|
Me Fatimata
MBAYE, vice-présidente de la FIDH et avocate au barreau de Nouakchott,
a été interpellée le 11 mars 2008 à l’aéroport de Roissy Charles de
Gaulle dans l’avion qui devait l’emmener de Paris à Nouakchott pour
s’être opposée à une opération de reconduite à la frontière menée par
deux fonctionnaires de la Police de l’air et des frontières (PAF)
accompagnés de plusieurs autres policiers, ce qu’elle conteste. Elle a
été soumise à un traitement qu’elle juge humiliant et dégradant et a été
privée de liberté et pendant près de 20h et libérée sur instruction du
parquet.
L’arrestation de Me Fatimata MBAYE est
intervenue à la suite de ses observations et celles des autres passagers
quant au traitement infligé par les policiers français à un étranger
faisant l’objet d’une reconduite à la frontière. Ce dernier, menotté,
enlacé d’une longe et soumis à de fortes compressions sur les épaules a
subitement crié de douleur et de détresse lorsque son bâillon lui a été
retiré par les fonctionnaires de police peu après la fin de
l’embarquement. Face à cette situation Mme Mbaye et M. P.M. B., un médecin français arrêté lui
aussi, ont demandé aux policiers un traitement « plus humain »
envers la personne dont ils avaient la responsabilité. Ce n’est qu’à la
suite du refus du commandant d’Air France, de garder à son bord la
personne en cours d’expulsion que les policiers ont arbitrairement choisi
parmi les passagers et arrêté, Me Mbaye et M. B. alors que
d’évidence, il n’existait aucun indice grave ou concordant caractérisant
une possible infraction.
Dans l’attente des suites de l’enquête
contrôlée par le parquet, la FIDH
- Proteste
contre la banalisation du recours à la violence lors des expulsions
et demande au procureur de la République de faire toutes les
investigations nécessaires afin de déterminer les motifs d’un tel
traitement et les éventuelles responsabilités concernant les
violences ;
- Demande
que toute le lumière soit faite sur l’arrestation et la privation de
liberté de Me Fatimata Mbaye et de M. P.M. B., le médecin
français arrêté pour les même faits au même moment ;
- Exhorte
les autorités françaises à tout mettre en oeuvre afin que les
décisions judiciaires de reconduite à la frontière soient exécutées
en respect de la dignité des personnes et ce conformément aux
engagements internationaux de la France en matière de droits de
l’Homme ;
- Demande
aux compagnies aériennes et en particulier Air France, de clairement
informer son personnel sur le comportement et les mesures à adopter
lors de ce type d’incident et ce, conformément aux droits
fondamentaux des personnes humaines garanties par les instruments
régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme.
Une conférence de presse aura lieu
aujourd’hui à L’Hotel Novotel de Nouakchott, à 18 heures, en présence
notamment de Fatimata Mbaye, présidente de l’AMDH et vice-présidente de
la FIDH, de Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH et du président de
la commission nationale des droits de l’Homme en Mauritanie.
Voir le témoignage de Fatimata Mbaye sur
le blog de la fidh : http://www.gardonslesyeuxouverts.org
Contact presse : Karine Appy + 33 1 43 55 14 12 / + 33 1 43 55 25 18
|