Retour page d'accueil

IDHAE INFORMATION

AUTRES APPELS URGENTS IDHAE

OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

Actions Urgentes d'Amnesty International

Centre pour l'indépendance des magistrats et des avocats

Humanrightsfirst Alert

Human Rights Watch Campaigns (HRW)

RESEAU EURO-MEDITERRANEEN DES DROITS DE L'HOMME (REMDH)

Algeria Watch

Retour page d'accueil

ALERTE URGENTE AVOCAT

 

MEXIQUE

 

22 février 2008

 

 

Deux avocats spécialisés dans la défense des droits humains

Jesús Manuel Grijalva Mejía 

 Gilberto Hernández Santiago

menacés de mort

   

AI : AMR 41/006/2008 - Action complémentaire sur l'AU 155/07

 

 

  Jesús Manuel Grijalva et Gilberto Hernández Santiago, deux avocats spécialisés dans la défense des droits humains, ont reçu une lettre de menaces de mort. Deux jours plus tard, la militante des droits humains Alma Gómez Soto a été harcelée à son domicile par deux femmes qu’elle n’a pas pu identifier. Ces agissements semblent être des représailles contre les activités de défense des droits humains que ces personnes mènent dans l'État d'Oaxaca. Amnesty International craint que leur vie ne soit en danger.
Le 22 février, vers 16 h 15, Jesús Grijalva est arrivé à son bureau, dans le centre de la ville d’Oaxaca. Lorsqu’il a ouvert la porte, il a remarqué une lettre anonyme posée sur le sol. Il y était écrit : « Gilberto Hernández Santiago, Jesús Grijalva Mejía, passez, vous cherchez la mort, continuez, vous êtes prévenus maintenant. L’un vit à Crespo, l’autre à l’ISSSTE [Institut de sécurité et de services sociaux des travailleurs de l’État], vous allez mourir tous les deux avant la fin du mois. »

Le 24 février, vers 18 h 30, deux inconnues sont venues chez Alma Gómez et lui ont demandé : « Marx et Lénine habitent ici, n’est-ce pas ? » Il semble que cette phrase visait à l’identifier comme une militante du mouvement « gauchiste », que les autorités ont accusé de chercher à porter atteinte à l’État lors de manifestations en 2006. Lorsqu’Alma Gómez a voulu fermer sa porte, ces deux femmes ont tenté, sans succès, de l’ouvrir de force.
Jesús Manuel Grijalva et Gilberto Hernández Santiago collaborent avec le Comité de libération des détenus du 25 novembre, dont Alma Gómez est membre actif. Ces deux avocats spécialisés dans la défense des droits humains et cette organisation poursuivent en justice les autorités fédérales et de l’État d’Oaxaca pour génocide et crimes contre l’humanité, à la suite de graves violations des droits humains commises dans cet État depuis 2006. Le Comité de libération des détenus du 25 novembre a été créé après des affrontements qui ont opposé les manifestants et la police le 25 novembre 2006, à l'issue desquels 149 personnes ont été placées en détention, dont beaucoup n'avaient participé ni aux manifestations, ni aux violences. Ses membres font campagne en faveur des personnes qui ont été victimes de violations des droits humains pendant la crise politique d'Oaxaca et leur apportent une assistance juridique. Amnesty International a rassemblé des informations sur des cas antérieurs de harcèlement de défenseurs des droits humains à Oaxaca (voir l’AU 334/06, AMR 41/060/2006 du 15 décembre 2006 et ses mises à jour, et l’AU 323/06, AMR 41/056/2006 du 29 novembre 2006).
À la suite des manœuvres de harcèlement et des menaces de mort dont Jesús Manuel Grijalva et Mayen Arellanes ont été la cible en avril et juin 2007, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a statué que les autorités mexicaines devaient protéger ces deux avocats et les membres du Comité de libération des détenus du 25 novembre, mais le gouvernement de l’État d’Oaxaca s'est contenté de leur fournir des téléphones portables.
À la connaissance d’Amnesty International, l’avocate Mayen Arellanes, spécialisée dans la défense des droits humains, n’a pas reçu de nouvelles menaces.

INFORMATIONS GÉNÉRALES
En juin 2006, des actions de protestation massives ont été menées dans l'État d'Oaxaca, à l’initiative de l’Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca (APPO), dans le but d'obliger le gouverneur de cet État à démissionner. Ces actions n’ont pas abouti. Les violences politiques et les manifestations ont continué tout au long de l'année. Au cours de ces affrontements, 18 civils, sinon plus, auraient été tués, au moins 370 blessés et 349 arrêtés. De nombreux abus ont été signalés : recours excessif à la force, détentions arbitraires, torture et utilisation de chefs d'inculpation forgés de toutes pièces contre des manifestants. Le 16 juillet 2007, au cours de nouveaux heurts violents entre la police et les manifestants, une quarantaine de personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines ont été blessées. Les autorités présumées responsables de ces agissements – aux niveaux de l’État fédéral, des municipalités et de l'État d'Oaxaca – n'ont pas été appelées à rendre des comptes. Une seule fois, cinq policiers ont été inculpés d’infractions à la loi. Si les violences politiques se sont atténuées, les tensions restent vives. Les organisations de défense des droits humains continuent de faire campagne pour que justice soit rendue à la suite de ces atteintes.

 

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- demandez l’ouverture d’une enquête impartiale et approfondie sur les menaces de mort reçues par Jesús Manuel Grijalva et Gilberto Hernández Santiago le 22 février, ainsi que sur le harcèlement subi par Alma Gómez le 24 février, afin que les responsables de ces agissements soient traduits en justice ;
- exhortez les autorités à veiller à ce que ces trois personnes et les autres membres du Comité de libération des détenus du 25 novembre bénéficient de mesures de protection efficaces, conformément à leurs souhaits et à la décision de la Commission interaméricaine des droits de l’homme ;
- rappelez aux autorités qu'en vertu de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, les défenseurs des droits humains sont en droit de mener librement leurs activités sans crainte de représailles.

 

APPELS À :
Ministre de l’Intérieur : Lic. Juan Camilo Mouriño Terrazo
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P. 06600, Mexique
Fax : (+52 55) 5093 3414
Courriers électroniques : secretario@segob.gob.mx
Formule d’appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,

Gouverneur de l’État d’Oaxaca : Lic. Ulises Ruiz Ortiz
Gobernador del Estado de Oaxaca
Carretera Oaxaca-Puerto Angel, Km. 9.5, Santa María Coyotepec, Oaxaca, C.P. 71254, Oaxaca, Mexique
Fax : +52 951 502 0530 (Si une personne décroche, veuillez dire : « Me da tono de fax, por favor. »)
Courriers électroniques : gobernador@oaxaca.gob.mx
Formule d’appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,

Procureur général de l'État d'Oaxaca : Lic. Evencio Nicolás Martínez Ramírez
Procurador General de Justicia del Estado de Oaxaca
Avenida Luis Echeverría s/n, Col. La Experimental, San Antonio de la Cal, Oaxaca, C.P. 71236, Oaxaca, Mexique
Fax : +52 951 511 5519
Formule d’appel : Estimado Procurador, / Monsieur le Procureur,

COPIES À :
Président de la Commission nationale des droits humains (CNDH) :
Dr. José Luis Soberanes Fernández,
Presidente de la Comisión Nacional de Derechos Humanos
Periférico Sur 3469, 5º piso, Col. San Jerónimo Lídice, México D.F. 10200, Mexique

 

 

MERCI D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.

 

 

page precedente

haut de la page

page suivante

 

-->