Des membres d’une association de
forestiers et d’éleveurs de bétail ont attaqué les bureaux d’une organisation
non gouvernementale (ONG) qui défend les droits fonciers d’indigènes et de
cultivateurs, et ont menacé de brûler vif l’avocat Cliver Rocha. Amnesty
International pense que cet homme est en danger de mort.
Cliver Rocha travaille pour le
Centro de Estudios Jurídicos e Investigación Social (CEJIS, Centre d’études
juridiques et de recherches sociales), une ONG qui aide les communautés
d’indigènes et de cultivateurs du nord du pays dans leurs démarches juridiques
concernant des questions foncières. Il est responsable du bureau du CEJIS dans
la ville de Riberalta (département de Beni). Le 5 janvier, une trentaine
d’hommes armés menés par des responsables de l’Asociación Agroforestal de
Riberalta (ASAGRI, Association des éleveurs et forestiers de Riberalta) ont
donné l’assaut aux bureaux du CEJIS ; ils ont détruit et pillé du matériel de
bureau et brûlé des documents relatifs à la propriété foncière dans la rue. Ces
individus ont donné quarante-huit heures au CEJIS pour quitter les lieux et
menacé de brûler Cliver Rocha vif s’il remettait les pieds à Riberalta.
Le 8 janvier, l’ASAGRI a diffusé un
«Manifeste public» dans lequel elle justifiait l’attaque menée contre le CEJIS
et accusait l’ONG de «créer des conflits entre [eux] et [leurs] frères paysans
et indigènes». Selon les informations recueillies, cette association a
également menacé trois autres ONG œuvrant dans les domaines du développement et
de la propriété foncière, leur enjoignant de quitter la région avant la fin du
mois de janvier «sans quoi [elle] se verr[ait] contraint[e] de prendre des
mesures».
L’ASAGRI a par ailleurs sommé les
Tacana de Miraflores (département de Beni) de partir des terrains communaux qui
leur avaient été officiellement attribués en 2002, sans quoi ils seraient
expulsés par la force. Le CEJIS a représenté les Tacana à plusieurs reprises
dans le cadre de conflits relatifs aux droits fonciers.
Les autorités locales auraient
refusé de prendre des mesures de protection en faveur de la section du CEJIS à
Riberalta à la suite de l’attaque et ont suggéré à l’ONG de fermer ses bureaux
jusqu’à l’arrivée, le 13 janvier, d’une commission nationale chargée de résoudre
les problèmes fonciers qui touchent la communauté indigène de Miraflores.
Cliver Rocha défend les intérêts
des Tacana depuis quelques années. En avril 2003, il a été attaqué et menacé
par un homme d’affaires de la région qui revendiquait des terres appartenant
aux Tacana (pour obtenir de plus amples informations à ce sujet, veuillez
consulter l’AU 119/03, AMR 18/005/2003 du 2 mai 2003).
ACTION RECOMMANDÉE : dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en espagnol si vous le parlez couramment, sinon dans votre
propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la
sécurité des membres du Centro de Estudios Jurídicos e Investigación Social
(CEJIS, Centre d’études juridiques et de recherches sociales), qui ont été
attaqués le 5 janvier par des hommes armés menés par des membres de
l’Asociación Agroforestal de Riberalta (ASAGRI, Association des éleveurs et
forestiers de Riberalta) ;
– faites part de votre inquiétude
quant à la sécurité de Cliver Rocha, que ces individus ont menacé de brûler vif
;
– exhortez les autorités à prendre
des mesures de protection immédiates et efficaces en faveur de Cliver Rocha et
des autres membres du CEJIS, afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités
sans crainte d’être attaqués ou harcelés ;
– engagez les autorités à conduire
une enquête exhaustive et impartiale sur l’attaque des bureaux du CEJIS à
Riberalta ainsi que sur les menaces de mort proférées contre Cliver Rocha, et
demandez que les résultats de ces investigations soient rendus publics et que
les responsables présumés soient traduits en justice ;
– priez les autorités de trancher
rapidement les conflits fonciers de manière à réduire les risques de violences.
APPELS À
President de la République :
Excmo Sr. Presidente de la
Republica de Bolivia
Sr.
Carlos Mesa Gisbert
Palacio de Gobierno, Plaza Murillo,
La Paz
Bolivie
Fax : +5912 220 3303
Courriers électroniques :
webmaster@presidencia.gov.bo
Formule d’appel : Sr. Presidente, /
Monsieur le Président de la République, Ministre de la Présidence, de la
Justice et des Droits humains :
Sr. Ministro de la Presidencia e
Interino de Justicia y Derechos Humanos
Sr. José Antonio Galindo
Palacio de Gobierno, Plaza Murillo,
La Paz, Bolivie
Fax : +5912 2153870
Courriers électroniques :
correo@presidencia.gov.bo
Formule d’appel : Sr. Ministro, /
Monsieur le Ministre,
Préfet du département de Beni :
Sr.
Prefecto del Departamento del Beni
Dr. Fernando Ávila Chávez
Plaza Ballivián acera Sur s/n,
Trinidad, Beni
Bolivie
Fax : +5913 465 2157
Courriers électroniques :
despachopref@coteautri.net.bo
Formule d’appel : Sr. Prefecto, /
Monsieur le Préfet,
COPIES À
CEJIS, organisation non
gouvernementale :
CEJIS
- Santa Cruz
Alfredo
Jordán No. 79
Santa Cruz, Bolivie
Fax : +591 3 535169
Courriers électroniques :
cejis@scbbs-bo.com
Defensor del Pueblo (médiateur) :
Sr.
Defensor del Pueblo
Dr. Waldo Albarracin
Calle Colombia 440, La Paz, Bolivie
Fax : +5912 211 3538
Courriers électroniques :
delpueblo@defensor-bo.net
Journal :
El Deber
Av. El Trompillo 1144 entrada Av.
San Aurelio
Santa Cruz, Bolivie
Fax : +591 3 536637
ainsi qu’aux représentants
diplomatiques de la Bolivie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC
AMR 18/001/2005
AU 09/05
ÉFAI
Londres, le 13 janvier 2005