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Abdel
Shakour Hashim Derar, 35 ans, avocat, membre de l'Association
des avocats du Darfour, et membre du Congrès populaire, un parti national
d'opposition, a été arrêté à son
bureau le 14 mai en début d'après-midi par un groupe d'agents armés
en civil du Service de la sécurité nationale et du renseignement. Il est
détenu au secret dans un lieu inconnu.
Le
9 mai, à Khartoum, des agents du Service de la sécurité nationale et
du renseignement ont commencé à arrêter des personnes qu'ils accusaient
de soutenir le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), un groupe
armé d'opposition.
Plus
de 200 personnes ont arrêtées
entre le 9 et le 16 mai à Khartoum. Outre Abdel Shakour Hashim Derar ,
cinq autres membres du Congrès populaire, un parti national d'opposition
qui serait proche du MJE ont été arrêtés. Alors que 52 d'entre elles
au total ont été libérées au bout de quelques jours, au moins
155 autres restent détenues, apparemment sans avoir été inculpées.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le
10 mai 2008, le MJE, qui affronte les forces gouvernementales du
Soudan au Darfour depuis 2003, a lancé une attaque sur Khartoum pour la
première fois. Des témoins oculaires affirment que ces arrestations
étaient arbitraires, visant ces personnes uniquement en raison de leur
origine darfourienne, de leur appartenance
ethnique ou de leur ressemblance physique, ou encore parce qu'elles
étaient soupçonnées d'avoir abrité des membres du MJE. Un recours
excessif à la force a été signalé dans de nombreux cas.Le
conflit au Darfour a commencé en 2003, lorsque l'Armée de libération du
Soudan (ALS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), deux
groupes armés d'opposition basés au Darfour, ont pris les armes contre le
gouvernement soudanais pour protester contre la marginalisation perçue de
cet État de l'ouest du pays et contre l'oppression de ses tribus non
arabes. L'Accord de paix sur le Darfour de 2006 n'a pas obtenu le soutien
de la majeure partie de l'ALS et du MJE ; il n'a été signé qu'entre
le gouvernement soudanais et la faction de l'ALS dirigée par Minni Minnawi. Le MJE ne
s'est jamais joint aux efforts visant à négocier un accord de paix. Le
10 mai 2008, il a lancé une attaque militaire à la périphérie de
Khartoum. Celle-ci a marqué le début d'une nouvelle phase du conflit au
Darfour, puisque c'est la première fois qu'un groupe armé d'opposition
atteint les abords de la capitale. De nombreux membres du MJE auraient
été tués au cours de cette opération et plusieurs dizaines ont été arrêtés.
Les normes
internationales relatives aux droits humains, telles que le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le
Soudan est partie, interdisent le maintien prolongé en détention au
secret. L'article 9 du PIDCP prévoit que « tout individu
arrêté ou détenu du chef d'une infraction pénale sera traduit dans le
plus court délai devant un juge ». Bien que le Code de procédure
pénale soudanais contienne des garanties contre la détention au secret,
l'article 31 de la Loi relative aux forces de sécurité, qui régit
les arrestations menées par le Service de la sécurité nationale et du
renseignement, autorise la détention au secret pour de longues périodes
sans inculpation ni jugement. Un tel régime d'incarcération, sans aucun
contact avec le monde extérieur ni contrôle externe, augmente le risque
de torture. Amnesty International a déjà émis des critiques concernant
les dispositions de la Loi relative aux forces de sécurité.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous
ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés
ci-après (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
- engagez les
autorités à révéler le lieu de détention d'Adam Abdel Rahman Fadul, Mubarak Ahmed Bakhat,
Ahmed Orshi, Abdel Shakour Hashim Derar et Al Ghali Yahya Shegifat, ainsi que
celui des quelque 150 autres personnes détenues ;
- demandez-leur
instamment d'inculper ces personnes d'une infraction dûment reconnue par
la loi ou bien de les remettre en liberté immédiatement ;
- exhortez-les à
permettre sans délai à tous ces détenus d'être régulièrement en contact
avec leurs proches et leurs avocats, ainsi que de bénéficier de tous les
soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
- cherchez à
obtenir la garantie que toutes les personnes détenues sont traitées avec
humanité et ne sont ni torturées, ni soumises à d'autres formes de
mauvais traitements ;
- priez les
autorités soudanaises d'enquêter sur toutes les allégations faisant état
de mauvais traitements et de torture, ainsi que sur toutes les exécutions
extrajudiciaires qui ont eu lieu depuis l'attaque du MJE ;
- demandez
l'abrogation de l'article 31 de la Loi relative aux forces de
sécurité, qui permet de priver des personnes de liberté pendant une
période pouvant aller jusqu'à neuf mois sans que celles-ci aient la
possibilité de faire contrôler la légalité de leur détention.
APPELS À :
Ministre de
la Justice :
Mr Abdel Basit Sabderat
Minister of Justice
Ministry of Justice, PO Box 302, Khartoum, Soudan
Fax : +249 183 770883
Formule d'appel : Dear Minister,
/ Monsieur le Ministre,
Ministre de
l'Intérieur :
Ibrahim Mohamed Hamed
Federal Ministry of the Interior
P.O. Box 2793, Khartoum, Soudan
Fax : +249 1 8377 6554
Formule d'appel : Dear Minister,
/ Monsieur le Ministre,
COPIES À :
Rapporteur du
Conseil consultatif des droits humains :
Dr Abdel Moneim Osman Taha
Rapporteur, Advisory Council for Human Rights, Khartoum, Soudan
Courriers électroniques : human_rights_sudan@hotmail.com
Présidente du
Comité des droits humains :
Dr Priscilla Joseph
Chair of the Human Rights Committee, National
Assembly, Omdurman, Soudan
Fax : +249 187 560 950
ainsi qu'aux
représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays.
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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