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Le 10 novembre,
le conseil de discipline de la Syrian Bar
Association (barreau de
Damas) a prononcé une interdiction
définitive d’exercer sa profession à l’encontre de Muhannad
(ou Mohannad) al-Hassani,
membre de l’ordre des avocats depuis quinze ans. , peu après qu’un juge
d’instruction, le 30 juillet, l’eût inculpé pour avoir assisté et
pris des notes, devant la Cour suprême de sûreté
de l'État (State Security
Court, SSC). Le Conseil de discipline lui a notamment reproché d’être le
président de l’Organisation syrienne de défense des droits humains, fondée
en 2004, sans autorisation officielle et sans l’aval de l’ordre des
avocats.
Devant le Conseil de discipline de la le
conseil de discipline du Syrian Bar
Association, les faits étaient ainsi qualifiés :
- « être le
président de l’Organisation syrienne de défense des droits humains, qui a
été créée sans autorisation officielle et sans l’aval de l’ordre des
avocats » ;
- « avoir
amené cette organisation à conduire ses activités de façon dommageable
pour la Syrie » ;
- « avoir
rendu publiques des informations fausses et déformées qui portent
atteinte à l'État et à sa réputation à l’étranger » ;
- « avoir
assisté aux procédures de la
Cour suprême de sûreté de l'État et recueilli des
informations sur celles-ci sans être l’avocat des personnes concernées
par ces procédures », et par conséquent,
- « avoir
enfreint les dispositions juridiques régissant cette profession ainsi que
les règles internes [de l’ordre des avocats], et avoir porté
atteinte à la dignité, à l'honneur et aux traditions de cette
profession. »
Les motifs invoqués
par le barreau syrien pour la radiation de Mohannad
Al-Hassani sont ainsi exclusivement tirés de
ses activités de défenseur des droits de l'homme qu’il a menées en
assistant, pour en rendre compte, au procès de personnes traduites devant
la Cour
suprême de sûreté de l'État, instance dont les procédures sont loin
d’être conformes aux normes internationales d’équité.
Les avocats de Mohannad Al-Hassani envisagent
maintenant de faire appel de la décision prise par le barreau de Damas
auprès d’un mécanisme de réexamen de l’ordre national des avocats.
La procédure
disciplinaire contre Mohannad Al-Hassani a débuté le 2 août, peu après qu’un
juge d’instruction, l’eût inculpé d’« atteinte au sentiment
national » et de « diffusion de fausses nouvelles
susceptibles de porter atteinte au moral de la nation et de nuire à la
réputation de l’État à l’étranger ».
Les 18 et 25 août
2009, Mohannad Al-Hassani
avait été convoqué, menotté devant le Conseil du barreau de Damas et
accusé d’être à la tête d’une organisation illégale, d’avoir assisté à
des sessions du Tribunal Suprême pour la Sécurité de l’Etat
pas en sa qualité d'avocat, ainsi que d’avoir diffusé des informations
fausses et exagérées qui pourraient causer du tord à l’Etat. L’affaire
avait été reportée au 1er septembre 2009.
Mohannad Al-Hassani est actuellement en détention provisoire
dans la prison d’Adhra, près de Damas.
Pour de plus amples
informations, veuillez vous reporter à la lettre ouverte publiée par Amnesty International le 6 novembre 2009 et
intitulée Open Letter to Syrian
Bar Association: Concerns at the disciplinary
trial of Mr. Mohannad al-Hassani
before the Syrian Bar Association (Index AI : MDE
24/031/2009).
RAPPEL : Mohannad Al-Hassani, avocat est le
président de la
Syrian Human
Rights Organisation, SHRO (Organisation
syrienne pour les droits humains) – « Sawasiah ». Il a été notamment
l’avocat de l’économiste et figure de proue du mouvement démocratique
syrien, Aref Dalila, libéré en août 2008, après
sept ans de détention dans
un centre de détention des services secrets syriens pour
avoir appelé au pluralisme politique et aux libertés publiques dans son
pays
Depuis
la mise en place de la SHRO
en 2004, Mohannad Al-Hassani
a reçu des menaces disant qu'il y aurait des poursuites judiciaires
contre lui et qu'il serait emprisonné car il s'occupe d'une organisation
illégale. Tout comme de nombreuses organisations en Syrie, la SHRO n'a pas reçu la
permission de s'enregistrer légalement. En 2007, il avait fait l’objet
d’une interdiction de sortie du territoire syrien, comme d’autres avocats
parmi lesquels, Radif Mostafa,
le président du Kurdish Committee for Human Rights. Mahmoud Maree and Ahmed Manjonah avocats travaillant avec Arabic
Human Rights
Organisation en Syrie ou Seren Khoury, un avocat
indépendant
Le
23 juillet 2009, Mohannad Al-Hassani
a reçu un appel de la direction des services de renseignement public
(Public Intelligence Directorate, PID), « Al-Mukhabrat Al-Amma »,
qui lui demandait de se rendre à une réunion le 26 juillet, avec un haut
responsable de la sécurité. Pendant les deux jours qui ont suivi la
rencontre, Mohannad Al-Hassani,
a été convoqué à plusieurs reprises au PID. Lors de la dernière
rencontre, le 28 juillet 2009 à 19h00, il a été arrêté et placé à
l'isolement.
Quelques
jours avant, dans la matinée du 19 juillet 2009, Mohannad
Al-Hassani faisait partie des nombreux avocats
qui assistaient à l'audience de dix prévenus devant la Cour de Sécurité de
l'Etat (State Security Court, SSC). A 13
heures, juste après la fin de l'audience, Mohannad
Al-Hassani allait entrer dans la cafétéria du
tribunal lorsqu'un employé du SSC lui a pris de force son carnet de notes
et a déchiré les pages où il parlait de l'audience du jour.
Muhannad Al-Hassani a immédiatement rapporté l'incident au
responsable de la SSC,
en présence d'autres membres de la Cour. Le responsable du SSC a convoqué
l'employé et l'a réprimandé pour avoir « harcelé un avocat en
service et pris ses papiers personnels ». L'employé a déclaré avoir
agi sur ordre du Procureur général de la Cour.
Le
Procureur général du SSC, Habib Najma, qui
était présent, a confirmé avoir donné l'ordre, expliquant que Mohannad Al-Hassani avait
tenté de trahir la confidentialité de la SSC. Habib Najma a lu certaines notes confisquées et a affirmé
que ces informations seraient bientôt diffusées sur Internet.
Muhannad Al-Hassani a déclaré que les sessions du tribunal
sont ouvertes, qu'il y assistait en tant qu'observateur des droits
humains et qu'il n'avait violé aucune loi ou règle. Le juge de la Cour a convenu que la Cour était ouverte,
mais le Procureur général a insisté sur le fait que la publication des
informations trahirait la confidentialité de la SSC et il a menacé
d'utiliser ces notes afin de poursuivre Mohannad
Al-Hassani . Le représentant du Ministère de la Justice, qui était
aussi présent, a réprimandé Mohannad Al-Hassani et lui a demandé de ne pas faire toute une
histoire de cet incident. Mohannad Al-Hassani a accepté, à condition qu'on lui rende ses
papiers et qu'il ne soit plus harcelé. Ces notes ne lui ont pas été
rendues.
Selon
les militants des droits de l’homme, des milliers de prisonniers
politiques sont détenus sans procès en Syrie. Lors du "printemps de
Damas", intellectuels et opposants syriens avaient exhorté le
président, Bachar Assad,
qui venait de succéder à son père, à mettre fin à plusieurs décennies de
règne du parti Baas.
AGISSEZ AU PLUS VITE !
LETTRE
ENVOYEZ UNE LETTRE A
L'ATTENTION DE:
Mr. Nizar Assakkef,
President of the
Syrian Bar Association
Syrian Bar Association
Mayssaloun Street
Ministry of Economic Building
PO Box 7541
Damascus, Syria
Tel: +963 (11) 245 8385
Mr. Mohammad Jihad
Al-Lahham,
President of the
Damascus section of the Syrian Bar Association
Damascus Bar Association,
Damascus-near Cham Palace
Hotel-5th floor,
Damascus,
Phone: +963 11 2229517
Fax +963 11 2222514
LETTER
[Your name here]
Dear Sirs,
We have been informed that the Disciplinary Board of the Bar
Association of Damascus has been examining since August, 11, 2009 a case
concerning Mr. Mohanad Al Hassani and might issue its ruling on
November 10, 2009.
As lawyers, we wish to share our strong concern in relation to the
fate of our colleague Mr. Al Hassani, a human rights lawyer, President of
the Syrian Organization for Human Rights “Sawasiya” and member of the
Damascus Bar Association for 15 years.
Mr. Al Hassani is accused of having failed to request the
President of the Bar Association’s authorisation to create the
above-mentioned human rights organisation, of having attended hearings
before the Supreme State Security Court (SSSC) within the framework of
his judicial observation activities related to the respect of
international standards on fair trial in the absence of any
authorisation, and of having expressed slanderous comments undermining
the image of the State.
We are aware that Mr. Al-Hassani is also facing criminal charges
brought against him by an investigating judge at the end of July for
allegedly “weakening national sentiment” and “spreading false information
that could debilitate the morale of the nation and harm the reputation of
the state abroad”.
Such charges have been frequently used by the judiciary to target
human rights defenders and political dissidents, and we consider them
politically motivated. The fact that the Bar Association’s referral of
the case of Mr. Al-Hassani to its disciplinary board occurred within a
week and was based on similar grounds is therefore of particular concern
to us.
The role of the Bar Association is to defend the role of lawyers
in the society, in particular in their capacity as human rights
defenders, and to promote debates on the law and its implementation. Bar Associations, and in the first row the Syrian Bar
Association, - which is proud to be one of the oldest and most
prestigious legal associations in the Arab world - should ensure that lawyers are not
harassed or persecuted for carrying out their legitimate work as lawyers
or for exercising their right to freedom of expression.
Lawyers have the right to raise
concerns about the fairness of trials or other legal proceedings. It is
also important that members of the legal profession pay particular regard
to exceptional and special courts that operate outside the civilian
judicial system and its rules and procedures. “Muhannad Al- Hassani has
performed his legal functions in accordance with recognised professional
duties, standards and ethics.
The disbarment of Al-Hassani also
constitutes an overall attack on the legal profession in Syria and its
independence. Under international standards relating to the
independence of lawyers and the role of human rights defenders, including
as contained in the United Nations (UN) Declaration on Human Rights
Defenders, adopted by the UN General Assembly on December 9, 1998 and to
the UN Basic Principles on the Role of Lawyers adopted in September 1990.
Article 16 of the Basic Principles provides that lawyers must be “able to
perform all of their professional functions without intimidation,
hindrance, harassment or improper interference” and that they “shall not
suffer, or be threatened with, prosecution or administrative, economic or
other sanctions for any action taken in accordance with recognized
professional duties”.
Without intending to interfere with the competencies or
independence of the Syrian Bar Association we wish to share with you our
strong concerns and urge you to drop all accusations against Mr. Al
Hassani, as they manifestly aim at obstructing his human rights
activities and his right to freedom of expression and association.
We hope that you will take this request into consideration.
Sincerely,
[Signature]
font-size:14.0pt; MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT
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