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Me Abderrahman
Amine Sidhoum, avocat et membre de l’association SOS Disparu(e)s, a
été condamné , le 13 avril 2008, à six mois de prison avec sursis et à 20
000 dinars d’amende par le Tribunal de Sidi M’hamed, à Alger
Lors de l’audience du 30 mars 2008 devant
la première section pénale du Tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, près de
70 avocats étaient présents pour manifester leur soutien et protester
contre le harcèlement subi par Me Sidhoum depuis plusieurs années.
A la fin de l’audition des parties, le Procureur a
requis deux ans de prison ferme contre Me Sidhoum. Le verdict devrait
être prononcé le 13 avril prochain.
Me Sidhoum est accusé “d’avoir jeté le
discrédit sur une décision de justice et d’outrage à corps constitué de
l’État”. Ces poursuites sont liées à la plainte déposée, le 23 août 2006,
par le ministre de la Justice pour “diffamation”, en lien avec la
parution d’un article dans le quotidien El Chourouk, le 30 mai
2004, dans lequel Me Sidhoum était accusé d’avoir dénoncé la détention de
l’un de ses clients “suite à une décision arbitraire rendue par la Cour
Suprême”, alors même que la Cour Suprême ne s’était pas encore
prononcée
L’Observatoire pour la protection des
défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation
mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des
ligues des droits de l’Homme (FIDH) avait mandaté une mission
internationale d’observation judiciaire.
L’Observatoire exprime sa plus vive
préoccupation au regard de la condamnation de Me Amine Sidhoum, qui
s’inscrit dans un contexte d’intimidation et de harcèlement auquel sont
confrontés les défenseurs algériens impliqués dans la défense des
familles de disparus, et prie les autorités algériennes de mettre un
terme immédiat à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à
l’encontre de Me Amine Sidhoum, ainsi qu’à l’encontre de tous les
défenseurs des droits de l’Homme algériens.
Rappel :
Le 30 mai 2004, le ministre de la Justice
avait déposé plainte pour “diffamation”, après la publication d’un
article dans le quotidien El Chourouk, dont l’auteur prétendait que Me
Sidhoum Abderrahman aurait dénoncé la détention de l’un de ses clients
depuis trente mois à [la prison de] Serkadji “suite à une décision
arbitraire rendue par la Cour suprême”. Or, au moment où Me Sidhoum
Abderrahman aurait tenu de tels propos en 2004, aucune décision dans
cette affaire n’avait encore été rendue par la Cour suprême, qui ne s’est
prononcée que le 28 avril 2005.
Le 27 mai 2007, Me Sidhoum avait reçu un
télégramme lui notifiant sa convocation devant la 6ème chambre
d’accusation de Sidi M’Hamed, à Alger, le 12 juin 2007, suite à une
demande de complément d’information effectuée par le procureur dans le
cadre de ces poursuites. L’audience du 12 juin devait permettre une
confrontation entre Me Sidhoum et une journaliste du quotidien El
Chourouk, mais cette dernière ne s’étant pas présentée, l’audience avait
été repoussée à une date ultérieure. Par la suite, l’audience a été repoussée
à de nombreuses reprises. Cette affaire avait resurgi peu après l’abandon
d’autres poursuites à son encontre pour “introduction d’objets non
autorisés à la prison”, après qu’il eut remis deux de ses cartes de
visites à l’un de ses clients détenus [1]. Me Sidhoum avait en effet été acquitté
de ces charges le 25 avril 2007, en présence d’un chargé de mission
mandaté par l’Observatoire.
Voir
: idhae-fr-page4.1.alg03.htm
Voir
aussi : fr-page4.1.alg5.htm
ACTIONS DEMANDEES :
Merci
d’écrire aux autorités algériennes et de leur demander de :
- Exprimer
votre plus vive préoccupation au regard de ces faits qui
s’inscrivent dans un contexte d’intimidation et de harcèlement
auquel sont confrontés les défenseurs algériens impliqués dans la
défense des familles de disparus, et prient les autorités
algériennes de mettre un terme immédiat à toute forme de
harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de Me Amine Sidhoum,
ainsi qu’à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme
algériens;
- Garantir
en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Me
Amine Sidhoum Abderrahman ;
- Mettre
un terme immédiat à toute forme de harcèlement, y compris
judiciaire, à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de tous les
défenseurs des droits de l’Homme algériens ;
- Se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, et plus particulièrement à son article 1 qui
dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association
avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des
droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national
et international”, ainsi que son article 12.2, qui dispose que
“l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les
autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou
en association avec d’autres, de toute violence, menace,
représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre
action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits
visés dans la présente Déclaration” ;
- iv.
Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par
l’Algérie.
Adresses :
M. Abdelaziz
Bouteflika, Président de la République, Présidence, El-Mouradia, Alger,
Tél : 00 213 21 69 15 15 ; Fax : 0 21 69 15 95
M. Farouk Ksentini, Président de
la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, Avenue
Franklin Roosevelt, Allée du Peuple, 16000 Alger, Tél : +00 213 (0)
21230311 / 230214 ;
M. Amar Saadani, Président de
l’Assemblée populaire nationale, 18 boulevard Zirouf Youcef, 16000 Alger,
Tél : 00 213 021 73 86 00 / 10
M. Noureddine Yazid Zerhouni,
Ministre de l’Intérieur, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités
Locales, de l’Environnement et de la Réforme Administrative, Rue du
Docteur Saâdane, Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 73 23 40 / 00 213
(0) 21 73 23 48 / 00 213 (0) 21 73 12 00 00 213 ; Fax : (00 213
0) 21 92 12 43
M. Tayeb Belaiz, Ministre de la
Justice, Ministère de la Justice 08, Place de Bir - Hakem. El-Biar,
Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 92 16 08 ; Fax : 00 213
(0) 21 74 76 64
Ambassadeur M. Idriss Jazaïry,
Mission permanente de la République algérienne démocratique et populaire
auprès des Nations unies à Genève, 308 route de Lausanne, 1293 Bellevue,
Suisse. Fax : + 41 22 774 30 49. Email :
mission.algérie@mission-algérie.ch
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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