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Abdolfattah Soltani qui devait se rendre en Allemagne pour y recevoir un
prix des droits de l'homme a été empêché de quitter le pays le 2 octobre
2009.
Des
hommes en civil se sont approchés de lui et lui ont confisqué son
passeport en lui disant que l’autorisation qui lui avait été donnée de
quitter l’Iran avait été « annulée ». Ils lui ont donné pour
instruction de se rendre au bureau présidentiel la semaine suivante pour
en savoir plus à son sujet.
Abdolfattah
Soltani était en route pour Nuremberg où il devait recevoir le prix
international des droits humains de Nuremberg, dimanche 4 octobre. Cette
distinction prestigieuse « a non seulement pour objectif de saluer
les efforts des récipiendaires mais aussi de contribuer à la protection
des défenseurs des droits humains en danger et d’inciter d’autres
personnes à s’engager en faveur de ces droits.
Un portrait d'Abdolfattah
Soltani.
Maître
Abdolfattah Soltani, avocat au barreau de Téhéran et membre fondateur du l'un des cofondateurs, avec Shirin Ebadi, du Centre des défenseurs des droits de
l’Homme (Defenders of Human Rights Centre - DRHC), a été
arrêté le 30 juillet, sur ordre de Saïd Mortazavi,le procureur général de
Téhéran.
Maître Soltani est, entre
autres, chargé d’assurer la défense d’Akbar Ganji, un journaliste iranien
condamné en 2001 à six ans de prison après un article mettant en cause
plusieurs dignitaires dans une série de meurtres d'intellectuels et
d'écrivains.
La première audience du
procès en appel s’est tenue devant la Cour d’appel de Téhéran le 16 mai
2005 et n’a duré qu’une heure, au cours de laquelle ni les avocats ni la
famille n’ont pu s’exprimer. Les journalistes avaient été expulsés de la
salle d’audience. La seconde audience du procès en appel s’est tenue le
27 juillet 2005.
Quelques jours seulement
après la fin du procès, Maître Abdolfattah Soltani a été arrêté le 30
juillet, sur ordre de Saïd Mortazavi, le procureur général de Téhéran qui
est à l’origine de l’inculpation d’Akbar Ganji.
Des hommes - dont on ignore l’identité mais qui
pourraient être des agents du tribunal révolutionnaire - Des agents du
tribunal révolutionnaire se sont présentés le 27 juillet, chez lui avec
un mandat d'arrêt et ont saisi de nombreux dossiers ainsi que son
passeport, selon ses proches. Lui n'était pas à son domicile. Il s’est
rendu dans les locaux du barreau de Téhéran et a commencé un sit-in pour protester
contre le mandat d’arrêt délivré à son encontre, " manœuvres d'intimidation visant à
décourager les avocats de plaider dans des affaires politiques".
Après avoir perquisitionné son domicile les hommes se sont rendus dans
les locaux du barreau de Téhéran, l’ont mis dans une voiture et emmené
vers un lieu inconnu.
Abdolfattah Soltani a été
détenu au secret depuis sans inculpation, en grande partie en isolement
cellulaire dans le quartier 209 (renseignement) de la prison d’Evin
, sous l'inculpation d'espionnage
nucléaire, sans avoir pu consulter d’avocat et avec des contacts très
limités avec sa famille. .
En effet, selon le porte-parole de la justice
iranienne, Maître Soltani a été appréhendé dans le cadre de l'affaire des
"espions nucléaires", dont il défend les intérêts devant la
justice. On lui reproche d'avoir divulguer "à l'intérieur et à
l'extérieur du pays des informations concernant les espions
nucléaires". En 2004, l'Iran avait annoncé l'arrestation d'une
dizaine de personnes accusées espionner les activités nucléaires
iraniennes pour le compte des Etats-Unis et d'Israël. Les accusés sont
désormais connus sous le nom "d'espions nucléaires".
"Je continuerai mon
action jusqu'à ce que le chef de la justice intervienne comme il convient
et mette fin aux agissements du procureur de Téhéran Saïd Mortazavi
visant à attiser la crise", déclarait M. Soltani.
Me Soltani, en tant que
membre de l’Association des défenseurs des droits de l’homme, est également l'un des avocats en
charge du dossier de la photojournaliste irano-canadienne Zahra Kazemi,
arrêtée en juillet 2003 pour avoir pris des photos de familles de
prisonniers politiques rassemblées devant la funeste prison d’Evin de
Téhéran pour obtenir des informations sur leurs proches détenus et morte
pendant sa détention. Elle avait été torturée et violée en détention,
selon un ancien médecin militaire iranien qui a examiné Kazemi dans un
hôpital des gardiens de la révolution, où elle avait été transférée après
avoir perdu conscience à la prison d’Evin. Un journal avait cité des sources à Téhéran disant
que Zahra Kazemi était morte de coups sur la tête assenés par le
procureur de Téhéran Saïd Mortazavi, lui-même.
Selon le journal Kayhan connu
pour ses liens étroits avec le pouvoir judiciaire, le dernier jour du
procès en appel intenté par la famille de Zahra Kazemi, Abdolfattah
Soltani aurait ouvertement laissé entendre que l’État pourrait être
responsable de la mort de Zahra Kazemi ; selon le journal, ces propos
avaient appelé sur lui de manière inévitable un «châtiment prompt et
mérité». D’après les déclarations de certains responsables judiciaires,
il aurait été interpellé en lien avec la diffusion d’informations
classées secrètes, obtenues dans le cadre d’un procès impliquant certains
de ses clients accusés d’espionner le programme nucléaire iranien.
Par
une résolution du 13 octobre 2005 la Parlement européen a demande aux
autorités iraniennes de libérer Akbar Ganji et de libérer aussi l'avocat
Abdolfattah Soltani. Cependant le procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi qui avait délivré le
mandat d’arrêt a décidé de remplacer le juge d’instruction chargé de
l’affaire - qui avait exprimé aux avocats son intention de préconiser une
mise en liberté provisoire – par un autre juge qui a décidé le 3 décembre
2005 qu’Abdolfattah Soltani devrait rester en détention pour une période
de trois mois supplémentaires.
Abdolfattah
Soltani a été libéré sous caution le 6 mars 2006 – après plus de sept
mois de prison - après que sa caution de 100 000 euros eut été payée
grâce à un mouvement de solidarité national et international.
Le
16 juillet 2006, la Cour révolutionnaire de Téhéran avait condamné
Abdolfattah Soltani à cinq
ans de prison et la perte de ces droits civiques pour ne pas avoir
respecté la confidentialité de l’enquête préliminaire dans l’affaire de
Mme Zahra Kazemi, une photographe irano-canadienne décédée en 2003 des
suites des tortures et mauvais traitements subis durant sa
détention. M. Soltani a fait appel
de ce jugement et le 28 mai 2007, il a été acquitté de toutes les
charges retenues contre lui. Depuis lors, il n'a pas été autorisé à
quitter le territoire iranien.
Abdolfattah
Soltani aura passé 219 jours en détention, dont
43 à l'isolement.
Abdolfattah
Soltani a été néanmoins de nouveau arrêté, le 16 juin 2009, au lendemain
de l’élection présidentielle contestée du 12 juin, en face de son
domicile à Téhéran, le 16 juin 2009, aux alentours de 16 heures, par
quatre agents des services de sécurité en civil. Ces agents ont
perquisitionné à son cabinet sans autorisation de perquisition, citation
à comparaître ni mandat d'arrêt. Ils ont saisi ses dossiers, son
porte-documents, ses ordinateurs et son téléphone portable avant de
l'emmener. Le 26 Août 2009, il a été libéré moyennant le
paiement d'une caution (100 000 USD) après 70 jours de détention. Il
reste poursuivi d'atteinte à la sécurité de l'Etat.
Copyright IDHAE
RECOMMENDED ACTION:
ACTIONS REQUESTED:
Please write to the Iranian
authorities and ask them to:
- Guarantee in all circumstances the physical
and psychological integrity of Mr. Abdolfattah Soltani and all human
rights defenders in Iran;
- Guarantee in all circumstances the freedom of
movement of Mr. Abdolfattah Soltani;
- Put an end to all acts of harassment,
including at the judicial level, against Mr. Abdolfattah Soltani and
all human rights defenders in Iran;
- Conform in any circumstances with the provisions
of the Declaration on Human Rights Defenders, adopted on December 9,
1998 by the United Nations General Assembly, in particular its
article 1, which states that “everyone has the right, individually
or in association with others, to promote the protection and
realization of human rights and fundamental freedoms at the national
and international levels”, its article 5(c), which reads that
“everyone has the right, individually and in association with
others, at the national and international levels, [...] to
communicate with non-governmental or intergovernmental
organizations”, and its article 12.2 which provides that “the State
shall take all necessary measures to ensure the protection by the
competent authorities of everyone, individually and in association
with others, against any violence, threats, retaliation, de facto
or de jure adverse discrimination, pressure or any other
arbitrary action as a consequence of his or her legitimate exercise
of the rights referred to in the present Declaration”;
- Ensure in all circumstances respect for human
rights and fundamental freedoms in accordance with international
human rights standards and international instruments ratified by
Iran.
ADDRESSES:
- Guide spirituel de la République islamique
d’Iran :
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street – End of Shahid Keshvar Doust Street,
Tehran,
République islamique d’Iran
Courriers électroniques : par l’intermédiaire de son site Internet :
http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter
(en anglais)
http://www.leader.ir/langs/fa/index.php?p=letter
(en persan)
Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,
- Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi
Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office of the Head of the
Judiciary)
Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri,
Tehran 1316814737,
République islamique d’Iran
Courriers électroniques : shahroudi@dadgostary-tehran.ir
(dans le champ réservé à l’objet, veuillez écrire : « FAO Ayatollah
Shahroudi »)
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
- Copies à :
- Iranian Bar Association
No. 3, Zagros St.,
Argentina Sq.,
Tehran,
République islamique d’Iran
Fax : +98 21 8771340
ou +98 21 888 6425 / 26
Courriers électroniques : tamas@iranbar.org
ou mail@iranbar.org
The Honorable Ban Ki-Moon
Secretary General
760 United Nations Plaza
United Nations
New York, NY 10017
Web contact: www.un.org/en/contactus/contactform.asp
Ms. Navanethem Pillay
UN High Commissioner for Human Rights
Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR)
Palais des Nations
CH-1211 Geneva 10, Switzerland
Email: infodesk@ohchr.org
Tel: +41-22-917-90-00
Fax: +41-22-917-9008 or +1-212-963-4097
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