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Le 23 avril, José Humberto Torres, avocat du
Comité de solidarité avec les prisonniers politiques (CSPP), et Jesús
Tovar, membre dirigeant de la CUT dans le département de l’Atlantique,
sur la côte septentrionale de la Colombie, ont reçu un courriel de
menaces de mort d’un groupe se présentant également comme les « Aigles
noirs ». Daté du 21 avril, le mail les accusait de faire partie de la
guérilla et disait : « La démobilisation ne nous a pas affaiblis, au
contraire, elle nous a réarmés – une balle pour vous ». Et d’ajouter : «
Écoute, Jose Humberto, fils de pute, fais bien attention, si on tombe sur
toi, tu y auras droit ». Le message déconseillait vivement à d’autres
organisations de défense des droits humains et syndicats de s’exprimer
publiquement et affirmait que María Cedeño et Nicolás Castro étaient
surveillés.
La veille, le 22 avril, des
membres de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) dans le
département de Santander (nord-est de la Colombie), ont reçu une lettre
de menaces de mort du groupe paramilitaire « Nouvelle génération d'Aigles
noirs à Santander ». Datée du 18 avril, elle les mettait en garde contre
toute forme de défilé ou de manifestation à l’occasion de la journée
mondiale du travail, le 1er mai, et disait : « Il y a un détachement
d’hommes prêts à obéir à nos ordres et à nous débarrasser de vous tous, serviteurs
de la guérilla. » Dix-sept membres d'organisations de défense des droits
humains et de syndicats y étaient désignés comme « cibles militaires »,
en particulier les militants des droits de la personne Carolina Rubio,
Príncipe Gabriel González et María Cardona, et les syndicalistes Martha
Cecilia Díaz, Javier Correa et Nicanor Arciniegas.
Au cours des quarante années
du conflit armé colombien, les organisations de défense des droits humains,
les syndicats et d'autres organisations à vocation sociale ont souvent
été accusés de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla par les
forces de sécurité et les paramilitaires. Les atteintes perpétrées contre
les syndicalistes coïncident fréquemment avec des périodes de conflits
sociaux. La journée mondiale du travail, célébrée le 1er mai, est une
période d’activité intense pour le mouvement syndical. Vingt-deux
syndicalistes colombiens ont été tués depuis le début de l’année, à
l’instar de Jesús Heberto Caballero Ariza, un membre de la section du
département de l’Atlantique du Syndicat des employés du secteur public du
SENA (SINDESENA), assassiné récemment. Il a été kidnappé, et l’on pense
qu’il recevait depuis plusieurs mois des menaces de mort. On a retrouvé
son corps le 17 avril ; il portait manifestement des marques de torture.
Informations complémentaires :
José Humberto Torres travaille pour la Fundación Comité de
Solidaridad con los Presos Políticos – FCSPP (Comité de solidarité avec
les prisonniers politiques). José Humberto Torres a assuré la défense de
nombreux défenseurs des droits humains et prisonniers politiques tout au
long des 27 dernières années.
Bien que son travail de
défense des droits humains ait été reconnu par les Ministères colombiens
de l’Intérieur et de la Justice, ainsi que par la Commission
interaméricaine des droits de l’homme, il a fait l’objet de nombreuses
menaces tout au long des trois dernières décennies. En 2004, l’Unité
régionale des renseignements militaires (RIME) de l’armée colombienne
avait requis, du procureur local, sa mise en accusation pour outrage à la
cour, ce qui a été rejeté par le procureur pour insuffisance de preuves.
José Humberto Torres a été contraint à l’exil à deux reprises, en 1991
puis en 2004, en raisons de craintes pour sa sécurité et celle de sa
famille. Depuis son retour en Colombie en 2005, José Humberto Torres a
exigé à plusieurs reprises du gouvernement colombien qu’il garantisse les
mesures de protections approuvées par la Commission interaméricaine des
droits de l’homme pour améliorer sa sécurité et celle de sa famille, mais
ces mesures ne sont pas encore assurées.
Le 15 novembre 2007, Edgar
Ignacio Fierro Flores (également connu comme Don Antonio), un ancien
commandant d’un groupe paramilitaire, a reconnu, au cours d’une audience
en justice à Barranquilla, avoir ordonné en 2004 l’assassinat de José
Humberto Torres, et que cet ordre était toujours en vigueur. Flores a
affirmé que José Humberto Torres demeure “une cible militaire légitime”
en raison de ses liens présumés avec les Forces Armées Révolutionnaires
de Colombie (FARC). José Humberto Torres n’a aucun lien avec les FARC et
ses activités dans les droits humains ont été reconnues par les
Ministères colombiens de l’Intérieur et de la Justice ainsi que par la
Commission interaméricaine des droits de l’homme. Flores a également
déclaré être incapable de procéder à l’assassinat de José Humberto
Torres, en raison des fréquents déplacements de l’avocat. El Zarco, l’un
des paramilitaires ayant reçu l’ordre de son exécution, n’a pas encore
été démobilisé et serait devenu le chef des Aigles Noirs (Aguilas
Negras), l’un des groupes paramilitaires nouvellement constitués et
auteur des nombreuses menaces de mort lancées ces derniers temps contre
les organisations de défense des droits humains en Colombie.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux
destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre
langue) :
- appelez les autorités à
garantir la sécurité de José Humberto Torres, Jesus Tovar, Javier Correa,
Carolina Rubio, Príncipe Gabriel González, María Cedeño, Nicolás Castro,
Martha Cecilia Díaz, Nicanor Arciniegas et des autres membres de la CUT,
d’autres syndicats et organisations de défense des droits humains, du
CPDH et du CSPP dans les départements de Santander et de l’Atlantique, en
prenant toutes les mesures jugées appropriées par les personnes menacées
;
- demandez instamment aux
autorités de mener des investigations approfondies et impartiales sur les
menaces de mort des 22 et 23 avril, d’en rendre publiques les conclusions
et de déférer à la justice les responsables présumés ;
- demandez aux autorités de
prendre des mesures décisives pour combattre et démanteler les groupes
paramilitaires, ainsi que pour enquêter sur leurs liens avec les forces
de sécurité et rompre ceux-ci, conformément aux nombreuses
recommandations des Nations unies ;
- appelez les autorités à
élaborer, en collaboration avec des défenseurs des droits humains, des
politiques et des plans visant à garantir la sécurité de ces derniers,
conformément aux principes de la Déclaration sur le droit et la
responsabilité des individus, groupes et organes de la société de
promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés
fondamentales universellement reconnus, et à rendre ces plans publics.
APPELS À :
Président de la République :
Señor Presidente Álvaro Uribe
Vélez
Presidente de la República,
Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-2, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 337 5890
Formule d’appel : Excmo. Sr.
Presidente Uribe, / Monsieur le Président de la République,
Directeur du Programme
présidentiel pour les droits humains et le droit international
humanitaire :
Dr. Carlos Franco Echevarría
Director del Programa
Presidencial de Derechos Humanos y Derecho Internacional Humanitario
Vicepresidencia De La
República De Colombia, Calle 7 No 6-54, Bogotá, Colombie
Fax :+ 57 1 565 9797
Formule d’appel : Estimado
Dr. Franco Echevarría, / Monsieur le Directeur,
Procureur général :
Dr. Mario Germán Iguarán
Arana
Fiscal General de la Nación,
Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B (Av. Luis Carlos
Galán No. 52-01) Bloque C, Piso 4, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2000 (un
message préenregistré en espagnol vous indique alors de composer le
numéro de poste 2017)
Formule d’appel : Estimado
Sr., / Fiscal, / Monsieur,
COPIES À :
FCSPP
Calle 26 No. 4 A-45 piso 12
torre KLM,
Bogotá, D.C., Colombie
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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