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Selon
les informations reçues, le 14 mai 2008, une saisie arrêt sur les biens et
les comptes bancaires (privé et professionnel) de Me Ayadi a été
effectuée, sans qu’aucune notification préalable ne lui ait été
signifiée, comme l’exige la procédure. Cette saisie a été effectuée sur
la base d’une décision de taxation d’office frappée d' appel, après que inspecteurs
des impôts aient refusé de prendre en considération le fait qu’il
partageait son cabinet avec Me Abbou, lui faisant ainsi assumer toutes
les charges. Me Ayadi avait reçu la notification de la procédure
d’expulsion de son ancien cabinet, engagée depuis février 2006 à
l’instigation du ministère de la Justice.
Les inspecteurs des impôts auraient depuis
lors procédé à ce redressement, alors même que Me Ayadi s’est toujours
acquitté régulièrement de ses redevances fiscales. Ce redressement a été
basé sur une évaluation erronée des dépenses de son ancien cabinet : les
inspecteurs avaient surévalué les loyers alors même qu’ils disposaient
des quittances réelles et Ils avaient en outre considéré que ses dépenses
représentaient 30% de ses recettes et donc estimé ses ressources à
hauteur des 70% restant en y ajoutant les pénalités de retard
correspondant à ces montants « non déclarés ».
Les avocats de Me Ayadi ont fait appel de
cette décision.
Rappel des faits :
Le 14 avril 2007, M. Abderraouf Ayadi a
été agressé par un officier de la police politique devant la salle
d’audience du tribunal de première instance à Tunis, où il se préparait à
plaider dans une affaire où comparaissaient des prévenus en vertu de la
loi anti-terroriste. Me Ayadi a été frappé à coup de pieds par un agent
de police tandis que d’autres agents ont formé un barrage devant la porte
pour l’empêcher d’entrer dans la salle d’audience. Auparavant, Me Ayadi
avait été témoin de l’expulsion par la police politique de M. Ali Ben Salem, vice-président de
l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) et président
de la section de Bizerte de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme
(LTDH), de la salle d’audience, afin de l’empêcher d’observer le procès.
Par ailleurs, une information judiciaire
pour agression sur la personne du chef de poste de Bab Bnet (dont dépend
le Palais de justice) a été ouverte contre Me Abderraouf Ayadi alors que
ce dernier avait été agressé, le 14 avril 2007, par un officier de la
police politique devant la salle d’audience du tribunal de première
instance à Tunis ; il se préparait alors à plaider dans une affaire où
comparaissaient des prévenus en vertu de la loi anti-terroriste. Cette
information judiciaire a été ouverte peu après une audition, le 12
juillet 2007, de Me Abdelfattah Mourou, collègue de Me Ayadi qui était
entendu par le procureur de la République comme témoin de l’agression du
14 avril.
En outre, le 7 juillet 2007, Me Ayadi a
aperçu un homme en train de déposer une enveloppe sur sa boîte aux
lettres, puis s’enfuir précipitamment à son arrivée. Considérant
l’enveloppe suspecte par sa similitude à celle qu’il avait reçue une
semaine auparavant, et qui contenait un photomontage mettant en scène son
épouse, il s’est rendu dans un poste de police, où il a demandé à un
agent de procéder à l’ouverture de l’enveloppe. Cette dernière contenait
un DVD. Devinant que son contenu portait une nouvelle fois atteinte à son
honneur, Me Ayadi à demandé à ce que cet acte soit consigné dans un
procès-verbal afin d’engager une plainte. L’agent a toutefois reçu
l’ordre de sa hiérarchie de ne pas le faire, son chef se prévalant de «
consignes reçues à cet effet » et acceptant tout au plus de consigner les
faits sur un papier volant. Me Ayadi s’est retiré en refusant cette
procédure et en protestant contre son illégalité, laissant l’enveloppe
avec son contenu sur le bureau de l’agent. Une demi-heure plus tard, sa
secrétaire a retrouvé la même enveloppe dans la boîte aux lettres.
Le 1er novembre 2007, alors que Me
Abderraouf Ayadi s’approchait du cabinet de Me Mohamed Ennnouri, alors en
grève de la faim en signe de protestation au refus des autorités de lui
délivrer un passeport, il a été empêché de poursuivre son chemin par
plusieurs policiers en civil, qui l’ont jeté à terre, l’ont insulté et
traîné sur une distance de plus de 800 mètres. Ils l’ont également traité
de « traître » et de « vendu aux Américains », déclarant à la foule qui
s’était rassemblée qu’il était un voleur.
ACTIONS DEMANDEES :
MERCI
d' écrire aux autorités tunisiennes en leur demandant de :
- Garantir
en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Me
Abderraouf Ayadi ;
- Veiller
à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de
harcèlement, y compris judiciaire et fiscal, à l’encontre de Me
Ayadi et de tous les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;
- Se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations
Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1
qui prévoit que “chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, de promouvoir la protection et la
réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux
niveaux national et international”, son article 6(b), selon lequel
“chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux
droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables,
de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées,
informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et
toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2 qui dispose
que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que
les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement
ou en association avec d’autres, de toute violence, menace,
représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou
autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des
droits visés dans la présente Déclaration” ;
- Plus
généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la
Tunisie.
Adresses :
- M.
Zine el-Abidine Ben Ali, Président de la République, Palais de Carthage,
2016 Carthage, Tunisie, Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009
- M.
Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre, Secrétariat Général du
Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71
562 378
- M.
Rafik Belhaj Kacem, Ministère de l’Intérieur et du Développement
local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Tunisie, Fax : ++ 216 71
340 888 ; Email : mint@ministeres.tn
- M.
Kamel Morjane, Ministère de la Défense Nationale, Avenue Bab Mnara,
La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 561 804
- M.
Bechir Tekkari, Ministère de la Justice et des Droits de l’homme,
57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 568 106
; Email : mju@ministeres.tn
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Prière d’écrire également aux
représentations diplomatiques de Tunisie dans vos pays respectifs.
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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