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Ancien
avocat au barreau de Moscou, Vassili
Guéorguïévitch Alexanian, était jusqu’à 2003 directeur du service
juridique de la
compagnie pétrolière russe Ioukos. Il est en détention
provisoire depuis avril 2006, malade du SIDA et atteint d'un cancer.
En mars
2006, les actionnaires de Ioukos le
nommèrent vice-président exécutif de l’entreprise. Entre-temps, une
procédure de faillite visant l’entreprise avait été ouverte. Par un
jugement du tribunal de commerce de Moscou en date du 4 août 2006, Ioukos fut déclarée en faillite. Ce
jugement fut confirmé en appel et devint définitif. Le 12 novembre 2007, la procédure de faillite prit fin
et l’entreprise cessa d’exister.
A partir de
mars 2006, des démarches furent entreprises en vue de l’ouverture d’une
procédure pénale contre Vassili
Guéorguïévitch Alexanian. Les 4 et 5 avril 2006, des enquêteurs
procédèrent à une perquisition des locaux de celui-ci et saisirent
certains documents. Le 6 avril 2006, Alexanian fut
arrêté et placé en détention provisoire.
La
détention du requérant a depuis lors été prolongée à plusieurs reprises.
La dernière décision à cet effet prévoit son maintien en détention
jusqu’en janvier 2009.
Au cours de
cette période, la santé du requérant s’est progressivement détériorée. Sa
vision, qui n’était pas bonne au moment de son arrestation, s’est
affaiblie au point qu’il est devenu aveugle. De surcroît, en septembre
2006, il fut diagnostiqué séropositif.
En octobre
2007, il avait développé le SIDA et présentait plusieurs affections
opportunistes. Il subit de nombreux examens médicaux, mais la date exacte
de ces examens ainsi que la nature des traitements proposés prêtent à
controverse. En octobre 2007, il fut transféré de la maison d’arrêt où il
était détenu à l’hôpital d’une autre maison d’arrêt. Les médecins
conclurent qu’il devait être traité dans un hôpital spécialisé.
L’enquêteur chargé de l’affaire du requérant demanda au tribunal sa
libération conditionnelle pour raisons de santé. Toutefois, le tribunal
refusa d’examiner cette demande.
Le 26
novembre 2007, la Cour européenne des droits de l’homme invita le
gouvernement de la Fédération de Russie, en vertu de l’article 39 du
règlement, à faire immédiatement le nécessaire pour que le requérant fût
admis dans un hôpital spécialisé. Le 21 décembre 2007, elle confirma
cette mesure et invita en outre les autorités russes à constituer une
commission médicale bipartite pour diagnostiquer les problèmes de santé
du requérant et proposer un traitement.
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Par
un arrêt rendu le 22 décembre 2008, la Cour européenne des droits de
l'Homme condamnne la Russie et conclut, à l’unanimité :
-
qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention faute
d’assistance médicale adéquate à la maison d’arrêt ;
-
qu’il y a eu violation de l’article 5 § 3 , les juridictions internes
n’ayant pas avancé de motifs pertinents et suffisants pour justifier le
maintien en détention du requérant ;
-
qu’il y a eu violation de l’article 8 à raison des perquisitions
effectuées dans les locaux du requérant ;
-
que l’Etat a failli à ses obligations en vertu de l’article 34 (droit
de recours individuel) pour n’avoir pas appliqué sans délai les mesures
provisoires indiquées par la Cour en novembre et décembre 2007 ; et,
-
qu’il doit être mis fin à la détention provisoire du requérant.
MERCI
D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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