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RUSSIE (TCHÉTCHÉNIE)

 

20 janvier 2005

 

«DISPARITION»

de

Makhmut Magomadov

 

 spécialisé dans la défense des droits humains

 

MERCI  D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

 


Le 20 janvier, Makhmud Magomadov, né en 1954, juriste tchétchène spécialisé dans la défense des droits humains, a, semble-t-il, été appréhendé par des hommes armés en tenue de camouflage, à Grozny, la capitale de la Tchétchénie. On est depuis sans nouvelles de lui. Amnesty International pense qu’il risque fortement d’être torturé ou tué.

Selon des sources dignes de confiance, Makhmud Magomadov était allé rendre visite avec sa famille à un ami qui vit dans le district de Staropromyslovski de Grozny, non loin de l’usine de matériel électronique Elektropribor (un bâtiment connu). Ils ont été suivis pendant tout le trajet par une voiture de couleur gris métallisé. À 18 h 30, Makhmud Magomadov est sorti de la voiture, où sont restés sa femme et son fils âgé de six mois, et s’est dirigé, en compagnie de sa fille Iman, âgée de quatre ans, vers un immeuble collectif. À ce moment-là, plusieurs voitures sont arrivées sur les lieux (Amnesty International détient des informations concernant la couleur et les numéros d’immatriculation de ces véhicules) et au moins 15 hommes armés en tenue de camouflage en sont sortis. Ils ont encerclé l’immeuble, fait sortir Makhmud Magomadov et l’ont emmené avec eux à bord d’une Niva blanche, immatriculée GAZ-31029, qui s’est ensuite dirigée vers le centre de Grozny. Ils n’ont pas expliqué ce qui se passait.

Des témoins ont signalé que ces hommes s’exprimaient en tchétchène et selon eux, il s’agissait de Kadyrovtsi, des membres d’une milice armée dirigée par Ramzan Kadyrov, le premier vice-Premier ministre de Tchétchénie. Ramzan Kadyrov est le fils d’Akhmad Kadyrov, l’ancien président russe de la Tchétchénie, qui a été assassiné en mai 2004. Ramzan Kadyrov est à la tête d’un service de sécurité qui serait responsable de graves violations des droits humains, y compris de «disparitions», en Tchétchénie.

Makhmud Magomadov travaille pour l’organisation de défense des droits humains Comité tchétchène pour le salut national. Il effectue des recherches et rédige des rapports sur des cas de violations graves des droits humains commises au cours du conflit armé en Tchétchénie, notamment sur des actes de torture, des «disparitions», des exécutions extrajudiciaires et des homicides de civils commis sans discrimination, afin de les soumettre à la Cour européenne des droits de l’homme. Il a travaillé avec la Fédération internationale Helsinki pour les droits de l’homme et avec les organisations non gouvernementales (ONG) russes Centre international de protection et Mouvement pour les droits humains.

La famille de cet homme aurait reçu des déclarations contradictoires de la part du parquet et de la police du district de Staropromyslovski de Grozny, selon lesquelles Makhmut Magomadov aurait été libéré le 23 janvier. Or, ni ses proches ni ses collègues ne l’ont revu depuis son enlèvement, le 20 janvier, et ils pensent que ces informations ne sont pas dignes de foi.

Le 27 janvier, dans une déclaration sur les récentes violations des droits de l'homme en République tchétchène, la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a évoqué le cas de Makhmut Magomadov et d’autres défenseurs des droits humains travaillant sur la Tchétchénie. Elle s’est dite «particulièrement choquée par la répression exercée contre les défenseurs des droits de l'homme, notamment par l'enlèvement le 20 janvier 2005 de Makhmut Magomadov et la descente opérée le même jour par des agents du FSB dans les locaux de la Société pour l'amitié russo-tchétchène à Nijni Novgorod.»

 

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les combats ont débuté en Tchétchénie en 1994, lorsque les forces fédérales russes y ont été envoyées pour réprimer un mouvement indépendantiste qui avait vu le jour après l’effondrement de l’Union soviétique. Ce premier conflit a pris fin en 1996 mais fin 1999 les forces fédérales russes ont à nouveau lancé des attaques dans la région après une série d’attentats à l’explosif commis à Moscou et dans deux autres villes russes, les autorités russes ayant attribué la responsabilité de ces actes à des groupes séparatistes islamistes en Tchétchénie.

Bien que des responsables russes et tchétchènes favorables à Moscou aient affirmé à plusieurs reprises que la situation était en train de se «normaliser», il ne semble pas que le conflit et les violations des droits humains qui l’accompagnent soient en voie de prendre fin. Depuis le début du conflit armé, les autorités de la Fédération de Russie ont tenté de restreindre la collecte et la diffusion d’informations portant sur la situation des droits humains dans le Nord Caucase. Les défenseurs et les militants des droits humains qui dénoncent la situation dans cette région, ceux qui enquêtent sur les atteintes à ces droits et ceux qui tentent d’obtenir réparation devant la Cour européenne des droits de l’homme sont eux-mêmes devenus de plus en plus fréquemment victimes de graves violations des droits fondamentaux.

 

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en russe ou dans votre propre langue) :

 

– Dites-vous préoccupé par la sécurité de Makhmud Magomadov, juriste spécialisé dans la défense des droits humains qui a été enlevé par des hommes armés en tenue de camouflage, le 20 janvier, dans le district de Staropromyslovski de Grozny ;

 

– demandez qu’une enquête exhaustive et indépendante soit menée sur les allégations selon lesquelles ses ravisseurs sont des membres des forces de sécurités dirigées par le premier vice-Premier ministre de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov ;

 

– si cet homme est détenu par ces forces de sécurité, exhortez les autorités à veiller à ce qu’il soit libéré immédiatement et sans condition ;

 

– demandez instamment aux autorités de mettre fin aux persécutions dont sont victimes les défenseurs et les militants des droits humains dans le Nord Caucase.

 

APPELS À

 

(Veuillez noter que les télécopieurs sont parfois éteints en dehors des heures de bureau. Heure locale : GMT + 3.)

 

Président de la Fédération de Russie :

Vladimir Vladimirovich Putin

Prezidentu Rossiyskoy Federatsii

Kreml, Moskva

Fédération de Russie

Télégrammes : Putinu V.V., Kreml, Moskva, Russie

Fax : +7 095 206 8510 / + 7 095 206 51 73 /

+ 7 095 230 24 08

Courriers électroniques : president@gov.ru

Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président, Procureur général de la Fédération de Russie :

Vladimir Ustinov

General Procuracy of the Russian Federation

Ul. B. Dimitrovka, 15a

103793 Moskva K-31

Fédération de Russie

Fax : +7 095 292 88 48 (si quelqu’un décroche, demandez : «Fax, please.»)

Formule d'appel : Dear Procurator General, / Monsieur le Procureur général,

Procureur de la Tchétchénie :

Vladimir Pavlovich Kravchenko

Procuracy of the Chechen Republic

Ul. Garazhnayia 9b

Grozny, Chechen Republic

Fédération de Russie

Fax : +7 8712 22 31 43 (si quelqu’un décroche, demandez : «Fax, please.»)

+ 7 095 777 92 26 

COPIES À

 

Vladimir Lukin, médiateur de la Fédération de Russie :

Fax : +7 095 207 76 30

 

Ella Pamfilova, présidente du Comité présidentiel des droits humains de la Fédération de Russie :

Fax : +7 095 206 48 55

 

Comité tchétchène pour le salut national :

Courriel : chkns@mail.ru

 

ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Fédération de Russie dans votre pays.

 

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC

EUR 46/002/2005

AU 18/05

ÉFAI

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