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Abdolfattah Soltani, éminent
avocat et membre fondateur du
Centre des Défenseurs des Droits de l'Homme (DHRC) a été arrêté en face de son
domicile à Téhéran, le 16 juin 2009, aux alentours de 16 heures, par
quatre agents des services de sécurité en civil. Ces agents ont
perquisitionné à son cabinet sans autorisation de perquisition, citation
à comparaître ni mandat d'arrêt. Ils ont saisi ses dossiers, son
porte-documents, ses ordinateurs et son téléphone portable avant de
l'emmener.
Selon Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix et Directrice du DHRC,
des responsables de la sécurité qui se sont fait passer pour des clients
ont pénétré dans les bureaux et ont immédiatement saisi l’ordinateur et
des documents appartenant à Abdolfattah Soltani.
Avant son arrestation, Abdolfattah
Soltani avait publiquement appelé le
gouvernement iranien à recompter les votes de l'élection présidentielle
controversée, dont le Président sortant Mahmoud Ahmadinejad
a été déclaré vainqueur.
Il s'est impliqué dans le cas du
journaliste dissident Akbar Ganji et il a
représenté la famille de Zahra Kazemi, un
journaliste photographe irano-canadien décédé en prison sous la torture.
M. Soltani a déjà été détenu à la prison Evin
de Téhéran à cause de cette affaire, sans charge officielle, du 30
juillet 2005 à mars 2006. Le 16 juillet 2006, il avait été condamné à
cinq ans de prison et a perdu ses droits civiques pour « non-respect de
la confidentialité de l’enquête préliminaire dans une affaire politique
où il était avocat de la défense ».
Un portrait d'Abdolfattah Soltani.
Maître Abdolfattah Soltani, avocat au barreau de
Téhéran et membre fondateur du l'un des
cofondateurs, avec Shirin Ebadi,
du Centre des défenseurs des
droits de l’Homme (Defenders of Human
Rights Centre - DRHC), a été arrêté le 30
juillet, sur ordre de Saïd Mortazavi,le
procureur général de Téhéran.
Maître Soltani
est, entre autres, chargé d’assurer la défense d’Akbar Ganji, un journaliste iranien condamné en 2001 à six
ans de prison après un article mettant en cause plusieurs dignitaires
dans une série de meurtres d'intellectuels et d'écrivains.
La première audience du
procès en appel s’est tenue devant la Cour d’appel de Téhéran le 16 mai
2005 et n’a duré qu’une heure, au cours de laquelle ni les avocats ni la
famille n’ont pu s’exprimer. Les journalistes avaient été expulsés de la
salle d’audience. La seconde audience du procès en appel s’est tenue le
27 juillet 2005.
Quelques jours seulement
après la fin du procès, Maître Abdolfattah Soltani a été arrêté le 30 juillet, sur ordre de Saïd
Mortazavi, le procureur général de Téhéran qui
est à l’origine de l’inculpation d’Akbar Ganji.
Des hommes - dont on ignore l’identité mais qui
pourraient être des agents du tribunal révolutionnaire - Des agents du
tribunal révolutionnaire se sont présentés le 27 juillet, chez lui avec
un mandat d'arrêt et ont saisi de nombreux dossiers ainsi que son
passeport, selon ses proches. Lui n'était pas à son domicile. Il s’est
rendu dans les locaux du barreau de Téhéran et a commencé un sit-in pour protester
contre le mandat d’arrêt délivré à son encontre, " manœuvres d'intimidation visant à
décourager les avocats de plaider dans des affaires politiques".
Après avoir perquisitionné son domicile les hommes se sont rendus dans
les locaux du barreau de Téhéran, l’ont mis dans une voiture et emmené
vers un lieu inconnu.
Abdolfattah Soltani a été détenu au
secret depuis sans inculpation, en grande partie en isolement cellulaire
dans le quartier 209 (renseignement) de la prison d’Evin
, sous l'inculpation
d'espionnage nucléaire, sans avoir pu consulter d’avocat et avec des
contacts très limités avec sa famille. .
En effet, selon le porte-parole de la justice
iranienne, Maître Soltani a été appréhendé dans
le cadre de l'affaire des "espions nucléaires", dont il défend
les intérêts devant la justice. On lui reproche d'avoir divulguer "à l'intérieur et à l'extérieur du pays
des informations concernant les espions nucléaires". En 2004, l'Iran
avait annoncé l'arrestation d'une dizaine de personnes accusées espionner les activités nucléaires iraniennes pour le
compte des Etats-Unis et d'Israël. Les accusés sont désormais connus sous
le nom "d'espions nucléaires".
"Je continuerai mon action
jusqu'à ce que le chef de la justice intervienne comme il convient et
mette fin aux agissements du procureur de Téhéran Saïd Mortazavi visant à attiser la crise", déclarait
M. Soltani.
Me Soltani,
en tant que membre de l’Association des défenseurs des droits de
l’homme, est également l'un des
avocats en charge du dossier de la photojournaliste irano-canadienne
Zahra Kazemi, arrêtée en juillet 2003 pour
avoir pris des photos de familles de prisonniers politiques rassemblées
devant la funeste prison d’Evin de Téhéran pour obtenir des informations
sur leurs proches détenus et morte pendant sa détention. Elle avait été
torturée et violée en détention, selon un ancien médecin militaire
iranien qui a examiné Kazemi dans un hôpital
des gardiens de la révolution, où elle avait été transférée après avoir
perdu conscience à la prison d’Evin. Un journal avait cité des sources à Téhéran disant
que Zahra Kazemi était morte de coups sur la
tête assenés par le procureur de Téhéran Saïd Mortazavi,
lui-même.
Selon le journal Kayhan connu pour ses liens étroits avec le pouvoir
judiciaire, le dernier jour du procès en appel intenté par la famille de
Zahra Kazemi, Abdolfattah
Soltani aurait ouvertement laissé entendre que
l’État pourrait être responsable de la mort de Zahra Kazemi
; selon le journal, ces propos avaient appelé sur lui de manière
inévitable un «châtiment prompt et mérité». D’après les déclarations de
certains responsables judiciaires, il aurait été interpellé en lien avec
la diffusion d’informations classées secrètes, obtenues dans le cadre
d’un procès impliquant certains de ses clients accusés d’espionner le
programme nucléaire iranien.
Par
une résolution du 13 octobre 2005 la Parlement européen a demande aux
autorités iraniennes de libérer Akbar Ganji et
de libérer aussi l'avocat Abdolfattah Soltani. Cependant le procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi
qui avait délivré le mandat d’arrêt a décidé de remplacer le juge
d’instruction chargé de l’affaire - qui avait exprimé aux avocats son
intention de préconiser une mise en liberté provisoire – par un autre
juge qui a décidé le 3 décembre 2005 qu’Abdolfattah
Soltani devrait rester en détention pour une
période de trois mois supplémentaires.
Abdolfattah Soltani a été libéré sous caution le 6 mars 2006 –
après plus de sept mois de prison - après que sa caution de 100 000 euros
eut été payée grâce à un mouvement de solidarité national et
international.
Le
16 juillet 2006, la Cour révolutionnaire de Téhéran avait condamné Abdolfattah Soltani à cinq ans de prison et la
perte de ces droits civiques pour ne pas avoir respecté la
confidentialité de l’enquête préliminaire dans l’affaire de Mme Zahra Kazemi, une photographe irano-canadienne décédée en
2003 des suites des tortures et mauvais traitements subis durant sa
détention. M. Soltani
a fait appel de ce jugement et le 28 mai 2007, il a été acquitté de
toutes les charges retenues contre lui. Depuis lors, il n'a pas été
autorisé à quitter le territoire iranien.
Abdolfattah Soltani
aura passé 219 jours
en détention, dont 43 à l'isolement.
Détention : 4 mois
(2002) + 30 juillet 2005 - 6 mars 2006 (+ onze mois et 6 jours
)
Copyright IDHAE
Pour en savoir plus avec l'IDHAE sur Abdolfattah Soltani
:
http://www.idhae.org/fr-page4.1.ira8.htm
ACTION RECOMMANDÉE :
Ecrivez
le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en arabe, en
persan, en français, en anglais ou dans votre propre langue) :
- appelez les autorités à libérer Abdolfattah Soltani immédiatement et sans condition car il semble
avoir été arrêté uniquement en raison de ses opinions pacifiques,
notamment au sujet de l’élection qui s’est tenue le 12 juin, et il s’agit
donc d’un prisonnier d’opinion ;
- demandez qu’il soit autorisé sans délai à entrer en contact avec ses
proches et un avocat de son choix, ainsi qu’à bénéficier de tous les
soins médicaux dont il pourrait avoir besoin, et qu’il soit protégé
contre toute forme de torture ou d’autres mauvais traitements ;
- exhortez les autorités à permettre aux personnes qui souhaitent
exprimer leur opinion au sujet des élections de participer à des
manifestations pacifiques.
ADRESSES:
- Leader of the Islamic
Republic, His Excellency Ayatollah Sayed Ali Khamenei, The
Office of the Supreme Leader, Shoahada Street, Qom, Islamic
Republic of Iran, Faxes: + 98 21 649 5880
/ 21 774 2228, Email: info@leader.ir / istiftaa@wilayah.org / webmaster@wilayah.org
- President Mr.
Mahmoud Ahmadinejad, the Presidency, Palestine Avenue, Azerbaijan Intersection, Tehran,
Islamic Republic
of Iran, Fax: + 98 21 649 5880. Email: dr-ahmadinejad@president.ir
- Head of the Judiciary,
His Excellency
Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahrudi, Ministry of
Justice, Park-e Shahr, Tehran,
Islamic Republic
of Iran, Fax: +98 21 879 6671 / +98 21 3 311 6567, Email:
Irjpr@iranjudiciary.com
- Minister of Foreign Affairs, His Excellency Manouchehr Mottaki, Ministry of Foreign Affairs, Sheikh Abdolmajid
Keshk-e Mesri
Av, Tehran, Islamic
Republic of Iran, Fax: + 98 21 390 1999,
Email: matbuat@mfa.gov
- Permanent Mission of the Islamic Republic of
Iran, Chemin du Petit-Saconnex 28, 1209
Geneva, Switzerland, Fax: +41 22 7330203,
Email: mission.iran@ties.itu.int
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MODELE DE LETTRE
[Your
name here]
Your Excellency,
I am deeply concerned following reports
that human rights lawyer Mr Abdolfattah Soltani was arrested on 16 June 2009 during a mass arrest that also included many other human rights defenders.
Abdolfattah Soltani is a leading human rights lawyer and a founding member of the Defenders of Human
Rights Center in Tehran
(DHRC).
He was involved
in the case of the dissident journalist, Akbar Ganji, and represented the family of Zahra Kazemi, the
Iranian born Canadian
photojournalist who died in an Iranian prison under torture.
In relation to this case, Mr Soltani was detained without formal charge in Tehran’s
Evin prison from 30 July 2005 until March 2006. On 16 July 2006 he
was sentenced to five
years in prison and a loss
of his civic rights for “non-respect of the preliminary
investigation confidentiality in a political case in which he was the defendants lawyer”.
On 16 June 2009, Abdolfattah
Soltani was arrested in his office in Tehran. According to Shirin Ebadi, Nobel Peace Laureate and the head of the DHRC, security officials posing as clients
entered the Tehran
office, immediately confiscated
Abdolfattah Soltani's
computer and other documents, and then arrested him. They did not have an arrest
warrant.
Prior to his arrest,
Abdolfattah Soltani publicly called on the Iranian government to recount all the votes in last Friday's
disputed presidential
election, in which President Mahmoud Ahmadinejad
was declared the
winner.
I wish to express my
deep concern following reports of the violent dispersal of peaceful protests that erupted nationwide following the presidential elections.
State security forces have reportedly
used excessive force against
peaceful protesters, including the use of plastic bullets
and live ammunition, in urban
centers and university
campuses across the
country.
Several protesters have reportedly
been killed in Shiraz
and in Tehran.
According to information received,
many other human rights defenders have
also been targeted following the presidential elections including Mr Alireza Tajik and Mr Kayvan Samimi, members of the Arbitrary Detentions Investigation Committee,
who were arrested on 15 June 2009.
I believe that
the arrests of Abdolfattah
Soltani, Alireza Tajik and Kayvan Samimi are directly related to their legitimate work in defence of human rights.
I urge the Iranian authorities
to:
1.Immediately and unconditionally
release Abdolfattah Soltani,
Alireza Tajik, Kayvan Samimi and all other human rights defenders who have
been arrested due to their
participation in peaceful demonstrations
related to the Iranian
presidential election,
as I believe that they are being held solely as a result of their legitimate and peaceful work in the defence of human rights;
2.Immediately stop the use of excessive force against peaceful protesters and take urgent measures to ensure full
respect by security forces and police of the
United Nations Basic Principles for the Use of
Force and Firearms by Law Enforcement
Officials, in compliance
with Iran's
international obligations under the
International Covenant on Civil and Political Rights;
3.Refrain from arresting
or detaining human rights defenders solely for
conducting their legitimate work in defence of human rights or for expressing their opinions on related
issues;
4.Ensure that the treatment of Abdolfattah Soltani, Alireza Tajik and Kayvan Samimi, while in detention, adheres to all those conditions set out in the ‘Body of Principles for the Protection of All Persons under Any Form of Detention or Imprisonment',
adopted by UN General Assembly
resolution 43/173 of 9 December
1988;
5.Guarantee in all circumstances
that human rights defenders in Iran are able to carry out their legitimate human rights activities without fear of reprisals, and free
of all restrictions including judicial harassment.
Yours sincerely,
[Signature]
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT
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