IDHAE
bservatoire Mondial des Droits de la
Défense et des violations des droits des avocats
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CHINE – 24
mars 2012 Gao Zhisheng Le retour (dans la prison du Xinjiang)
du célèbre « disparu ».
Gao
Zhisheng a été l’énigme de ces deux dernières années. On le croyait à jamais
disparu. Dans les derniers jours de 2011, pourtant, les médias d'Etat avaient
publié un communiqué laconique annonçant que Gao avait été renvoyé en prison
pour trois ans parce qu'il aurait enfreint les conditions de sa probation. Le
célèbre « disparu » était redevenu un « détenu ». Il
était vivant, et l’on en venait presque à concevoir cela comme un mieux. Pour
le surplus, ce n’était plus qu’une mesure arbitraire de plus dans la longue
persécution subie par Gao. Comment Gao avait-il pu enfreindre son régime
probatoire alors qu’il avait été continuellement en garde à vue ? En
janvier 2012, son frère, Gao Zhiyi, avait été informé que Gao était dans une
prison du comté de Shaya, dans le Xinjiang. Le 24 mars 2012, pour la première
fois, Gao Zhisheng a pu recevoir la visite de son frère Gao Zhiyi et de son
beau-père, Geng Yundi. Une visite très encadrée. Des agents de sécurité ont
escorté les deux membres de sa famille de la province du Shaanxi jusqu’au
Xinjiang. Là, la rencontre a duré 30 minutes, assis un tabouret, sous la
surveillance étroite de la police, à travers l’épaisse vitre de protection de
la prison et par le truchement d’un récepteur de téléphone. Selon
son épouse, Geng He, en exil en Californie avec deux enfants du couple, Gao
Zhisheng était très pâle, comme quelqu'un qui n'a pas été au soleil pendant
des années, mais semblait en bonne santé. Avocat
célèbre jusqu'à ce qu'il se charge d’affaires politiquement délicates, Gao
Zhisheng a renoncé, en 2005, à son adhésion au Parti communiste et critiqué
le gouvernement dans des lettres ouvertes demandant aux dirigeants chinois de
mettre fin à la persécution du Falun Gong. Il a été privé de sa
licence d’avocat puis arrêté le 15 août 2006 dans la province de Shandong. Il
a été condamné le 22 décembre 2006, pour « incitation à la
subversion », à la peine de trois ans de prison ferme, « assortie
d'un sursis de cinq ans et la privation de ses droits civiques pendant un
an ». En février 2007, Gao Zhisheng avait été libéré mais maintenu en
résidence surveillée de façon constante. Il avait été interpellé à son
domicile, le 4 février 2009 et la police avait annoncé à sa famille, en
septembre 2009, qu’il avait « disparu ». (Voir 150 avocats,
2012, p.33).
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