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IDHAE INFORMATION
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Des menaces ont été proférées à l’encontre de Me Amine
Sidhoum Abderramane, avocat algérien et défenseur des droits de
l’Homme, membre de l’ONG SOS Disparus, lors de la 39ème session de
la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), qui se
tient à Banjul (Gambie) du 11 au 25 mai 2006. Selon les informations reçues, le 12 mai 2006, à la veille
de son intervention au nom de la FIDH sur la situation des droits de l’Homme
sur le continent, portant notamment sur les conséquences de l’adoption de la
Charte de réconciliation nationale en
Algérie, M. Sidhoum a été menacé par un représentant de la délégation
algérienne, afin de le dissuader de s’exprimer devant la Commission. Celui-ci
a tenu à lui « rappeler » que s’il persistait à présenter son
intervention, il serait « passible de trois à cinq ans de prison dès
[son retour] en Algérie ». Du fait de ces menaces, M. Sidhoum n’a pu
intervenir oralement le 13 mai 2006. Les menaces de ce représentant officiel se fondent sur
l’article 46 de l’ordonnance du 27 février 2006, portant sur la mise en œuvre
de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Cette ordonnance
prévoit en effet une peine allant de trois à cinq ans d’emprisonnement et une
amende de 250 000 à 500 000 dinars algériens (environ 2830 à 5660 euros) pour
« quiconque qui, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte,
utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour
porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et
populaire, fragiliser l’Etat, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont
dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan
international ». L’Observatoire exprime sa vive préoccupation au regard de
ces faits qui illustrent une fois encore le contexte d’intimidation et de
harcèlement auquel sont confrontés les défenseurs algériens, notamment
lorsqu’il s’agit de défendre les droits des familles de disparus. Par
ailleurs, ces menaces confirment le risque d’une utilisation abusive de
l’ordonnance de mise en vigueur de la Charte, en vue de criminaliser tout
débat public portant sur le conflit algérien. L’Observatoire s’inquiète
d’autant plus de ces menaces qu’elles se sont déroulées dans le cadre de la
CADHP, une enceinte dont le mandat est dédié à la protection des droits de
l’Homme. De plus, l’Observatoire rappelle que l’Algérie, qui a été élue au
sein du nouveau Conseil des droits de l’Homme des Nations unies le 9 mai
dernier, s’est engagée publiquement en mars 2006 à prendre plusieurs
engagements en faveur de la protection et de la promotion des droits de
l’Homme si elle était élue au sein de ce Conseil, notamment « en
plaidant pour un traitement égal des droits de l’Homme [...] et [en
privilégiant] le dialogue et la concertation […] ». L’Observatoire souligne que ces menaces s’inscrivent en
violation flagrante des dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies
le 9 décembre 1998, en particulier son article 5c qui prévoit qu’
« afin de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés
fondamentales, chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d’autres, de communiquer avec des organisations non gouvernementales ou
intergouvernementales », et son article 6b qui stipule que « chacun
a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, [...] de
publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations
et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés
fondamentales ». Actions demandées : L’Observatoire vous prie d’écrire aux autorités
algériennes et de leur demander de : i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique
et psychologique de M. Amine Sidhoum Abderramane ; ii. Mettre un terme immédiat à toute forme de harcèlement
à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de tous les défenseurs des droits de
l’Homme algériens ; iii. Se conformer aux
dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, et
plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection
et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux
niveaux national et international”, son article 12.2, qui dispose que “l’Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec
d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto
ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” et ses articles
5c et 6b sus-mentionnés ; iv. Plus généralement, se
conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de
l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de
l’Homme ratifiés par l’Algérie. Adresses : - M. Abdelaziz Bouteflika,
Président de la République, Présidence, El-Mouradia, Alger, Tél : 00 213 21
69 15 15 ; Fax : 0 21 69 15 95 - M. Farouk Ksentini, Président
de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, Avenue
Franklin Roosevelt, Allée du Peuple, 16000 Alger, Tél : +00 213 (0) 21230311
/ 230214; - M. Amar Saadani,
Président de l’Assemblée populaire nationale , 18 boulevard Zirouf Youcef,
16000 Alger, Tél : 00 213 021 73 86 00 / 10 - M. Noureddine Yazid Zerhouni,
Ministre de l’Intérieur, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités
Locales, de l’Environnement et de la Réforme Administrative, Rue
du Docteur Saâdane, Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 73 23 40 / 00 213 (0) 21 73
23 48 / 00 213 (0) 21 73 12 00 00 213 ; Fax : (00 213 0) 21 92 12 43 - M. Tayeb Belaiz, Ministre de
la Justice, Ministère de la Justice 08, Place de Bir - Hakem. El-Biar,
Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 92 16 08 ; Fax : 00 213 (0) 21 74 76 64 |
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