|
Selon les informations reçues de la Ligue tunisienne des droits de
l’Homme (LTDH) , Me Anouar
Kousri, avocat et vice président de la LTDH, a été victime d’actes
d’agression et de harcèlement de la part des autorités policières à
l’aéroport de Tunis-Carthage.
De son côté, Me Samir Dilou, membre de l’Association internationale
de soutien aux prisonniers politiques (AISPP) a été victime d’actes
d’intimidation.
Selon les informations reçues, le 29 juin
2008, un douanier de haut grade de l’aéroport de Tunis-Carthage a demandé
à Me Kousri de se soumettre à une fouille de ses bagages et à un contrôle
de passeport. Ses bagages ont été fouillés, mais le douanier a refusé de
lui rendre son passeport et lui a demandé de le suivre dans une pièce
voisine, pour une fouille au corps complète, ce que Me Kousri a refusé.
Ce dernier est alors resté bloqué par deux
hauts gradés de la douane pendant environ deux heures. Il a ensuite été
encerclé par six policiers en civil qui l’ont intimidé, menacé et
violenté, ce qui lui a laissé des hématomes sur les bras et le haut du
corps. Il a ensuite été emmené de force par deux d’entre eux vers un
réduit sans fenêtres. Dans ce réduit se trouvaient deux autres douaniers
qui l’ont sommé de se soumettre à une fouille au corps. Ayant de nouveau
refusé, il a été libéré après une palpation de poches.
Me Kousri revenait de France et d’Espagne,
où il s’était rendu, sur invitation d’Amnesty International, pour
participer au lancement du rapport de l’organisation sur la Tunisie. Ce
rapport dénonce les violations graves et systématiques des droits de
l’Homme en Tunisie sur la base de la loi anti-terrorisme.
En outre, le 30 juin 2008, le chef du
poste de police de Menzel Jémil s’est présenté à deux reprises au
domicile de Me Kousri sans convocation officielle, pour lui demander de
se présenter au district de police de Bizerte. Me Kousri a rejeté ces
convocations illégales, exigeant une convocation écrite.
Le 1er juillet 2008, Me Kousri s’est
entretenu de façon informelle avec le responsable de la sécurité de la
police de Bizerte, à la demande de celui-ci. Il a alors été interrogé sur
le contenu de ses interventions publiques en Europe, et s’est défendu de
toute déclaration erronée, arguant que tous les faits qui avaient été
exposés dans le cadre de ces événements étaient avérés et de notoriété
publique.
Par ailleurs, selon les informations
reçues, Me Dilou, qui a participé avec Me Kousri à la conférence de
presse tenue par Amnesty International à Paris le 23 juin 2008 pour
présenter le rapport, aurait également été victime d’intimidations
similaires.
L’Observatoire exprime sa préoccupation
quant à ces actes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre de Me
Kousri et de Me Dilou, et considère qu’ils visent uniquement à
sanctionner leurs activités en faveur des droits de l’Homme.
L’Observatoire déplore plus généralement
la détermination constante avec laquelle les autorités tunisiennes
répriment toute personne qui promeut et défend les droits de l’Homme, et
rappelle que conformément à l’article 1 de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des
Nations Unies le 9 décembre 1998, "chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international".
Actions demandées :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir
écrire aux autorités tunisiennes en leur demandant de :
i. Garantir en toutes circonstances
l’intégrité physique et psychologique de Me Anouar Kousri et Me Samir
Dilou ;
ii. Veiller à ce qu’un terme soit mis à
toute forme de menaces et de harcèlement à l’encontre de Me Anouar Kousri
et Me Samir Dilou et de tous les défenseurs des droits de l’Homme
tunisiens ;
iii. Se conformer aux dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement à son article 1 susmentionné, son article 6(b), selon
lequel "chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits
de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier,
communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et
connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés
fondamentales", et son article 12.2 qui dispose que "l’Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de
facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente
Déclaration" ;
iv. Plus généralement, se conformer aux
dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et
instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme
ratifiés par la Tunisie.
Adresses :
- M. Zine el-Abidine Ben Ali,
Président de la République, Palais de Carthage, 2016 Carthage, Tunisie,
Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009
- M. Mohamed Ghannouchi, Premier
Ministre, Secrétariat Général du Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008
Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 562 378
- M. Rafik Belhaj Kacem, Ministère de
l’Intérieur et du Développement local, Avenue Habib Bourguiba, 1001
Tunis, Tunisie, Fax : ++ 216 71 340 888 ; Email : mint@ministeres.tn
- M. Kamel Morjane, Ministère de la
Défense Nationale, Avenue Bab Mnara, La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie,
Fax : +216 71 561 804
- M. Bechir Tekkari, Ministère de la
Justice et des Droits de l’homme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis,
Tunisie, Fax : +216 71 568 106 ; Email : mju@ministeres.tn
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
|