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IDHAE INFORMATION
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Angkhana
Neelaphaijit, épouse
de Somchai Neelaphaijit, un avocat spécialisé dans la défense des droits
humains qui a « disparu » en 2004, est elle-même une militante active des
droits de l'homme dans le sud de la
Thaïlande. Angkhana Neelaphaijit bénéficie
actuellement d’un programme de protection des témoins dans le cadre d’un
programme gouvernemental après qu’une procédure judiciaire a été engagée, en
2004, au sujet de la « disparition » de son mari Somchai Neelaphaijit,
survenue le 12 mars 2004. Personne n’a revu ce dernier depuis cette date et
il est présumé mort. Le 11 avril 2004,
des policiers avaient été arrêtés dans
le cadre de l’enquête sur la disparition de l’avocat, qui continue d’être
instruite bien que le gouvernement thaïlandais tarde encore à assumer la
responsabilité qui lui incombe d'enquêter sur ces faits et d’amener les responsables
présumés à rendre des comptes. Angkhana Neelaphaijit craint d’être encore plus en danger lorsque
les forces de polices reprendront la responsabilité d’assurer sa sécurité, le
mois prochain. La Loi sur la protection des témoins, qui s’inscrit dans la
politique actuelle du gouvernement, prévoit que, dans les affaires où la
police est impliquée, celle-ci ne participe pas à la protection des témoins.
Le Service d’enquêtes spéciales (DSI) doit alors affecter des fonctionnaires
civils dépendant du ministère de la Justice. Cependant, Amnesty International
a appris qu'à compter du 1er mars 2008, ce service n’affecterait plus que des
policiers à la protection des témoins. Par ailleurs, à l’issue d’une entrevue
qui aurait eu lieu entre Angkhana Neelaphaijit et l’ancien chef du DSI, au
cours de laquelle cette femme a exprimé son inquiétude pour sa propre
sécurité et celle de ses proches, le colonel de police Thawee Sodsong,
secrétaire général adjoint du bureau du Conseil de lutte contre le trafic de
stupéfiants, a été nommé à la tête du DSI. Ce fonctionnaire était le
supérieur des cinq policiers mis en cause dans la « disparition » de Somchai
Neelaphaijit, et certaines sources indiquent qu’il est à l'origine de ces
faits. Angkhana Neelaphaijit défend
activement les droits humains dans le sud de la Thaïlande. Son courage et son
engagement ont été récompensés par de nombreux prix. Elle critique avec force
et persévérance le gouvernement de Thaïlande, ce qui lui a valu de multiples
menaces contre sa sécurité. Il est absolument nécessaire qu’elle continue de
bénéficier du programme de protection des témoins, non seulement pour que sa
sécurité soit garantie, mais également pour qu'elle puisse poursuivre ses
activités très utiles. Néanmoins, cette femme, comme d'autres victimes de
violences policières présumées, ne se sentirait pas en sécurité si la police
reprenait la responsabilité d’assurer sa protection – à tel point qu’elle
songe à renoncer à ce programme de peur que sa participation à celui-ci ne la
mette encore plus en danger. INFORMATIONS GÉNÉRALES Somchai Neelaphaijit, 53 ans, avocat spécialisé dans la défense des
droits humains, président du Muslim Lawyers Group et vice président du Human
Rights Committee of the Law Society de Thaïlande, a disparu depuis le 12 mars.
Il a été enlevé de sa voiture et
est porté disparu depuis lors. Il aurait dit à des amis proches qu'il avait
reçu des appels téléphoniques menaçants et qu'il craignait pour sa sécurité.
Somchai Neelaphaijit défendait les droits de l'Homme dans la partie sud de la
Thaïlande et avait notamment critiqué les autorités pour usage excessif de la
violence par les forces de l'ordre. Selon ses confères, il avait reçu des
menaces de mort anonymes avant de «disparaître». Somchai Neelaphaijit était
mêlé à une enquête en cours sur la situation de cinq musulmans arrêtés et
torturés par la police. De l'avis général, il aurait été victime d'un
enlèvement et d'une exécution extrajudiciaire de la part des forces de
sécurité. Le 25 mars 2004, le vice-Premier
ministre a annoncé sa mort au Parlement, sans pour autant fournir de preuves
à son affirmation. Le lendemain, le Premier Ministre lui-même Thaksin
Shinawatra affirmait avec certitude que l’avocat musulman renommé avait été
kidnappé. La commission d’enquête chargée de faire la lumière sur cette
disparition est restée dans le flou tandis que le chef d’Etat-major des
Armées, Chaisit Shinawatra, cousin du Premier Ministre, a essayé d’accréditer
que des militaires ne seraient pas impliqués dans cet enlèvement. Le 26 mars,
une cérémonie en son honneur a réuni plusieurs centaines de participants sur
le campus de la Fondation islamique de Thaïlande à Bangkok. Somchai Neelahphaijit a exercé
pendant 30 ans, prenant la défense des droits de l’Homme et de nombreux
Musulmans dans le sud de la Thaïlande, et très souvent gratuitement. Il
représentait notamment neuf musulmans accusés d’avoir participé aux violences
perpétrées contre les forces de sécurité dans le sud de la Thaïlande, qui ont
fait 50 morts depuis le début de l’année. Il a par ailleurs fait campagne pour la
levée de la loi martiale instaurée par le gouvernement dans cette région à la
suite des attaques. Il avait notamment critiqué les autorités pour usage
excessif de la violence par les forces de l’ordre. Ces différentes activités
ont créé une tension entre Somchai Neelaphaijitis et les forces de sécurité
des provinces du sud de la Thailande. Aussi tenait-il régulièrement ses
collègues et sa famille informés de ses faits et gestes. Or, depuis sa
«disparition» présumée, il ne s’est présenté à aucun de ses rendez-vous et
ses proches sont sans nouvelles de lui. Avant sa «disparition», l’avocat
avait également défendu des musulmans arrêtés pour leurs liens présumés avec
la Jemaah Islamiyah (JI, Communauté islamique), un groupe islamiste d’Asie du
Sud-Est qui prône la violence. Selon la Commission nationale des droits
humains, certains de ses clients, de confession musulmane, avaient été
sauvagement torturés en garde à vue. Sa disparition est intervenue au
lendemain de plaintes. . ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus
vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre
propre langue) : - exprimez votre préoccupation
quant à la sécurité d’Angkhana Neelaphaijit ; - déclarez-vous inquiet à l’idée
que son placement sous la protection de la police n'augmente en réalité le
danger auquel elle est confrontée ; - exhortez le gouvernement à la
faire bénéficier sans délai de mesures de protection assurées par des agents
indépendants des forces de police. APPELS À : Premier ministre : Mr. Samak
Sundaravej The Secretariat of the Prime
Minister, Office of the Prime Minister Government House Pitsanulok Road Dusit, Bangkok 10300 Thaïlande Fax : +66 2 280 0858 Formule d’appel : Dear Prime
Minister, / Monsieur le Premier ministre, Ministre de la Justice : Mr.
Sompong Amornwiwat Office of the Minister Ministry of Justice Chaeng Wattana Road Pak Kred, Nonthaburi 11120 Thaïlande Fax : +66 2 502 6734 Formule d’appel : Dear Minister,
/Monsieur le Ministre, Chef de la Police royale de
Thaïlande : Pol Gen Seripisuth Temiyavej Office of Royal Thai Police Rama I Road Pathumwan, Bangkok 10330 Thaïlande Fax : +66 2 250 1533 Formule d’appel : Dear Police
General, / Monsieur, Directeur général du Service
d’enquêtes spéciales (DSI) : Director-General of the
Department of Special Investigation 499 Sukprapreut Building Prachachuen Road Bangsue District, Bangkok 10800 Thaïlande Fax : +66 2913 7777 Formule
d’appel : Dear Director-General, / Monsieur, TAKE ACTION NOW ! |
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