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La Cour d'Appel d'Alger a finalement
confirmé la condamnation de Abderrahman
Amine Sidhoum, avocat et membre de l’association SOS Disparu(e)s, à
six mois de prison avec sursis et à 20 000 dinars d’amende prononcée le
13 avril 2008, par le Tribunal de Sidi M’hamed, à Alger
Jugé en mars 2008, pour « avoir jeté
le discrédit sur une décision de justice » et « outrage à corps
constitué de l’Etat », Me Sidhoum avait interjeté appel de la
décision rendue en première instance le 13 avril 2007, le condamnant à 20
000 DA d’amende et six mois de prison avec sursis. Après avoir été
reporté le 8 octobre dernier, le procès en appel de Me Sidhoum s’est
finalement tenu le 12 novembre 2008 devant la Cour d’Alger. Le Procureur
avait requis un an de prison ferme contre Me Sidhoum.
Une assemblée d’une centaine d’avocats et
observateurs venus d’Algérie et d’Europe ont assisté à l’audience. Les
débats ont duré 4 h pendant lesquelles les questions du respect des
libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, et de l’indépendance
de la justice, ont été mises en avant par les avocats de la défense. Le
bâtonnier du barreau d’Alger a, quant à lui, pris la parole pour affirmer
que, quelque soit la décision du tribunal, Me Sidhoum ne sera pas
suspendu par le barreau au regard duquel il n’a commis aucune faute
professionnelle.
Voir
: fr-page4.1.moyor.alg7.htm
Rappel :
Le 30 mai 2004, le ministre de la Justice
avait déposé plainte pour “diffamation”, après la publication d’un
article dans le quotidien El Chourouk, dont l’auteur prétendait que Me
Sidhoum Abderrahman aurait dénoncé la détention de l’un de ses clients
depuis trente mois à [la prison de] Serkadji “suite à une décision
arbitraire rendue par la Cour suprême”. Or, au moment où Me Sidhoum
Abderrahman aurait tenu de tels propos en 2004, aucune décision dans
cette affaire n’avait encore été rendue par la Cour suprême, qui ne s’est
prononcée que le 28 avril 2005.
Le 27 mai 2007, Me Sidhoum avait reçu un
télégramme lui notifiant sa convocation devant la 6ème chambre
d’accusation de Sidi M’Hamed, à Alger, le 12 juin 2007, suite à une
demande de complément d’information effectuée par le procureur dans le
cadre de ces poursuites. L’audience du 12 juin devait permettre une
confrontation entre Me Sidhoum et une journaliste du quotidien El
Chourouk, mais cette dernière ne s’étant pas présentée, l’audience avait
été repoussée à une date ultérieure. Par la suite, l’audience a été
repoussée à de nombreuses reprises. Cette affaire avait resurgi peu après
l’abandon d’autres poursuites à son encontre pour “introduction d’objets
non autorisés à la prison”, après qu’il eut remis deux de ses cartes de
visites à l’un de ses clients détenus [1]. Me Sidhoum avait en effet été
acquitté de ces charges le 25 avril 2007, en présence d’un chargé de
mission mandaté par l’Observatoire.
Voir
: idhae-fr-page4.1.alg03.htm
Voir
aussi : fr-page4.1.alg5.htm
ACTIONS DEMANDEES :
Merci
d’écrire aux autorités algériennes et de leur demander de :
- Exprimer
votre plus vive préoccupation au regard de ces faits qui
s’inscrivent dans un contexte d’intimidation et de harcèlement
auquel sont confrontés les défenseurs algériens impliqués dans la
défense des familles de disparus, et prient les autorités
algériennes de mettre un terme immédiat à toute forme de
harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de Me Amine Sidhoum,
ainsi qu’à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme
algériens;
- Garantir
en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Me
Amine Sidhoum Abderrahman ;
- Mettre
un terme immédiat à toute forme de harcèlement, y compris
judiciaire, à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de tous les
défenseurs des droits de l’Homme algériens ;
- Se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose
que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits
de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international”, ainsi que son article 12.2, qui dispose que “l’Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en
association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action
arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés
dans la présente Déclaration” ;
- iv.
Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par
l’Algérie.
Adresses :
M. Abdelaziz
Bouteflika, Président de la République, Présidence, El-Mouradia, Alger,
Tél : 00 213 21 69 15 15 ; Fax : 0 21 69 15 95
M. Farouk Ksentini, Président de
la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, Avenue
Franklin Roosevelt, Allée du Peuple, 16000 Alger, Tél : +00 213 (0)
21230311 / 230214 ;
M. Amar Saadani, Président de
l’Assemblée populaire nationale, 18 boulevard Zirouf Youcef, 16000 Alger,
Tél : 00 213 021 73 86 00 / 10
M. Noureddine Yazid Zerhouni,
Ministre de l’Intérieur, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités
Locales, de l’Environnement et de la Réforme Administrative, Rue du
Docteur Saâdane, Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 73 23 40 / 00 213
(0) 21 73 23 48 / 00 213 (0) 21 73 12 00 00 213 ; Fax : (00 213
0) 21 92 12 43
M. Tayeb Belaiz, Ministre de la
Justice, Ministère de la Justice 08, Place de Bir - Hakem. El-Biar,
Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 92 16 08 ; Fax : 00 213
(0) 21 74 76 64
Ambassadeur M. Idriss Jazaïry, Mission
permanente de la République algérienne démocratique et populaire auprès
des Nations unies à Genève, 308 route de Lausanne, 1293 Bellevue, Suisse.
Fax : + 41 22 774 30 49. Email :
mission.algérie@mission-algérie.ch
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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