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Birtukan Mideksa, et 38 des membres de
la Coalition pour l’unité et la
démocratie (CUD) condamnés, y compris Hailu Shawel , Dr Berhanu Negga le Professeur Yakob Hailemariam, le Professeur Mesfin Woldemariam, fondateur
du Conseil Éthiopien des Droits Humains et le journaliste Andualem
Ayelewere ont été libérés le 20 juillet après avoir été graciés par le
Président Girma Woldegiorgis de leur condamnation à la prison à vie
prononcée quatre jours plus tôt *. Amnesty International lrd considère
comme des prisonniers d’opinion, détenus pour avoir exercé pacifiquement
leur droit légitime à la liberté d’expression et d’association.
Ils
ont fait l'objet d'une mesure de grâce plénière de la part du
président Éthiopien, proclame une déclaration de l'Administration de
la Prison Fédérale.
Ils
ont été détenus du 2 novembre 2005 au 20 juillet 2007 soit pendant 20 mois et dix huit
jours.
Le 16 juillet 2007, la
Haute Cour d'Ethiopie avait condamné à la prison à perpétuité 35 des
prévenus du procès fleuve des
dirigeants du parti d’opposition Coalition pour l’unité et la démocratie
(CUD) (dont cinq jugés par contumace). Six autres ont écopé de
quinze à dix-huit ans d'incarcération, et deux de peines de une à trois
années de prison.
Le 11 juin, un tribunal éthiopien avait reconnu 38 accusés coupables
d’« outrage à la constitution », certains d’« obstruction
au processus constitutionnel » et d’« affaiblissement de la
capacité défensive de l’État » ; cinq personnes ont été
reconnues coupables de « provocation, organisation ou direction
d’une rébellion armée, passibles
de la peine de mort. Les 38
accusés , avaient refusé de présenter leur
défense, car ils ne bénéficiaient
pas d’un procès équitable.
Portrait :
Woizero Birtukan Mideksa,
avocate et ancienne magistrate, est originaire de la communauté Oromo, qui s’est développée
comme un groupe politique et ethnique distinct depuis le XVIème siècle en Ethiopie du sud. Jeune,
cultivée et charismatique, elle est devenue célèbre, en 2002, lorsqu’elle fut de façon éphémère juge auprès de la cour
suprême, à l’occasion d’une affaire
cruciale concernant opposant le Premier ministre comme plaignant à
son adversaire politique, l’ancien Ministre de la Défense Siye Abraha. Elle a donné un
exemple de son intégrité en remettant
Siye Abraha en liberté en
jugeant qu'il n'y avait aucune
preuve permettant de le maintenir
en prison sur des charges de corruption présumées. Le pouvoir en place a alors fait
investir la Cour par les hommes du service de sécurité, inversé la
décision de la juridiction et
remis son adversaire politique en prison.
Devenue avocate et membre éminent de l’opposition elle
a été élue vice-présidente de la Coalition pour
l’unité et la démocratie (CUD), qui regroupe les principaux partis
d’opposition en Ethiopie. C’est à ce titre qu’elle a été arrêtée à la
suite de manifestations contre les résultats controversés des élections
législatives, en même temps que plus d’une dizaine de responsables de la CUD ainsi que des centaines de
personnes parmi lesquelles figurent
Hailu Shawel , député et président de la Coalition pour l’unité et la
démocratie (CUD)
Les arrestations ont eu lieu après plusieurs actions de protestation non
violentes lancées à l’appel de la CUD le 31 octobre : la Coalition
rejette le parlement issu des élections en raison des présomptions de
fraude électorale des élections législatives du 15 mai 2005. qui pèsent
sur le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire populaire
éthiopien (FDRPE) du Premier ministre Meles Zenawi.
Lorsque la police est venue
arréter Woizero Birtukan Mideksa, le 2 novembre 2005, la population s'est
opposée à son arrestation et 5 se sont sacrifiés pour la sauver. Mais
elle s’est rendue. Depuis le 7
novembre, dans la période de troubles qui succède aux dernières élections
législatives contestées, 24 dirigeants et membres de l’opposition sont
détenus au secret au troisième poste de police d’Addis-Abeba sous la
suspicion de « complot en vue de provoquer des violences ».
Les autorités n’ont pas
révélé le lieu de détention des personnes arrêtées. Selon certaines
sources, nombre d’entre elles seraient retenues au département central
d'enquêtes (également connu sous le nom de Maikelawi) d'Addis-Abeba. Aucun de ces prisonniers
n’aurait été présenté à une autorité judiciaire dans le délai de
quarante-huit heures prévu par la loi.
Lors des manifestations, qui
ont eu lieu dans plusieurs districts d’Addis-Abeba, la police antiémeutes
aurait tiré à balles réelles contre les participants. On dénombre plus de
30 morts et 150 blessés graves. Selon certaines sources, les
manifestations, qui avaient débuté dans le calme, ont dégénéré après que
les forces de l’ordre se sont mises à tirer sur les participants. Deux
membres de la police figureraient parmi les victimes.
. Les autorités ont déclaré à
de nombreuses reprises que la CUD projetait «une conspiration violente» et le Premier ministre Meles
Zenawi a récemment accusé Hailu Shawel de trahison. La CUD s’est engagée
à mener ses actions d’opposition et de protestation de façon pacifique.
Le procès des défenseurs des droits humains et membres de la Coalition pour l'unité
et la démocratie (CUD), s'est ouvert à Addis-Abeba le 2 mai 2006, parti
d'opposition, sont toujours en prison.
Parmi ceux-ci figurent :
• des dirigeants de la CUD – dont Birtukan Mideksa, avocate et
ancienne juge, ;
• Daniel Bekele, avocat et responsable de la stratégie au
bureau éthiopien d'ActionAid, organisation internationale de
développement,
• Netsanet Demissie, avocat et
fondateur et directeur d'une ONG éthiopienne, l'Organisation pour la
justice sociale en Éthiopie ;
La plupart des charges retenues contre eux concernent
des infractions passibles de la peine de mort. Ces personnes sont jugées
pour incitation présumée à la violence lors de manifestations de
l'opposition contre la fraude électorale qui aurait eu lieu en 2005. Ces
manifestations avaient commencé dans le calme mais s'étaient terminées
par des affrontements avec les forces gouvernementales, qui avaient tiré
sur la foule, tuant 187 manifestants.
Amnesty International a réitéré le 2 mai
2007, son appel en faveur de la libération immédiate et sans
condition de ces accusés, qu'elle considère comme des prisonniers
d'opinion n'ayant pas usé de violence ni préconisé son usage et qui
exerçaient pacifiquement leur droit à la liberté d'expression,
d'association et de réunion – un droit garanti par la Constitution
éthiopienne et par les traités internationaux relatifs aux droits humains
que l'Éthiopie a ratifiés.
Le 10 avril 2007, 28 personnes ont
été libérées sur décision des juges, qui ont estimé, après présentation
des faits par l'accusation, qu'il n'y avait rien à retenir contre elles.
Parmi eux, plusieurs prisonniers
d'opinion, dont sept des 14 journalistes des médias privés, parmi
lesquels Serkalem Fasil, qui était enceinte de six mois lors de son
arrestation et a donné naissance à son fils en prison trois mois plus
tard sans avoir pu bénéficier de soins médicaux appropriés, et Kassahun
Kebede, de l'Association des enseignants éthiopiens (AEE) ainsi que
plusieurs membres de la CUD qui ont aussi été libérés.
Après avoir refusé
de présenter une défense en raison de l'absence de tout procès
équitable. Birtukan Mideksa, comme les autres principaux dirigeants du
CUD, a été condamnée à la prison à perpétuité , le 16 juillet 2007, par
la Haute Cour d'Ethiopie.
Quatre jours
plus tard, le 20 juillet, elle été libérée après avoir fait
l'objet d'une mesure de grâce plénière de la part du président Éthiopien.
Elle a été
détenue du 2 novembre 2005 au 20 juillet 2007 soit pendant 20 mois et dix
huit jours.
Pour en savoir plus : fr-page4.1.ethio4.htm
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