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Le 25 juin 2008, M. P. Uthayakumar
devait avoir une audience Habeas Corpus. Ce jour-là, le Directeur des
Poursuites Publiques a remis 21 affidavits supplémentaires aux avocats
pour P. Uthayakumar. A cause de ces affidavits
de dernière minute, l’audition a été reportée au 31 juillet 2008, afin de
permettre aux avocats de la défense de se préparer. Une procédure a été
lancée devant la Haute Cour de Kuala Lumpur afin de réclamer sa
libération pour motif de manque de traitement médical. Front Line pense
que l’ajout d’affidavits constitue une tentative délibérée de retarder
les procédures judiciaires ainsi que la délivrance d’un traitement
médical approprié à M. P. Uthayakumar.
M. P. Uthayakumar.
Il est toujours privé de ses médicaments prescrits pour lutter contre le
diabète et il souffre de plusieurs maladies liées à ce diabète. M. P. Uthayakumar est un avocat pour les droits humains qui
défend les droits des minorités ethniques indiennes, et il est conseiller
juridique pour Hindu Rights
Action Force (HINDRAF
M. P. Uthayakumar
a été arrêté le 13 décembre 2007 avec Messieurs M. Manoharan,
V. Ganapathy Rao, T. Vasanthakumar
et R. Kengatharan, au nom du Décret sur la
Sécurité Intérieure (Internal Security Act –ISA-) de Malaisie, sous prétexte qu’il menaçait
la sécurité nationale en organisant une manifestation pacifique. Les cinq
avocats des droits humains s’occupaient, sur une base pro bono, d’affaires de violences policières ainsi que de
nombreuses affaires de personnes décédées alors qu’elles étaient en
détention préventive. Ils avaient porté plusieurs plaintes contre le
gouvernement malaisien et les autorités.
Biographie
:
Ponnusamy Uthayakumar , 46 ans, est avocat
et conseiller juridique auprès de l'organisation Force d'action
pour les droits hindous (HINDRAF)
Le 13 décembre 2007 il a été
arrêté, avec quatre autres membres
de la Force d’action pour les droits des hindous (HINDRAF), M. Manoharan, V. Ganapathy
Rao, T. Vasanthakumar et R. Kengatharan
qui ont été mis en accusation en vertu du Décret sur la Sécurité
Intérieure, au motif qu’ils menaçaient la sécurité nationale en
organisant une manifestation pacifique. Les autorités ont déclaré que ces
cinq hommes constituaient une menace pour la sécurité nationale et
affirment qu’ils sont en contact avec des organisations terroristes. Ponnusamy Uthayakumar
aurait été arrêté pour avoir prononcé un discours séditieux et organisé
des réunions illégales. Le décret relatif à la sécurité intérieure
autorise la détention sans jugement pour une période pouvant aller
jusqu’à deux ans.
L’HINDRAF avait organisé une
série de réunions et de rassemblements qui avaient culminé le 25 novembre
2007 avec une manifestation rassemblant 20 000 personnes à Kuala Lumpur
qui avait exprimé leur préoccupation au sujet de la marginalisation de
cette minorité dans la société malaise, et pour avoir organisé des
manifestations. Par ailleurs, les cinq avocats des droits humains
plaidaient des affaires, sur une base pro bono,
de violences policières. Ils ont porté de nombreuses plaintes contre les
autorités et le gouvernement malaisien. Le président de l’HINDRAF s’est
exilé au Royaume-Uni.
Depuis son arestation,
Ponnusamy Uthayakumar
est détenu sans avoir été jugé, au
Centre de détention de Kamunting, dans l’État
de Perak. M. P. Uthayakumar est diabétique depuis 1996. Son état de
santé nécessite qu’il prenne des médicaments, à savoir 50mg de Glucophage trois fois par jour ainsi que 80mg de Diamicron deux fois par jour, ce qui contrôle le taux
de sucre dans son sang et maintient un niveau entre 5 et 7 mmol/L. Après son arrestation le 13 décembre 2007,
les autorités de la prison avaient autorisé sa famille à lui fournir ses
médicaments. En février 2008, les autorités ont refusé qu’il puisse avoir
ses médicaments et ont refusé de lui fournir tout autre traitement
alternatif, malgré les demandes officielles de sa famille. M. P. Uthayakumar pense que les autorités de la prison le
nourrissent volontairement avec du riz et un curry façon malaisienne, qui est très sucré, dans le but
d’affecter sa santé. Le 7 avril 2008, il a été admis à l’hôpital Général
de Taiping car il souffrait de soif, de problèmes pour uriner, ainsi que
de fatigue, migraines, vertiges, tension trop haute, maladie de peau et
problèmes de vue. Son taux de sucre dans le sang atteignait 18,8mmol/L.
Le 8 avril 2008, il a été
hospitalisé en raison d’une aggravation de son diabète, ainsi que d’une
hausse de son taux sanguin de protéines et d’acide urique, qui indiquent
des lésions rénales et un risque d’insuffisance rénale. Après avoir passé
plusieurs jours menotté à son lit d’hôpital, il
a été renvoyé prématurément au centre de détention de Kamunting.
Son état de santé continue de se dégrader, car il ne reçoit pas les soins
médicaux dont il a absolument besoin.
Avant son hospitalisation, Ponnusamy Uthayakumar n’a
pas bénéficié d’un régime adapté à son diabète en détention ; il a dû
manger des repas qui ont contribué à augmenter sa glycémie. Il a également
été privé de ses médicaments pendant un mois, malgré plusieurs tentatives
de son avocat et de ses proches visant à s’assurer qu’il les recevait
bien pendant le mois de mars. Les lettres que ces derniers ont adressées
au directeur de la prison afin de dénoncer le fait que les agents de
l'administration pénitentiaire ne lui remettaient pas ses remèdes restent
sans réponse jusqu'à présent.
Le 15
octobre 2008, le Ministre de l’Intérieur a officiellement déclaré
l’HINDRAF comme étant une organisation illégale, après une enquête du
bureau d’enregistrement des sociétés (Registrar
of Societies - ROS), qui aurait trouvé que «
les activités de l’organisation enfreignaient le Décret sur les Sociétés
de 1966, et si laissée telle quelle, l’organisation pourrait représenter
une menace pour l’ordre public, la paix, la sécurité et la morale en
Malaisie ».
le 23
octobre 2008, plusieurs membres des familles des avocats de l’Hindu Rights Action Force
(HINDRAF), détenus, deux femmes et huit hommes y compris P. Vwaishhnnavi, nièce du leader de l’HINDRAF P. Uthayakumar, ont té arrétées
alors qu’elles tentaient de déposer une lettre au bureau du Premier
Ministre à Putrajaya , dans laquelle elle
appelait à la libération de tous ceux injustement emprisonnés au nom du
Décret sur la Sécurité Intérieure (ISA), notamment cinq défenseurs des
droits humains de l'HINDRAF. Elle invitait aussi le Premier Ministre chez
elle, afin de célébrer le festival. Les 11 personnes arrêtées sont
actuellement détenues au siège de la police à Putrajaya.
Le chef de la police Abd Razak
Abd Majid n’a fait aucun commentaire au sujet
de l’arrestation; cependant, des rapports indiquent que la fillette, les sont
détenus au nom du Décret sur les Sociétés, pour avoir participé aux
actions d'une société illégale, ou au nom du Décret sur la Police, pour
rassemblement illégal.
Avant son arrestation, M. Uthayakumar fait l’objet d’actes de harcèlement
récurrents. Ainsi, en janvier 2003, il avait été arrêté et détenu pendant
deux jours, après avoir assisté à une enquête suite à la mort d’un
prisonnier durant sa détention. Alors qu’il était détenu, M. Uthayakumar avait été injurié, humilié, déshabillé,
photographié et filmé en sous-vêtements devant neuf policiers. Toute
représentation juridique lui avait été refusée. Les accusations d’«
injure à magistrat » (article 228 du Code pénal) et d’« incitation
criminelle » (article 506 du Code pénal) avaient finalement été
abandonnées, la Haute Cour ayant jugé que ces chefs d’accusation étaient
de mauvaise foi.
Le 27 avril 2004, le
pare-brise du véhicule de Ponnusamy Uthayakumar, a été brisé.
Le 30 avril 2004, il a été
arrêté avec onze autres personnes, en compagnie desquelles il s’apprêtait
à porter plainte contre la police, à la suite de la mort en détention
d’un jeune homme de 23 ans. Il a intenté une action en justice contre les
autorités pour « détention illégale ».
Le 10 mai 2004, alors qu’il
rentrait chez lui, M. Uthayakumar a été attaqué
sur la route de Jalan Medang
Tandok, dans le quartier Bangsar
de Kuala Lumpur, par trois individus non identifiés, armés d’une masse.
Au cours de cette attaque, l’un de ses agresseurs a pointé une arme
contre lui. Bien que blessé au corps, au visage et à la tête, M. Uthayakumar a pu échapper à ses assaillants. Il a
ensuite porté plainte auprès de la police, alléguant que cette agression
avait été menée ou commanditée par les forces de l’ordre. Il a par la
suite demandé à la Commission royale sur la police, nouvellement créée,
d’ouvrir une enquête sur ces faits. Cette demande n’a toujours pas connu
de suites.
M. Uthayakumar
a également demandé la protection de la police, et une autorisation de
port d’arme pour assurer sa sécurité. Il n’a reçu aucune réponse à ces requêtes.
Aucune enquête équitable,
impartiale et indépendante n’a été menée par les autorités malaisiennes sur l’agression dont a été victime M. Uthayakumar, et dont les auteurs n’ont toujours pas
été identifiés. En outre, le procès intenté contre les autorités pour «
détention illégale » a été reporté au 14 février 2005. Fin décembre 2004,
les autorités ont toutefois levé l’interdiction de quitter le territoire
qui lui avait été imposée.
AGISSEZ EN FAVEUR DE
L’AVOCAT .
Copiez la lettre ci-dessous et envoyez-la
à l’adresse suivante.
Adresses:
Mizan Zainal Abidin
ibni al-Marhum Sultan
Mahmud Supreme Head of State (Yang di-Pertuan Agong) Office of
the Head of State Istana Negara 50500 Kuala
Lumpur Malaisie
Modèle
de Lettre:
Your Excellency,
I am deeply concerned following reports
of the delay in proceedings
in the case of human rights
defender and lawyer, Mr P. Uthayakumar.
He continues to be deprived
of his required
prescription medication for diabetes
and is suffering from a number of diabetes related illnesses. Mr P. Uthayakumar
is a human rights lawyer working to defend the rights of the ethnic minority Indians and an
active Legal Advisor
of Hindu Rights
Action Force (HINDRAF). He was arrested on 13 December
2007 for organising a peaceful
demonstration.
On 25 June 2008, Mr P. Uthayakumar had a scheduled habeas corpus hearing.
On that day the Director of Public Prosecution
(DPP) served an additional
twenty-one affidavits upon
the lawyers for P. Uthayakumar.
Due to the last minute filing of the said affidavits the hearing
was adjourned until 31 July 2008 in order
to allow the defense lawyers to respond. The
application had been filed
at the Kuala Lumpur High Court for a release order on the grounds of medical
deprivation and treatment.
I believe that the filing of additional
affidavits constitutes a deliberate
attempt to delay the proceedings and further deny Mr P. Uthayakumar the required medical attention.
Mr P. Uthayakumar has been a diabetic patient since
1996. His condition required
that he take medication, 500 mg of Glucophage three times a day and 80mg of Diamicron twice a day, which would control his blood sugar levels and maintain a level of between 5 and 7 mmol/L. Following his arrest on 13 December 2007,
the prison authorities at
first allowed his family to supply his medication. In February 2008 the prison authorities
refused to accept the
medication and furthermore
did not provide Mr P.
Uthayakumar with any alternative medication despite repeated formal requests that it be
supplied or accepted from family members. Mr P. Uthayakumar believes that the prison authorities have been intentionally
providing him with a diet of rice and curry made in a 'Malay'
style that is very sweet, in a deliberate attempt to
affect his health. On
7 April 2008 he was admitted to the Taiping General Hospital,
suffering from frequent thirst, urination,
tiredness, headaches,
dizziness, weakness, high blood pressure, skin disease and problems with his vision. He had a blood sugar level reading of 18,8 mmol/L.
Mr P. Uthayakumar was
arrested on 13 December
2007 together with Messrs M. Manoharan, V. Ganapathy Rao, Mr T.Vasanthakumar
and R. Kengatharan, under
the Internal Security Act
(ISA) of Malaysia on the grounds of threatening
national security by organising
a peaceful demonstration.
All five human rights
lawyers had taken up, on a pro bono
basis, many cases of death
in police custody and police violence. They had filed many cases against the Malaysian Government and authorities.
I believe that Messrs P. Uthayakumar, M. Manoharan, V. Ganapathy
Rao, Mr T.Vasanthakumar and R. Kengatharan have been targeted
as a result of their legitimate work in the defence of human rights, in particular their work defending the rights of the
ethnic minority Indians in Malaysia. I am concerned for the physical
and psychological integrity
of the aforementioned human
rights defenders, in particular
Mr P. Uthayakumar who
is suffering from diabetes and is not receiving the required medication.
I urge the Malaysian authorities to:
1. Immediately release Messrs P. Uthayakumar, M. Manoharan, V. Ganapathy
Rao, Mr T.Vasanthakumar and R. Kengatharan as it is believed that they are being detained solely on account of their legitimate human rights activities;
2. Ensure that
Mr P. Uthayakumar is supplied with all required medication for his condition and medical
attention as needed;
3. Take all necessary
measures to guarantee
the physical and psychological
security and integrity
of the aforementioned human
rights defenders;
4. Guarantee in all circumstances
that human rights defenders in Malaysia are able to carry out their legitimate human rights activities without fear of reprisals, and free
of all restrictions including judicial harassment.
I respectfully remind
you that the United
Nations Declaration on the Right and Responsibility of Individuals,
Groups and Organs of Society to Promote and Protect Universally Recognized Human Rights and Fundamental Freedoms, adopted by consensus by the UN General Assembly on 9 December
1998, recognises the legitimacy
of the activities of human
rights defenders, their
right to freedom of association and to carry
out their activities without fear of reprisals.
I would particularly
draw attention to Article 6 (c): “Everyone has the right, individually
and in association with others:
(c) To study, discuss,
form and hold
opinions on the observance, both in law and in practice, of all human
rights and fundamental
freedoms and, through
these and other appropriate means, to draw public attention to those
matters”, and to Article 12 (2): “The State shall take all necessary measures to ensure the protection by the competent
authorities of everyone,
individually and in association with others, against any violence, threats, retaliation, de
facto or de jure adverse discrimination, pressure or any
other arbitrary
action as a consequence of his
or her legitimate exercise of the rights referred to in the present declaration.”
Yours sincerely,
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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