Retour page d'accueil

IDHAE INFORMATION

AUTRES APPELS URGENTS IDHAE

OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

Amnesty International

Human Rights Watch Campaigns (HRW)

Centre pour l'indépendance des magistrats et des avocats

Digital Freedom Network

International Freedom of Expression Exchange

Asia Human Rights Alert

Retour page d'accueil

 

TURQUIE

 

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

MENACES DE MORT

CRAINTES DE TORTURE ET DE MAUVAIS TRAITEMENTS

 

 

Harcèlement contre

 

Abdulhekim Gider

avocat

 


 

 Le 1er août, Abdulhekim Gider, avocat, est venu rendre visite au poste de police de Pervari. (département de Siirt), à Abdullah Gündogdu, Tahsin Atak et Ihsan Gülmek qui avaient été arrêtés le 30 juillet, par la police dans l’arrondissement de Pervari. Selon certaines sources, ils sont soupçonnés de complicité avec une organisation armée : le Congrès du Peuple du Kurdistan (Kongra-Gel), ancien Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Tandis qu’il attendait pour voir ses clients, un policier lui a demandé : «Comment peux-tu défendre des traîtres ? C’est une bande de terroristes […] Tu n’as vraiment aucun principe ?»

Quand Abdulhekim Gider s’est entretenu avec Abdullah Gündogdu, celui-ci avait l’air exténué, effrayé et ne tenait plus debout. Il a déclaré qu’on ne lui avait rien donné à manger depuis son arrestation, et qu’on l’avait dénudé puis exposé à un jet d’eau glacée sous pression pendant deux heures et demie, notamment au niveau des reins. Selon son témoignage, on lui a aussi écrasé les testicules et porté des coups à la tête. Tahsin Atak et Ihsan Gülmek, pour leur part, se sont contentés d’indiquer qu’on les avait contraint à jeûner depuis leur arrivée. Néanmoins, ils semblaient également fatigués et apeurés. Par la suite, Tahsin Atak s’est plaint d’avoir été roué de coups au niveau du tronc et des jambes. Quand son avocat lui a rendu visite en prison, il avait apparemment, sur les jambes et les chaussettes, des traces de sang qui témoignaient de ces actes.

Le même jour, l’avocat a cherché à porter plainte pour les actes de torture apparemment subis par Abdullah Gündogdu, mais le procureur de Pervari, peu favorable à cette démarche, aurait essayé de le convaincre de ne pas la mener à bout.

Le 2 août, lorsque l’avocat est retourné au bureau du procureur, un policier aurait braqué son fusil sur lui et déclaré à l’un de ses confères : «je pourrais appuyer sur la gâchette accidentellement». Plus tard dans la journée, l’avocat est retourné au commissariat pour s’entretenir avec ses clients mais, selon son témoignage, sept ou huit policiers, dont le commissaire, lui ont barré l’accès au bâtiment. Ces derniers l’ont encerclé et l’ont, semble-t-il, insulté et menacé en raison de la plainte pour actes de torture qu’il avait déposée contre eux. Après s’être adressé à un policier de haut rang qui se rendait alors au commissariat, Abdulhekim Gider a été autorisé à voir ses clients. Lorsqu’il a quitté le commissariat, un des policiers qui l’avaient menacé lui a dit : «À partir de maintenant, ton boulot ne sera plus une partie de plaisir». Quand Abdulhekim Gider a demandé ce qu’il voulait dire par là, l’agent a répliqué : «Va-t’en ! Je veux plus te revoir. Un accident est vite arrivé, et tu vas avoir des ennuis.»

La police a exercé des pressions sur les proches des détenus afin qu’ils changent d’avocat. Depuis, des policiers de Pervari auraient à nouveau menacé Abdulhekim Gider. Des groupes de policiers l’auraient pris en filature, et des voitures de patrouille auraient surveillé les bâtiments où il se réunissait avec les familles de ses clients.

page precedente haut de la page page suivante

-->