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APPEL URGENT AVOCAT

 

THAÏLANDE

février 2008

Angkhana Neelaphaijit

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La femme de Somchai Neelaphaijit,

avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme « disparu » depuis 2004

Somchai Neelaphaijit

menacée à son tour

Source : AI -ASA 39/001/2008 - AU 54/08

 

 

 Angkhana Neelaphaijit, épouse de Somchai Neelaphaijit, un avocat spécialisé dans la défense des droits humains qui a « disparu » en 2004, est elle-même une militante active des droits de l'homme  dans le sud de la Thaïlande.

Angkhana Neelaphaijit bénéficie actuellement d’un programme de protection des témoins dans le cadre d’un programme gouvernemental après qu’une procédure judiciaire a été engagée, en 2004, au sujet de la « disparition » de son mari Somchai Neelaphaijit, survenue le 12 mars 2004. Personne n’a revu ce dernier depuis cette date et il est présumé mort.  Le 11 avril 2004,  des policiers avaient été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur la disparition de l’avocat, qui continue d’être instruite bien que le gouvernement thaïlandais tarde encore à assumer la responsabilité qui lui incombe d'enquêter sur ces faits et d’amener les responsables présumés à rendre des comptes.

 

Angkhana Neelaphaijit  craint d’être encore plus en danger lorsque les forces de polices reprendront la responsabilité d’assurer sa sécurité, le mois prochain. La Loi sur la protection des témoins, qui s’inscrit dans la politique actuelle du gouvernement, prévoit que, dans les affaires où la police est impliquée, celle-ci ne participe pas à la protection des témoins. Le Service d’enquêtes spéciales (DSI) doit alors affecter des fonctionnaires civils dépendant du ministère de la Justice. Cependant, Amnesty International a appris qu'à compter du 1er mars 2008, ce service n’affecterait plus que des policiers à la protection des témoins. Par ailleurs, à l’issue d’une entrevue qui aurait eu lieu entre Angkhana Neelaphaijit et l’ancien chef du DSI, au cours de laquelle cette femme a exprimé son inquiétude pour sa propre sécurité et celle de ses proches, le colonel de police Thawee Sodsong, secrétaire général adjoint du bureau du Conseil de lutte contre le trafic de stupéfiants, a été nommé à la tête du DSI. Ce fonctionnaire était le supérieur des cinq policiers mis en cause dans la « disparition » de Somchai Neelaphaijit, et certaines sources indiquent qu’il est à l'origine de ces faits.

Angkhana Neelaphaijit défend activement les droits humains dans le sud de la Thaïlande. Son courage et son engagement ont été récompensés par de nombreux prix. Elle critique avec force et persévérance le gouvernement de Thaïlande, ce qui lui a valu de multiples menaces contre sa sécurité. Il est absolument nécessaire qu’elle continue de bénéficier du programme de protection des témoins, non seulement pour que sa sécurité soit garantie, mais également pour qu'elle puisse poursuivre ses activités très utiles. Néanmoins, cette femme, comme d'autres victimes de violences policières présumées, ne se sentirait pas en sécurité si la police reprenait la responsabilité d’assurer sa protection – à tel point qu’elle songe à renoncer à ce programme de peur que sa participation à celui-ci ne la mette encore plus en danger.

 

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Somchai Neelaphaijit, 53 ans, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, président du Muslim Lawyers Group et vice président du Human Rights Committee of the Law Society de Thaïlande, a disparu depuis le 12 mars.

 

Il a été enlevé de sa voiture et est porté disparu depuis lors. Il aurait dit à des amis proches qu'il avait reçu des appels téléphoniques menaçants et qu'il craignait pour sa sécurité. Somchai Neelaphaijit défendait les droits de l'Homme dans la partie sud de la Thaïlande et avait notamment critiqué les autorités pour usage excessif de la violence par les forces de l'ordre. Selon ses confères, il avait reçu des menaces de mort anonymes avant de «disparaître». Somchai Neelaphaijit était mêlé à une enquête en cours sur la situation de cinq musulmans arrêtés et torturés par la police. De l'avis général, il aurait été victime d'un enlèvement et d'une exécution extrajudiciaire de la part des forces de sécurité.

 

Le 25 mars 2004, le vice-Premier ministre a annoncé sa mort au Parlement, sans pour autant fournir de preuves à son affirmation. Le lendemain, le Premier Ministre lui-même Thaksin Shinawatra affirmait avec certitude que l’avocat musulman renommé avait été kidnappé. La commission d’enquête chargée de faire la lumière sur cette disparition est restée dans le flou tandis que le chef d’Etat-major des Armées, Chaisit Shinawatra, cousin du Premier Ministre, a essayé d’accréditer que des militaires ne seraient pas impliqués dans cet enlèvement. Le 26 mars, une cérémonie en son honneur a réuni plusieurs centaines de participants sur le campus de la Fondation islamique de Thaïlande à Bangkok.

 

Somchai Neelahphaijit a exercé pendant 30 ans, prenant la défense des droits de l’Homme et de nombreux Musulmans dans le sud de la Thaïlande, et très souvent gratuitement. Il représentait notamment neuf musulmans accusés d’avoir participé aux violences perpétrées contre les forces de sécurité dans le sud de la Thaïlande, qui ont fait 50 morts depuis le début de l’année.

 

 Il a par ailleurs fait campagne pour la levée de la loi martiale instaurée par le gouvernement dans cette région à la suite des attaques. Il avait notamment critiqué les autorités pour usage excessif de la violence par les forces de l’ordre. Ces différentes activités ont créé une tension entre Somchai Neelaphaijitis et les forces de sécurité des provinces du sud de la Thailande. Aussi tenait-il régulièrement ses collègues et sa famille informés de ses faits et gestes. Or, depuis sa «disparition» présumée, il ne s’est présenté à aucun de ses rendez-vous et ses proches sont sans nouvelles de lui. Avant sa «disparition», l’avocat avait également défendu des musulmans arrêtés pour leurs liens présumés avec la Jemaah Islamiyah (JI, Communauté islamique), un groupe islamiste d’Asie du Sud-Est qui prône la violence. Selon la Commission nationale des droits humains, certains de ses clients, de confession musulmane, avaient été sauvagement torturés en garde à vue. Sa disparition est intervenue au lendemain de plaintes.

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ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

- exprimez votre préoccupation quant à la sécurité d’Angkhana Neelaphaijit ;

- déclarez-vous inquiet à l’idée que son placement sous la protection de la police n'augmente en réalité le danger auquel elle est confrontée ;

- exhortez le gouvernement à la faire bénéficier sans délai de mesures de protection assurées par des agents indépendants des forces de police.

 

APPELS À :

Premier ministre : Mr. Samak Sundaravej

The Secretariat of the Prime Minister, Office of the Prime Minister

Government House

Pitsanulok Road

Dusit, Bangkok 10300

Thaïlande

Fax : +66 2 280 0858

Formule d’appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

 

Ministre de la Justice : Mr. Sompong Amornwiwat

Office of the Minister

Ministry of Justice

Chaeng Wattana Road

Pak Kred, Nonthaburi 11120

Thaïlande

Fax : +66 2 502 6734

Formule d’appel : Dear Minister, /Monsieur le Ministre,

 

Chef de la Police royale de Thaïlande : Pol Gen Seripisuth Temiyavej

Office of Royal Thai Police

Rama I Road

Pathumwan, Bangkok 10330

Thaïlande

Fax : +66 2 250 1533

Formule d’appel : Dear Police General, / Monsieur,

 

Directeur général du Service d’enquêtes spéciales (DSI) :

Director-General of the Department of Special Investigation

499 Sukprapreut Building

Prachachuen Road

Bangsue District, Bangkok 10800

Thaïlande

Fax : +66 2913 7777

Formule d’appel : Dear Director-General, / Monsieur,

 

TAKE ACTION NOW !

 

 

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