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Le 30 juin 2008 vers 22h10, le domicile de
Parvez Imroz, avocat et défenseur des
droits de l'homme au Cachemire, a été attaqué à l’arme à feu et à la
grenade.
Parvez Imroz est co-organisateur
du Tribunal International du Peuple sur les Droits humains et la Justice
dans le Cachemire sous administration indienne, et le co-fondateur de
Jammu and Kashmir Coalition of Civil Society. Parvez Imroz est le lauréat du Prix International Ludovic Trarieux
2006 . Le prix avait été
remis en France, dans le grand amphithéâtre de l'Ecole Nationale de la
Magistrature, le vendredi 13 octobre 2006, par M. Dean Spielmann, juge à
la Cour Européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg à la femme de
Parvez Imroz venue spécialement du Cachemire pour accepter la récompense
au nom de son mari empêché de sortir du territoire par les autorités
indiennes. (Lire : Cérémonie de
Remise du Prix 2006.)
L’attaque qu'il a subie le 30
jhuin, a été menée par huit à 10 personnes ; il pourrait s’agir d’agents
des Forces centrales de réserve de la police et du Groupe des opérations
spéciales du Cachemire.
Parvez Imroz et sa famille étaient chez eux dans le village
de Kralpura, à environ huit kilomètres de
Srinagar, lorsque des inconnus sont arrivés à leur porte.
Parvez Imroz s’est inquiété lorsque les inconnus ont frappé à la porte. Lorsqu’on leur a
demandé de s’identifier, ils ont demandé à l’avocat Parvez
Imroz d’ouvrir la porte. De crainte d’un danger, Parvez
Imroz a appelé à l'aide son frère, Sheikh Mushtaq
Ahmad, qui habite dans la maison voisine. Son frère a allumé une torche
afin de voir les attaquants en demandant une nouvelle fois aux individus
de s’identifier, mais ils lui ont crié de l’éteindre.
Le neveu de Parvez
Imroz a couru vers la maison de son oncle. Un coup de feu a alors été
tiré et a failli toucher le neveu de Parvez
Imroz. Les assaillants ont ensuite lancé une grenade dans le jardin de la
maison et ont tiré deux coups de feu en l'air, blessant légèrement un
voisin. Puis ils se sont enfuis dans des véhicules blindés et des jeeps.
Les voisins de l’avocat Parvez Imroz et les membres de la communauté auraient
vu une voiture blindée et deux autres véhicules, ainsi que des hommes en
uniforme, qui venaient de la 'Central Reserve Police Force' (CRPF), mais
aussi du 'Special Operations Group' (SOG).
Après l’attaque, Parvez
Imroz s’est aperçu que les lampadaires le long du chemin menant à son
domicile avaient été détruits volontairement. Sa famille s’est installée
chez un ami à cause des craintes pour leur sécurité. Le 1er juillet, il
s’est rendu dans un poste de police voisin et a déposé une plainte au
sujet de cette attaque.
Quelques jours avant, les 20 et 21 juin
2008, l’avocat Parvez Imroz, le Dr Angana Chatterji et d’autres membres du Tribunal
International du Peuple sur les Droits humains et la Justice, avaient été
harcelés et interrogés par des membres du 'Special
Branch Kashmir' (SBK)
et du 'Counter Intelligence Kashmir'
(CIK), après avoir visité des fosses communes à Baramulla
et Kupwara, dans le Cachemire sous
administration indienne.
Cette agression constitue une tentative
pour mettre fin à une enquête actuellement en cours sur des tombes
anonymes dans l’État de Jammu-et-Cachemire, dont on pense qu’elles
pourraient contenir des victimes d’exécutions illégales, de disparitions
forcées, de tortures et d’autres atteintes aux droits humains. L’enquête
est menée par le Tribunal international sur les droits humains dans la
justice au Cachemire, soutenu par l’Association des parents de disparus
(APDP), dont Parvez Imroz est le président. Parvez Imroz a déclaré que des agents de police et
des services de renseignements avaient harcelé des membres du tribunal le
20 juin, alors qu’ils s’étaient rendus à Kupwara
et à Baramulla afin de recueillir des
informations sur les tombes anonymes auprès des villageois.
Biographie :
Parvez Imroz, avocat à Srinagar (la capitale du
Cachemire), défend la cause des Droits de l’Homme depuis la fin des
années 80. Diplômé en Sciences à Srinagar en 1972, il a ensuite a
obtenu son degré LLB au Collège de droit de l’Université Musulmane
Aligarh en 1975. Il est le
fondateur et le président de la Coalition de la Société Civile de l’Etat
indien du Jammu-et-Cachemire (J&K Coalition of Civil Society (JKCCS)
qui travaille à unir les efforts des organes de la société civile du
Cachemire. Cette action s’accomplit dans un contexte de lutte armée
croissante, d’utilisation courante de la torture ainsi que tout moyen de
harcèlement, d’impunité garantie par une législation spéciale et de
protestations régulières à Srinagar et dans les autres zones urbaines.
Las d’enregistrer toutes sortes de
plaintes, les enlèvements, les disparitions, les viols, les
intimidations, les séjours arbitraires dans la prison centrale, il décide de créer, en 1994,
l’Association des parents de "Disparus" (APDP Association
of Parents of Disappeared Persons). Cette organisation recherche
et rassemble les parents de « disparus », organise des conférences de
presse, mène campagne pour que la vérité soit connue et que les
responsables soient traduits en justice. C’est une des rares
organisations apolitiques au Jammu-et-Cachemire. Elle travaille avec très
peu de ressources et ne peut espérer obtenir aucune aide de l’étranger.
En dénonçant publiquement les disparitions, les cent vingt-cinq membres
envoient un message fort aux autres victimes et leurs familles mais
courent d’énormes risques. Parvez Imroz
estime à plusieurs milliers le nombre des disparus depuis 1989, notamment
au cours de garde à vue.
Parvez Imroz a perdu, en sept ans, quatre
confrères disparus aux mains des forces de la sécurité. Le 12 avril 1995,
des inconnus supposés membres d’un groupe d’opposition armée tentent de
l’abattre. Deux hommes munis d’armes automatiques lui ont fait signe de
s’arrêter. Imroz a accéléré, et au moment où il les dépassait, il a été
touché dans la partie supérieure gauche du dos. Il a perdu le contrôle de
sa voiture et s’est arrêté devant une mosquée. Quelqu'un est sorti de la
mosquée et conduisit Imroz à l'hôpital SMHS. Des fragments de balles
d’AK-56 ont été retrouvés dans le haut du dos d’Imroz, et son poumon
gauche a été touché. Six jours plus tard, Imroz a été transféré dans un
hôpital à Delhi où il est resté quinze jours. Quand il revint à Srinagar,
plusieurs militants du Hezb-ul
Mujahedin s’excusèrent d’avoir tiré sur lui,
assurant qu’il y avait eu erreur sur la personne.
Un an plus
tard, le 8 mars 1996, alors qu’Imroz venait de prendre le thé avec un
autre avocat près la Cour, grand spécialiste des droits humains, Jalil Andrabi, ce dernier
et sa femme ont été arrêtées par une unité des 35 Rashtriya
Rifles (35RR), une force paramilitaire Indienne. Le 27 mars 1996, la
dépouille de Jalil Andrabi
a été retrouvée dans les eaux du Jhelum
Le 18 juillet
2001, Parvez Imroz a réalisé son rêve : il a
posé la première pierre d’un monument à la mémoire des victimes « disparues » du
Cachemire. Mais dans la nuit qui
a suivi, le futur monument a été rasé par la police indienne.
En 2002, Parvez Imroz persiste et crée la Public Human Rights Commission of
Jammu and Kashmir (PCHR), qui documente les
violations dans l’Etat.
Parvez Imroz a été reçu en avril 2002 par le
Groupe des Nations Unies chargé des Disparitions Forcées et
Involontaires. En avril 2003, les promesses du nouveau gouvernement de
protéger les Droits de l’Homme et de poursuivre les personnes
responsables d’exactions antérieures n’étant pas tenues, les membres de
l’APDP ont mené une grève de la faim pour tenter de maintenir la pression.
Le 20 mars
2004, l’APDP a organisé une manifestation pacifique à Srinagar devant le
bureau des Nations Unies dans le but de soumettre au Groupe
d’observateurs militaires des Nations unies un mémorandum demandant au
Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou
involontaires de prendre en compte les cas de « disparition » dans cet
État et de punir les responsables. Mais la police utilisera la force pour
la disperser, tirant sur les femmes sans défense dans le cortège. Parvez Imroz a été blessé puis ensuite arrêté en même
temps que 10 femmes de disparus. Ils ont été inculpés en application de
l’article 323 du nouveau Code pénal pour rassemblement illégal et coups
et blessures qu’ils auraient portés aux policiers. Ils ont été libérés
sous caution après sept heures de garde à vue.
Le 30 avril, 2005, Parvez
Imroz a révélé qu’il avait reçu des menaces de mort d'un homme non
identifié qu’il a appelé un « tireur appointé par le
gouvernement », lequel est venu chez lui dans le secteur de Kralpora et que l'armée Indienne et le gouvernement
du Jammu-et-Cachemire conspiraient pour le faire tuer.
AGISSEZ EN FAVEUR DE
L’AVOCAT PARVEZ IMROZ.
Copiez la lettre ci-dessous et envoyez-la
à l’adresse suivante.
Adresses:
President Pratibha Patil, Office of the President,
Rashtrapati Bhavan,
New Delhi 110 004, Inde
Modèle
de Lettre:
Your Excellency,
I am gravely concerned following reports
of the attempted assassination
of human rights
defender, Advocate Parvez
Imroz, at his home on
30 June 2008. Advocate
Parvez Imroz is the co-convener of the
International People's Tribunal on Human Rights and Justice in
Indianadministered Kashmir,
and the co-founder
and president of the Jammu and Kashmir Coalition of Civil Society.He is the distinguished recipient of the Ludovic-Trarieux International Human Rights Prize 2006 ("The international tribute of lawyers to a lawyer").
On 30 June 2008, at
10.10 pm, Advocate Parvez
Imroz and his family were at home in Kralpura village, approximately
8 kilometres from
Srinagar, when unknown
individuals arrived
to their door. When asked to identify themselves, they requested that Advocate Parvez Imroz open the door.
Following incidents of harassment
and intimidation against members
of the International People's Tribunal on Human Rights and Justice
the previous week, Advocate Parvez Imroz was concerned for his and his family's safety.
He contacted his
brother who lives in the house next door and his brother responded by shining a torch at the front door of Advocate Parvez Imroz's home and again requesting that the individuals identify themselves. Advocate Parvez Imroz's nephew ran towards his uncle's home until a shot was fired by one of the persons
at the door. A few
seconds later a
grenade was thrown at the door before it exploded into a fireball. Tear gas was also reportedly thrown at the house as well as an additional two shots being fired. At approximately 10.30 pm the perpetrators
left the scene after beating one male neighbour.
Neighbours of Advocate
Parvez Imroz and community
members reported seeing one large armoured vehicle and two Gypsy cars, and men in uniform,
both from the Central
Reserve Police Force (CRPF) and the Special
Operations Group (SOG).
Previously, on 20 and 21 June
2008, Advocate Parvez
Imroz, together with
Dr Angana Chatterji and other
members of the International People's Tribunal on Human Rights and Justice, were harassed and questioned by members of the Special Branch Kashmir (SBK) and Counter Intelligence Kashmir
(CIK) after visiting
mass graves in Baramulla and Kupwara, in Indian-administered Kashmir.
I believe that
Advocate Parvez Imroz
has been targeted as a result
of his legitimate work in the defence of human rights, in particular his work against institutionalized violence and human
rights violations in Indian-administered Kashmir. I am concerned for the physical and psychological integrity of Advocate Parvez Imroz, his family and all members of
the Tribunal team.
I urge the authorities in India to:
1. Carry out an immediate, thorough and impartial investigation into the attempted assassination of Advocate Parvez Imroz with a view to publishing the results and bringing those responsible to justice
in accordance with international standards ;
2. Take all necessary
measures to guarantee
the physical and psychological
security and integrity
of Advocate Parvez
Imroz, his family and
all members of the Tribunal team;
3. Guarantee in all circumstances
that human rights defenders in India
are able to carry out their legitimate
human rights activities without fear of reprisals, and free
of all restrictions including judicial harassment.
I respectfully remind
you that the United
Nations Declaration on the Right and Responsibility of Individuals,
Groups and Organs of Society to Promote and Protect Universally Recognized Human Rights and Fundamental Freedoms, adopted by consensus by the UN General Assembly on 9 December
1998, recognises the legitimacy
of the activities of human
rights defenders, their
right to freedom of association and to carry
out their activities without fear of reprisals.
I would particularly
draw attention to Article 6 (c): “Everyone has the right, individually
and in association with others:
(c) To study, discuss,
form and hold
opinions on the observance, both in law and in practice, of all human
rights and fundamental
freedoms and, through
these and other appropriate means, to draw public attention to those
matters”, and to Article 12 (1 and 2): “(1) Everyone has the right, individually
and in association with others,
to participate in peaceful
activities against
violations of human rights
and fundamental freedoms.
(2) The State shall take
all necessary measures
to ensure the protection by the competent authorities of everyone, individually and
in association with others,
against any violence,
threats, retaliation,
de facto or de jure adverse discrimination, pressure or any other arbitrary action as a consequence
of his or her legitimate exercise of the rights referred to in the present Declaration.”
Yours sincerely,
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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