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Le 18 avril 2008, Me Radhia Nasraoui s’est présentée auprès
des autorités pénitentiaires du quartier de Monplaisir
à Tunis, afin de soumettre des demandes de visites de deux de ses clients
détenus. Plus de trente agents de la police politique l’ont alors chassée
des locaux en proférant des injures à son encontre, et la menaçant de lui
"casser la figure ... encore une fois". Les policiers l’ont
ensuite forcée à monter dans sa voiture, tout en continuant à l’insulter.
Certains d’entre eux ont violemment frappé sur le véhicule, causant des
dégâts notables, alors que d’autres l’ont suivie en moto et en voiture
jusqu’à son cabinet.
Un des ses clients est le journaliste Slim Boukhdhir, qui a été
condamné à un an de prison à la suite d’un procès injuste. Il est
actuellement détenu à la prison de Sfax. Radhia
Nasraoui tentait d’entrer dans le bâtiment
lorsqu’elle a été attaquée par près de 30 policiers. Elle a été victime
de violence physique et verbale; les policiers l’ont encerclé et l’ont
empêché d’entrer dans les bureaux. Elle a été contrainte de retourner à
sa voiture et a été poursuivie par la police jusqu'à chez elle.
Le 26 avril 2008, Me Nasraoui
a porté plainte contre les policiers en question. La veille, la ligne
téléphonique et l’accès internet de Mme Nasraoui
avaient été coupés, au lendemain d’une conversation téléphonique avec des
journalistes étrangers.
En outre, plusieurs de ses clients
continuent d’être fortement découragés de faire appel aux services de Me Nasraoui, à l’instar de mères de détenus, qui ont été
brutalisées et insultées par des policiers en civil le 15 février 2008
par un important dispositif policier alors qu’elles tentaient de se
rendre à son cabinet.
Cette dernière attaque contre Radhia Nasraoui fait partie
d’une campagne de harcèlement, qui cherche à l’empêcher de pratiquer son
métier d’avocate des droits humains. Au cours de sa carrière, Radhia Nasraoui a déjà été
victime d’agression par la police d’attaques physiques brutales. De plus,
son domicile est placé sous surveillance, son téléphone et ses courriels
sont surveillés et régulièrement interceptés par les autorités. Les
membres de sa famille sont aussi victimes de harcèlement et plusieurs de ses
clients ont déclaré que des membres de la police leur ont conseillé de ne
pas faire appel à ses services, et ils n’ont pu se rendre à l’étranger.
Par ailleurs, le 21 avril 2008, la voiture
de l’épouse de M. Taoufik Ben Brik,
membre fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT),
Mme Azza Zarrad, a
été saccagée : les vitres ont été brisées et les rétroviseurs arrachés.
Quelques jours auparavant, le 16 avril 2007, M. Ben Brik avait été
approché par des agents de la police politique qui lui avaient demandé de
"croiser les bras" jusqu’en 2009, année de l’élection
présidentielle, et qui avaient menacé de s’en prendre à sa femme et à sa
famille.
Les événements de ces derniers jours
seraient liés en partie au refus de Mme Zarrad
de poursuivre la procédure de divorce qu’elle avait entamée à l’encontre
de son mari. Le 20 avril 2007, la famille de Mme Zarrad
a en effet reçu un appel téléphonique d’un inconnu affirmant être
"du côté d’Azza", ajoutant que
"le gouvernement [était] prêt à l’aider dans sa démarche, [et que]
le dossier [était] sur le bureau du président Ben Ali". Le
lendemain, Mme Zarrad s’est rendue au poste de
police afin de porter plainte, mais n’a pu obtenir gain de cause.
ACTIONS DEMANDEES :
Ecrire
aux autorités tunisiennes en faveur de Radhia Nasraoui en Tunisie.
Téléchargez ici le modèle de lettre au format word
doc
Ou Recopiez
la lettre ci-dessous
[Votrenom]
Votre
Excellence,
Je voudrais
vous faire part de mes profondes inquiétudes suite à l’annonce de
l’attaque contre la défenseuse des droits humains Radhia
Nasraoui par prés de 30 policiers, le 18 avril
2008. Radhia Nasraoui
est avocate pour les droits humains qui défend les victimes dont les
droits ont été violés. Elle est aussi présidente de l’Association de
lutte contre la torture en Tunisie.
Le 18 avril
2008, aux environs de 10h00, Radhia Nasraoui s’est rendue dans les bureaux de
l’Administration des Prisons à Tunis, pour soumettre une requête
officielle afin d’être autorisée à rendre visite à deux de ses clients
actuellement en prison. Un des ses client est le journaliste Slim Boukhdhir, qui a été
condamné à un an de prison à la suite d’un procès injuste. Il est
actuellement détenu à la prison de Sfax. Radhia
Nasraoui tentait d’entrer dans le bâtiment
lorsqu’elle a été attaquée par prés de 30 policiers. Elle a été victime
de violence physique et verbale ; les policiers l’ont encerclé et l’ont
empêché d’entrer dans les bureaux. Elle a été contrainte de retourner à
sa voiture et a été poursuivit par la police jusqu'à chez elle.
Cette
dernière attaque contre Radhia Nasraoui fait partie d’une campagne de harcèlement,
qui cherche à l’empêcher de pratiquer son métier d’avocate des droits
humains. Au cours de sa carrière, Radhia Nasraoui a déjà été victime d’agression par la police
d’attaques physiques brutales. De plus, son domicile est placé sous
surveillance, son téléphone et ses courriels sont surveillés et
régulièrement interceptés par les autorités. Les membres de sa famille
sont aussi victimes de harcèlement et plusieurs de ses clients ont
déclaré que des membres de la police leur ont conseillé de ne pas faire appel
à ses services et ils n’ont pu se rendre à l’étranger.
Je suis
soucieux pour l’intégrité physique et psychologique de Radhia Nasraoui, mais aussi
pour celle de sa famille et de ses clients.
Je demande
instamment aux autorités Tunisiennes de:
1. Entamer
immédiatement une enquête complète et impartiale sur l’attaque de Radhia Nasraoui ; avec
l’objectif de publier les résultats de cette enquête, ainsi que de
traduire en justice les responsables.
2. Prendre
des mesures afin de garantir que Radhia Nasraoui ait l’autorisation de rendre visite à ses
clients.
3. Prendre
les mesures nécessaires afin de mettre fin à toute forme de harcèlement
contre Nadhia Nasraoui,
mais aussi contre les membres de sa famille, ses associés ou ses clients
;
4. Assurer
que tous les défenseurs des droits humains enTunisie,
et notamment les avocats tels que Radhia Nasraoui, puissent mener à bien leurs actions
légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni
représailles.
Je vous prie
d'agréer l'expression de ma haute considération.
Votre signature
ADRESSES :
·
M. Zine el-Abidine
Ben Ali, Président de la République, Palais de Carthage, 2016 Carthage,
Tunisie, Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009
·
M. Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre,
Secrétariat Général du Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie,
Fax : +216 71 562 378
·
M. Rafik Belhaj Kacem, Ministère de l’Intérieur et du Développement
local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Tunisie, Fax : ++ 216 71
340 888 ; Email : mint@ministeres.tn
·
M. Kamel Morjane, Ministère de la Défense
Nationale, Avenue Bab Mnara,
La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 561 804
·
M. Bechir Tekkari,
Ministère de la Justice et des Droits de l’homme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis,
Tunisie, Fax : +216 71 568 106 ; Email : mju@ministeres.tn
Prière
d’écrire également aux représentations diplomatiques de Tunisie dans vos
pays respectifs
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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