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IDHAE INFORMATION
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Abdolfateh Soltani a finalement été innocenté par
la justice. "Le
tribunal d'appel de Téhéran m'a disculpé de toutes les accusations (...) en
arguant qu'il n'y avait pas de preuves contre moi", a déclaré lundi M.
Soltani, selon l'agence semi-officielle Ilna. Un portrait : Maître Abdolfattah Soltani, avocat au barreau de
Téhéran et membre fondateur du l'un des
cofondateurs, avec Shirin Ebadi, du Centre
des défenseurs des droits de l’Homme (Defenders of Human Rights
Centre - DRHC), a été arrêté le 30 juillet, sur ordre de Saïd
Mortazavi,le procureur général de Téhéran. Maître Soltani est, entre autres,
chargé d’assurer la défense d’Akbar Ganji, un journaliste iranien condamné en
2001 à six ans de prison après un article mettant en cause plusieurs
dignitaires dans une série de meurtres d'intellectuels et d'écrivains. La première audience du procès en
appel s’est tenue devant la Cour d’appel de Téhéran le 16 mai 2005 et n’a
duré qu’une heure, au cours de laquelle ni les avocats ni la famille n’ont pu
s’exprimer. Les journalistes avaient été expulsés de la salle d’audience. La
seconde audience du procès en appel s’est tenue le 27 juillet 2005. Quelques jours seulement après la
fin du procès, Maître Abdolfattah Soltani a été arrêté le 30 juillet, sur
ordre de Saïd Mortazavi, le procureur général de Téhéran qui est à l’origine
de l’inculpation d’Akbar Ganji. Des hommes - dont on ignore l’identité mais qui pourraient
être des agents du tribunal révolutionnaire - Des agents du tribunal
révolutionnaire se sont présentés le 27 juillet, chez lui avec un mandat
d'arrêt et ont saisi de nombreux dossiers ainsi que son passeport, selon ses
proches. Lui n'était pas à son domicile. Il s’est rendu dans les locaux du
barreau de Téhéran et a commencé un
sit-in pour protester contre le mandat d’arrêt délivré à son encontre, " manœuvres d'intimidation visant à
décourager les avocats de plaider dans des affaires politiques". Après
avoir perquisitionné son domicile les hommes se sont rendus dans les locaux
du barreau de Téhéran, l’ont mis dans une voiture et emmené vers un lieu
inconnu. Abdolfattah Soltani a été détenu
au secret depuis sans inculpation, en grande partie en isolement cellulaire dans
le quartier 209 (renseignement) de la prison d’Evin , sous l'inculpation d'espionnage nucléaire,
sans avoir pu consulter d’avocat et avec des contacts très limités avec sa
famille. . En effet, selon le porte-parole de la justice iranienne,
Maître Soltani a été appréhendé dans le cadre de l'affaire des "espions
nucléaires", dont il défend les intérêts devant la justice. On lui
reproche d'avoir divulguer "à l'intérieur et à l'extérieur du pays des
informations concernant les espions nucléaires". En 2004, l'Iran avait
annoncé l'arrestation d'une dizaine de personnes accusées espionner les
activités nucléaires iraniennes pour le compte des Etats-Unis et d'Israël.
Les accusés sont désormais connus sous le nom "d'espions
nucléaires". "Je continuerai mon action
jusqu'à ce que le chef de la justice intervienne comme il convient et mette
fin aux agissements du procureur de Téhéran Saïd Mortazavi visant à attiser
la crise", déclarait M. Soltani. Me Soltani, en tant que membre de
l’Association des défenseurs des droits de l’homme, est également l'un des avocats en charge du
dossier de la photojournaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, arrêtée en
juillet 2003 pour avoir pris des photos de familles de prisonniers politiques
rassemblées devant la funeste prison d’Evin de Téhéran pour obtenir des
informations sur leurs proches détenus et morte pendant sa détention. Elle
avait été torturée et violée en détention, selon un ancien médecin militaire
iranien qui a examiné Kazemi dans un hôpital des gardiens de la révolution,
où elle avait été transférée après avoir perdu conscience à la prison d’Evin.
Un journal avait cité des sources à
Téhéran disant que Zahra Kazemi était morte de coups sur la tête assenés par
le procureur de Téhéran Saïd Mortazavi, lui-même. Selon le journal Kayhan connu
pour ses liens étroits avec le pouvoir judiciaire, le dernier jour du procès
en appel intenté par la famille de Zahra Kazemi, Abdolfattah Soltani aurait
ouvertement laissé entendre que l’État pourrait être responsable de la mort
de Zahra Kazemi ; selon le journal, ces propos avaient appelé sur lui de
manière inévitable un «châtiment prompt et mérité». D’après les déclarations
de certains responsables judiciaires, il aurait été interpellé en lien avec
la diffusion d’informations classées secrètes, obtenues dans le cadre d’un
procès impliquant certains de ses clients accusés d’espionner le programme
nucléaire iranien. Par
une résolution du 13 octobre 2005 la Parlement européen a demande aux
autorités iraniennes de libérer Akbar Ganji et de libérer aussi l'avocat
Abdolfattah Soltani. Cependant le procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi qui avait délivré le mandat
d’arrêt a décidé de remplacer le juge d’instruction chargé de l’affaire - qui
avait exprimé aux avocats son intention de préconiser une mise en liberté
provisoire – par un autre juge qui a décidé le 3 décembre 2005 qu’Abdolfattah
Soltani devrait rester en détention pour une période de trois mois
supplémentaires. Abdolfattah
Soltani a été libéré sous caution le 6 mars 2006 – après plus de sept mois de
prison - après que sa caution de 100 000 euros eut été payée grâce à un
mouvement de solidarité national et international. Le 16 juillet 2006, la Cour révolutionnaire de Téhéran avait
condamné Abdolfattah Soltani à
cinq ans de prison et la perte de ces droits civiques pour ne pas avoir
respecté la confidentialité de l’enquête préliminaire dans l’affaire de Mme
Zahra Kazemi, une photographe irano-canadienne décédée en 2003 des suites des
tortures et mauvais traitements subis durant sa détention. M. Soltani a fait appel de ce jugement et
le 28 mai 2007, il a été acquitté de
toutes les charges retenues contre lui. Depuis lors, il n'a pas été autorisé
à quitter le territoire iranien. Abdolfattah
Soltani aura passé 219 jours en détention, dont 43 à
l'isolement. Détention :
4 mois (2002) + 30 juillet 2005 - 6 mars
2006 (+ onze mois et 6 jours ) Copyright IDHAE |
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