Retour page d'accueil

IDHAE World  Globebservatoire Mondial des Droits de la Défense et des violations des droits des avocats

 

Gao Zhisheng ,  43 ans,  connu sous le sobriquet d’ « avocat aux pieds nus »,  qui avait été arrêté en novembre  2007 et torturé pendant près de deux mois avant d’être mis en résidence surveillée,    vient d'être  à nouveau placé en détention aux alentours du 19 janvier 2009. Il est actuellement détenu au secret dans un lieu inconnu.

 

En décembre 2006, à l’issue d’un procès à huis clos, Gao Zhisheng avait été condamné pour « incitation à la subversion » à une peine de trois ans d’emprisonnement, qui avait été ensuite suspendue. Il était surveillé en permanence depuis son jugement.

 Gao Zhisheng est membre d'une association d’avocats qui s’est engagée dans plusieurs actions de défense des droits de l’homme en Chine : la lutte pour les droits des paysans expropriés, des catholiques emprisonnés et des pratiquants du mouvement Falun Gong, interdit en Chine . Il s'est fait connaitre pour avoir défendu, entre autre, un prêtre catholique accusé de "ventes illégales de Bible".

 

Après qu'il ait écrit une lettre ouverte où il priait Hu Jintao et Wen Jiabao de faire cesser les persécutions à l'encontre des membres du Falun Gong, l’activité de son cabinet a été suspendue, en novembre 2005, par le Bureau des Affaires Judiciaires de la municipalité de Pékin. En décembre 2005, sa licence d’avocat lui a été purement et simplement retirée.

 

Le 17 janvier 2006, Gao Zhisheng circulait dans les rues de Pékin lorsqu’un véhicule surgi de nulle part, plaques d’immatriculations camouflées, lui fonça délibérément dessus avec le silence complice, assassin des agents spéciaux chargés de le surveiller dans ses faits et gestes. Malgré cela, il a écrit deux autres lettres ouvertes : une où il annonce publiquement sa démission du Parti communiste chinois et une troisième et très longue lettre, où il rappelle par le détail la répression et les actes de tortures dont sont victimes les membres de Falun Gong. Mais il élève aussi le débat en posant le problème de la moralité du système, des droits civiques et de l’état du droit.

 

Alors qu'il devait recevoir un prix décerné par un groupe d'avocats américains, un avocat chinois défenseur des droits de l'homme, Gao Zhisheng, a disparu de son domicile de Pékin en juin. Le prix lui a été remis en son absence le 30 juin 2006.

 

Gao Zhisheng a été arrêté le 15 août 2006 dans la province de Shandong. Le 29 septembre 2006, il a été officiellement inculpé d’« incitation à la subversion ». Le 12 décembre, son procès de Gao s'est tenu à huis clos devant le tribunal numéro un de Pékin. Ses deux conseils, Ding et Mao Shaoping n'ont pas été autorisés à assister à l'audience. Aucun de membres se famille de Gao ni journaliste n’autorisé à l’audience. Gao Zhisheng, a été reconnu coupable de subversion pour avoir publié neuf textes critiques envers le régime communiste sur des sites internet d'opposition basés à l'étranger, notamment pour dénoncer les "tortures" infligées aux adhérents emprisonnés du Falungong, des textes critiques et a été condamné le 22 décembre 2006 à trois ans de prison ferme, une peine "assortie d'un sursis de cinq ans et la privation de ses droits civiques pendant un an".

 

Il lui était également reproché d'avoir accordé une dizaine d'interviews à des médias étrangers, dont Radio Free Asia, basée aux Etats-Unis, et les "enregistrements de ses paroles séditieuses ont été placés sur des sites internet pour être écoutés et téléchargés", selon le tribunal, cité par Chine Nouvelle. "Cependant, Gao a également signalé volontairement d'autres délits et apporté des indices importants pour résoudre d'autres affaires, une contribution qui lui a permis d'obtenir une peine clémente et un sursis de cinq ans", a ajouté la cour, sans donner de détails.

 

Le 16 février 2007, Gao Zhisheng a été libéré et a pu retrouver sa famille. Mais il a été détenu à maintes reprises pendant des jours ou des semaines au cours des neuf mois qui suivent.

 

En avril 2007, il avait publiquement dénoncé les actes de torture qu’il avait subis pendant sa détention provisoire. Les autorités avaient intensifié l’oppression et le harcèlement visant cet homme et sa famille.

Surnommé «la conscience de la Chine», il a pris la défense de Yang Maodong et est l'auteur du livre A China More Just (Une Chine plus juste), dans lequel il livre les détails de son histoire personnelle remarquable, la souffrance des pratiquants du Falun Gong et d'autres groupes et la transformation qui s'est opéré en lui, quant il a basculé de l'espoir dans le système légal de la Chine à une opposition complète au régime du Parti communiste, se tenant prêt à exposer sa propre vie pour la justice.

 

En août 2007, Gao a adressé une lettre ouverte de neuf pages aux membres du Congrès américain dans laquelle il a exprimé sa profonde inquiétude quant aux prochains Jeux de Pékin et a pressé le Congrès américain de prêter attention aux violations continues des droits de l'homme en Chine. Dans sa lettre, Gao expliquait: «J'ai beaucoup écrit sur la question du Falun Gong, la persécution du Falun Gong étant le pire désastre pour l'humanité dans cette période historique...Des millions de personnes ont été illégalement détenues dans les camps de lavage de cerveau sans nombre établis dans tous les coins de la Chine par le Bureau 610, un bureau qui a une triste réputation, une structure mise en place pour renforcer la persécution du Falun Gong. Si les procédures d'admissions dans les camps sont des plus simples, les méthodes utilisées pour « éduquer » les pratiquants, sont d'une cruauté épouvantable." « Des dizaines de millions de personnes ont subi diverses formes de persécution. Un grand nombre d'enfants a été renvoyé de l'école simplement parce que leurs parents pratiquaient le Falun Gong. Il arrive souvent que des enfants soient laissés à l'abandon ou même sans abri après que leurs parents aient été arrêtés.»

 

Dans sa lettre, Gao relate une des enquêtes qu'il a lui-même menées.
Pour Me Gao « les huit ans de répression du Falun Gong, sont, de loin, le désastre le plus long et le plus grave pour les droits de l'homme en Chine et dans le monde. C'est pourquoi j'ai souligné cela dès le début de cette lettre. » Gao continue : « Nous ne soutenons pas ni ne feignons pas de soutenir l'utilisation des Jeux olympiques comme instrument politique. Nous ne pouvons soutenir non plus ni feindre de soutenir des Jeux olympiques qui n'ont aucune considération pour la conscience humaine, la justice, ou la moralité. »

 

Le 22 septembre 2007, Gao Zhisheng a, de nouveau, été arrêté par des agents du Bureau de la Sécurité de l’Etat. Le kidnapping de Gao est survenu au moment de la publication en anglais de son  livre, Une Chine plus juste, qui expose les nombreuses méthodes de tortures que le Parti communiste Chinois a utilisées sur le Falun Gong et après qu'il ait écrit aux législateurs américains leur demandant d'aider à mettre en lumière ce qu'il a appelé un « la continuité du désastre des droits humain en Chine ». Accusé de subversion, il a été de nouveau mis en détention le 25 septembre 2007,  avec son épouse et ses deux enfants, dans une "prison secrète", où il aurait été soumis à des humiliations devant sa famille et ses enfants sont privés d'école.

 

L'ACAT a rendu publique une lettre, qu’il a réussi à faire parvenir à des organisations de droits de l’Homme avant son dernier enlèvement, il détaille à nouveau les actes de torture qu’il a subis après cette nouvelle interpellation.
Il indique que, lors de l’arrestation, les policiers l’avaient déshabillé et roué de coups jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Pendant six semaines de détention illégale, les agents l’avaient violemment battu et lui avaient infligé des décharges électriques de manière répétée sur les parties génitales. Ils avaient en outre placé des cigarettes allumées près de ses yeux pendant plusieurs heures. Ce traitement l’avait rendu partiellement aveugle pendant plusieurs jours.

 

Gao Zhisheng à reçu différentes récompenses, dont notamment le Prix de combattant des droits de l'homme de la part de l'Asia-Pacific Human Rights Watch Charitable Trust en 2006 et, en juin 2007,  le "Prix du Courage de la Défense" (Courageous Advocacy Award), décerné par  l'American Board of Trial Advocates (ABOTA). Mais, le 24 juin 2007, Gao a été enlevé de vive force par le gouvernement Chinois pour  l'empêcher de se rendre à la  cérémonie de  remise de la récompense prévue pour le 30 juin 2007, à Santa Barbara, en Californie.  Au cours des mois précédents, il avait disparu le 7 août 2008, à la veille du début des Jeux olympiques, et maintenu dans un endroit inconnu.

 

AGISSEZ IMMEDIATEMENT :

 

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en mandarin ou dans votre propre langue) :

- exhortez les autorités à libérer l'avocat Gao Zhisheng immédiatement et sans condition ;

- s’il demeure détenu, priez-les instamment de révéler le lieu où il se trouve et les charges officiellement retenues, le cas échéant, contre lui ;

- demandez-leur de garantir que cet homme ne sera ni torturé, ni soumis à une quelconque autre forme de mauvais traitements en détention ;

- engagez-les à veiller à ce qu’il soit autorisé à consulter ses avocats et à recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;

- demandez que des mesures efficaces soient prises afin que tous les militants des droits humains puissent mener leurs activités pacifiques librement, sans crainte d’être arrêtés arbitrairement, emprisonnés ou intimidés, conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme.

 

ENVOYEZ UNE LETTRE POUR GAO ZHISHENG

 

ADRESSES :

  • Premier ministre de la République populaire de Chine

WEN Jiabao Guojia Zongli
The State Council General Office
2 Fuyoujie
Xichengqu
Beijingshi 100017
République populaire de Chine
Fax : +86 10 65961109 (via le ministère des Affaires étrangères)
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier ministre,

 

  • Ministre de la Sécurité publique :
    MENG Jianzhu Buzhang
    Gong'anbu
    14 Dongchang'anjie
    Dongchengqu
    Beijingshi 100741
    République populaire de Chine
    Fax : +86 10 63099216 (l’obtention des lignes de fax peut se révéler difficile ; merci de vous montrer persévérant)
    Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

 

  • Directeur du bureau de la Sécurité publique de Pékin :
    MA Zhenchuan Juzhang
    Beijingshi Gong'anju
    9 Qianmen Dongdajie
    Dongchengqu
    Beijingshi 100740
    République populaire de Chine
    Fax : +86 10 85222320
    Courriers électroniques : wbjc@sohu.com
    Formule d’appel : Dear Director, / Monsieur,


    LETTRE :

 


[Votre nom ici]


Monsieur le
[titre ici ]

A la suite d’informations reçues, je tiens à exprimer ma vive préoccupation concernant la disparition forcée de Gao Zhisheng qu'une dizaine d’agents des forces de sécurité sont venus chercher à son domicile, dans la province du Shaanxi, et ont emmené. On ignore depuis lors où il se trouve.

Je vous demande instamment de :
• libérer Gao Zhisheng immédiatement et sans condition ;
• garantir que cet homme ne sera ni torturé, ni soumis à une quelconque autre forme de mauvais traitements en détention, et de révéler son lieu de détention actuel ;
• veiller à ce qu’il soit autorisé à consulter ses avocats et à recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin.

Lors de l’examen périodique universel devant le Conseil des droits de l’Homme, la Chine a réfuté toute critique des autres Etats. Elle a notamment affirmé que la loi protégeait les avocats et que personne n’était visé en raison de ses activités en faveur des droits de l’Homme. Je vous appelle à mettre véritablement en œuvre ces propos en prenant des mesures efficaces afin que tous les militants des droits de l’Homme puissent mener leurs activités pacifiques librement, sans crainte d’être arrêtés arbitrairement, emprisonnés ou intimidés, conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.

 

[Votre signature ici]

 

 




MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

 

page precedente

haut de la page

page suivante

 

-->