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Zheng Enchong

avocat
et défenseur des droits humains
reste
la cible de harcèlement de la part des autorités chinoises.
Zheng Enchong, 58 ans, avocat à Shanghai, est spécialisé dans la
défense des droits économiques et sociaux et notamment de la
représentation des familles expulsées de leur foyer et faiblement ou
nullement indemnisées à l’occasion du réaménagement de Shanghai.
Après s’être fait retirer une première fois sa licence
pour avoir défendu les droits de quelque 500 familles expropriées - sans
jamais avoir gagné une seule affaire -, Zheng Enchong a obtenu, en juin
2003, devant un tribunal une indemnisation correcte pour un groupe de
résidents expulsés qui poursuivaient, en outre, certains responsables
politiques pour connivence permettant à des familles d’être illégalement
expropriées. A cette occasion, il n’a pas hésité à dénoncer les pratiques
frauduleuses d’un riche promoteur immobilier très haut placé qui serait
la onzième fortune chinoise selon le magazine Forbes (2002) et les
protections que lui procuraient ses relations d’amitié avec Huang Ju,
membre du comité permanent du Bureau politique, organe suprême du Parti.
Quelques jours après, le 6 juin 2003, Zheng Enchong a
été arrêté et inculpé notamment, pour l’envoi de deux communications à
Human Rights in China (HRIC), ONG basée à New York, contenant des
informations sur la répression de mouvements sociaux en Chine. Ces
communications ont été jugées « secrets d’Etat ». Au nombre des secrets
illégalement transmis, les informations relatant une grève dans une usine
de produits alimentaires de Shanghai.
Lors de son procès tenu le 28 août 2003, à huis clos,
il aurait à nouveau mis en cause directement l'ancien chef du parti à
Shanghai, Huang Ju, protégé de Jiang Zemin. Une centaine de manifestants
qui le soutenaient à l’extérieur du tribunal ont été arrêtés. Zheng
Enchong a été condamné le 28 octobre 2003, à trois ans de prison et à un
an de privation de ses droits politiques pour «communication de secrets
d’État à des entités étrangères», en vertu de l’article 111 du Code pénal
de la République populaire de Chine, par la Shanghai Second Intermediate
People's Court. Il a fait appel mais la décision a été confirmée par la
Cour de Shanghai, le 18 décembre 2003.
La décision a eu pour effet une diminution déjà
signalée du nombre des avocats de Shanghai disposés à courir le risque de
défendre le droit au logement, par peur de représailles. Le 13 janvier
2004, Zheng Enchong a été transféré du centre de détention municipal de
Shanghai à la prison de Tilanquio, dans le département de “haute
sécurité”
D'après HRIC, au cours de sa détention dans le quartier
de haute sécurité prison à la Prison Tilanqiao de Shanghai, Zheng s’est
vu interdire tout contact avec son avocat et n’a pas été en mesure de
faire appel devant la Cour Suprême. Sa femme, Jiang Meili a été détenue
illégalement du 28 février au 1er mars 2004, alors qu'elle se rendait à
Pékin pour porter plainte au Congrès National du Peuple au nom de son
mari. Elle a été ensuite placée en résidence surveillée, les autorités
ont cassé ses deux téléphones portables et ont déconnecté la ligne de
téléphone fixe de son domicile. Le 4 mars 2004, des officiers de police
en civil l’ont empêché de quitter sa maison afin de rendre visite à son
mari et l'ont emmenée au Bureau de Sécurité Publique (BSP) de Guoqing Lu.
Elle a été relâchée le même jour.
En mars 2005, Zheng aurait été battu après avoir
demandé une feuille pour fournir au gouvernement central les noms de plus
de 200 personnes décédées en raison de leur réinstallation forcée dans le
cadre de projets urbains. Ainsi, son épouse a pu constater , lors d’une visite
le 9 mars 2005, qu’il portait des traces de coups.
Par ailleurs, le 10 mars 2005, Jian Meili a été
arrêtée par des membres de la police de sécurité, à l’extérieur de la
maison de Guo Guoting, l'avocat de Zheng. Elle s’était rendue chez lui
afin de l’avertir de la situation de son mari. Elle et sa sœur ont été
détenues sans qu’aucun mandat d’arrêt ne leur ait été présenté. Elles ont
été libérées le soir. Le 28 octobre 2005, la Cour du district de Zhabei à
Shanghai a interdit Jian Meili de quitter le pays, prétextant un
contentieux immobilier, alors qu’elle devait assister à une cérémonie en
Allemagne, le 9 décembre 2005, afin de recevoir au nom de son mari le
prix décerné par le Deutschen
Richterbund.
Zheng Enchong, avocat et défenseur des droits humains,
a été libéré le 5 juin 2006, après avoir purgé une peine de trois ans
d'emprisonnement. Toutefois, depuis qu'il est libre, sa famille et
lui-même sont la cible de harcèlement et de manœuvres d'intimidation de
la part des autorités.
La police lui a par ailleurs défendu de quitter son
district de résidence depuis qu'il est sorti de prison. Cette atteinte à
sa liberté de mouvement va empêcher Zheng Enchong d'accompagner sa fille
à l'école, ainsi que de se rendre à l'église de son quartier (il est catholique
pratiquant), et l'on peut également craindre qu'elle ne l'empêche de
trouver un travail.
Il a été arrêté quatre fois en juillet 2006. Une
première fois, le 12 juillet 2006 , Zheng Enchong et Jiang Meili ont été
appréhendés par la police chez eux, à Zabei (un district de Shanghai), et
conduits au poste de police du district. Ils ont été questionnés
séparément pendant plusieurs heures au sujet des activités de Zheng
Enchong en faveur de familles expulsées de force par les autorités
chinoises, dans le cadre de projets de développement urbain. Le soir
même, une douzaine de policiers du commissariat du district de Zabei ont
fouillé le domicile de Zheng Enchong. Ils ont saisi son ordinateur, des
documents, les coordonnées de ses contacts ainsi que des dossiers
concernant des cas présumés d'expulsions forcées. La police a prévenu
Jiang Meili, puis ses frères et sœurs, qu'ils seraient arrêtés s'ils
continuaient de parler de la situation de Zheng Enchong aux médias.
La police a de nouveau interpellé Zheng Enchong le 21 juillet afin de
l'interroger sur des informations qu'elle avait trouvées dans son
ordinateur. Il a été relâché du poste de police de Zabei au bout de
quatre heures d'interrogatoire. Zheng Enchong a également été brièvement
détenu les 11 et 18 juin.
En juillet 2007, Zheng Enchong a été cerné par des
agents de police dans les locaux de la Cour de Shangai et a été projeté à
terre, battu et traîné sur 200 mètres au cours d'une agression devant une
centaine de témoins. La police a poussé Zheng et sa femme dans un taxi de
qui les a ramenés dans la demeure de la sœur de Jiang Meili. Les forces
de police ont ensuite bloqué les accès de la rue pour surveiller la
maison et empêcher le couple d'en sortir.
Le 17 février
2008, Zheng Enchong a été interrogé au sujet
de l'assistance juridique qu'il avait fournie, aussi bien que sur les
interviews qu'il venait de donner à Epoch Times, sur la corruption
du magnat Zhou Zhengyi et la participation possible de l'ancien dirigeant
du parti communiste Chinois Huang Ju, son protecteur. Il a été détenu
pendant plus de 12 heures et aurait été selon HRIC battu par les hommes
non identifiés. Ses déclarations ont été publiées par Epoch Times et le
20 février 2008, Zheng a de nouveau été arrêté, avant d'être libéré le soir.
Il a encore une fois été frappé pendant sa détention. Il a été blessé et
a saigné.
Selon Front Line Zheng
Enchong, avait été détenu
pendant 10 heures, en avril 2009, pour avoir donné le 10 avril 2009, une interview à The
Voice of America, dans laquelle il a déclaré que des responsables du
département de Shanghai avaient acquis des biens immobiliers à un prix
inférieur au niveau du marché et que les acheteurs ordinaires doivent
supporter la différence.
Le 15 avril 2009, vers 8h30, plus d’une dizaine de représentants de la
branche de Zhabei du Bureau de la Sécurité Publique de Shanghai se sont
rendus au domicile de Zheng
Enchong. Ils ont saccagé
la maison, vidé le contenu des tiroirs et jeté au sol tous les livres qui
étaient sur des étagères, ainsi que la literie et la vaisselle. Les
policiers auraient aussi versé de la colle dans la serrure afin qu’une
clé ne puisse y être introduite et que la porte ne puisse être fermée. La
fouille a duré près de deux heures et demie.
A 9h00, Zheng Enchong
a été conduit au poste de police de Zhabei, mais il n’a pas été
officiellement enregistré avant 15h00; il a été renvoyé chez lui à 19h30.
C’était la cinquième fois de la semaine que Zheng Enchong
était convoqué par la police.
Depuis qu'il a été libéré en juin
2006, Zheng a été interpellé 62 fois.
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