafricaine.
Adresses :
- M. Francois
Bozize, Président de la République. Fax : + 236 05 56 20
- M.Elie
Doté, Premier Ministre. Fax : + 236 61 42 71
- M. Michel
Sallé, Ministre de l’Intérieur chargé de l’Administration du
territoire. Fax : + 236 61 26 27
- M. Paul
Otto, Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et de la bonne
gouvernance. Fax : + 236 61 15 79
- Ambassade
de la République centrafricaine à Bruxelles, 416 bd. Lambermont,
1030 Saint-Josse-Ten-Noode, Belgique, Fax : + 32 2 215 13
11 ; Tel : 32 2 242 28 80, Email : ambassade.centrafrique@skynet.be
Prière d’écrire également aux
représentations diplomatiques de la République démocratique du Congo dans
vos pays respectifs.
***
Paris-Genève, le 18 juin 2008
Merci de bien vouloir informer
l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet
appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de
l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme
victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que
possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix
des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler
La Ligne d’Urgence :
E-Mail : Appeals@fidh.omct.org
Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20
11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39
/ 41 22 809 49 29
[1] Cf. rapport annuel 2006 de
l’Observatoire.
[2] L’Organisation pour la compassion et
le développement des familles en détresses (OCODEFAD), basée à Bangui,
regroupe plus de 1000 adhérents, victimes de graves violations des droits
de l’Homme et du droit international humanitaire perpétrées lors des
conflits qui se sont succédés en RCA depuis 2002. L’OCODEFAD a pour
objectifs statutaires d’apporter un soutien économique, social, médical
et juridique aux victimes.
[3] Cf. appel urgent de l’Observatoire CAF
001/ 0508/ OBS 092, diffusé le 28 mai 2008.
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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