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Le 10 décembre, Mohamed
Abbou, écrivain et avocat des droits de la personne, ainsi que le
journaliste Lotfi Hidouri, ont été empêchés de se rendre à
Beyrouth où ils devaient participer au troisième Forum arabe de la presse
libre. Mohamed Abbou a, encore une fois, été empêché par la police de
l’aéroport de quitter le pays, alors que Lotfi Hidouri a été interpellé à
l’aéroport tandis qu’il s’apprêtait à partir pour Beyrouth. Il a passé la
nuit en prison et doit comparaître devant le tribunal.
Ils étaient censés
participer à un événement spécial où on doit s’attaquer à la censure et
au harcèlement grandissant auxquels se heurtent les journalistes et les
défenseurs de la société civile en Tunisie. La manifestation est animée
par l’Association mondiale des journaux (AMJ) et par le Groupe
d’observation de la Tunisie (TMG) dans le cadre du 3e Forum arabe de la
presse libre. Ce forum se déroule les 11 et 12 décembre sous les auspices
de l’AMJ et du journal libanais « An-Nahar ».
L’AMJ est membre du TMG,
une coalition de 18 organisations associées au réseau de l’Échange
international de la liberté d’expression (IFEX). Beaucoup d’autres
membres du TMG vont prendre part à la table ronde spéciale sur la Tunisie,
qui devait présenter Abbou et Hidouri, ainsi que d’autres représentants
de l’Observatoire pour la Défense de la Liberté de la Presse, de
l’Édition et de la Création (OLPEC), le groupe membre de l’IFEX en
Tunisie. Neziha Rejiba et Sihem Bensedrine de l’OLPEC et du magazine en
ligne Kalima vont également prendre la parole lors de cet événement.
"Il est ironique
qu’à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, les
militants tunisiens aient été empêchés d’assister à une manifestation où
ils devaient s’exprimer", dit le Président du TMG, Rohan
Jayasekera, du groupe Index on Censorship. "Il s’agit clairement
d’une tentative pour les réduire au silence - mais nous n’allons pas
permettre que ces voix ne puissent se faire entendre. De tels incidents
ne font que souligner la nécessité pour le TMG de continuer à suivre la
situation de près et à défendre le respect de la libre expression en
Tunisie".
Le TMG a protesté
récemment contre la censure de l’Internet et le harcèlement des
journalistes et des militants, soulignant que ces attaques s’inscrivent
dans un patron plus étendu d’intimidation des journalistes et des
défenseurs de la liberté des médias que suivent les autorités tunisiennes
pour limiter la liberté d’expression dans le pays.
Pour plus de
renseignements sur les affaires récentes couvertes par le TMG, aller
à : http://campaigns.ifex.org/tmg
RAPPEL : Le 22 octobre 2008, Me
Mohammed Abbou avait été empêché, pour
la quatrième fois depuis sa sortie de prison en 2007, de quitter le
territoire tunisien. Cette fois-ci, la police des frontières a prétexté
qu’il ne possédait pas de document prouvant que sa libération
conditionnelle était arrivée à terme. L’avocat devait se rendre en France
pour enregistrer une émission en direct sur la télévision satellitaire
qatarie Al-Jazira.
"Après
la journaliste Sihem Bensedrine qui avait tenté à deux reprises, en août
dernier, de prendre un avion pour se rendre en Autriche, c’est au tour de
Mohammed Abbou d’être privé de sa liberté de mouvement. La Déclaration
universelle des droits de l’homme stipule que tout individu a droit à la
liberté de circuler, d’entrer et de sortir de son pays. Mais en Tunisie,
accéder au tarmac de l’aéroport Tunis-Carthage est devenu une véritable
épreuve de force pour les voix critiques", a affirmé Reporters sans
frontières.
Me
Mohammed Abbou devait embarquer, le 22 octobre 2008, sur un vol Air
France à destination de Paris. L’avocat était invité par Al-Jazira pour
participer le lendemain à l’émission "En direct avec", diffusée
à 18h00 GMT. "Ma libération conditionnelle a pris fin en août 2008.
Les autorités ne peuvent donc plus utiliser cette excuse pour me retenir
dans le pays. Au lieu d’annoncer clairement que je suis interdit de
quitter le territoire, et souhaitant gagner du temps, la police des
frontières a préféré inventer un nouveau prétexte", a déclaré
Mohammed Abbou à Reporters sans frontières
Me
Mohammed Abbou avait été condamné, en 2005, à trois ans et six mois de
prison au terme d’une mascarade de procès. Il avait été reconnu coupable
d’une agression physique datant de 2002 et d’avoir diffusé "de
fausses informations" sur Internet. Emprisonné en mars 2005, il
avait bénéficié, le 24 juillet 2007, d’une libération anticipée. Peu
après avoir quitté la prison du Kef (à 170 km de Tunis), Mohammed Abbou
s’est investi dans la défense de prisonniers politiques. Il a notamment
fait partie du comité de défense du journaliste Slim Boukhdir, incarcéré
en novembre 2007. (RSF – le 22 10 2008)
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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