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Maria
Aparecida Denadai, avocate exerçant son activité dans l’État d’Espírito Santo,
est à nouveau en grand danger, car la protection que lui fournissait la
police fédérale vient de lui être retirée sans explication.
Selon les témoignages reçus, Maria Aparecida Denadai reçoit des menaces de
mort persistantes et subit des actes d’intimidation liées à l’enquête sur
l’assassinat en 2002 de son frère, l’avocat Marcelo Denadai. Celui-ci avait
rassemblé des preuves de la corruption de certaines personnalités politiques
et était sur le point de les révéler quand il a été assassiné. Depuis, cinq
autres personnes, agissant comme témoins dans cette affaire, ont aussi été
tuées.
À la suite d’une Action urgente d’Amnesty International datée de
janvier 2006 et de l’examen de cette affaire par la Commission
interaméricaine des droits de l’homme, la police fédérale avait fourni une
protection à Maria Aparecida Denadai et à sa famille. Dans une lettre datée
du 2 mars 2006, l’ambassadeur brésilien en Irlande a déclaré que «le
gouvernement brésilien est au courant des menaces qui pèsent sur Mme Denadai»
et que «sa fille et elle sont sous protection policière depuis le 18
février [2006].»
Le gouvernement brésilien a donc reconnu la réalité des menaces qui pèsent
sur Maria Aparecida Denadai, mais selon les informations fournies par Maria
Aparecida Denadai elle-même, le 24 février, la police fédérale a retiré la
protection qui lui avait été accordée, à elle et sa famille. Elle n’a reçu
aucune explication de la police fédérale ou du gouvernement fédéral.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
À la suite de sa visite au Brésil en septembre-octobre 2003, la rapporteuse
spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires écrivait dans
son rapport final que la situation dans l’État d’Espírito Santo présentait un
«exemple frappant» de l’activité d’escadrons de la mort infiltrés au
plus haut niveau des corps législatifs, judiciaires et exécutifs de l’État.
En 2002, une commission des droits humains dirigée par le ministre de la
Justice a recommandé que le gouvernement fédéral intervienne dans l’État
d’Espírito Santo. Mais cette recommandation a été rejetée par le Procureur
général de la fédération brésilienne et, à la suite de discussions avec le
président d’alors, Fernando Henrique Cardoso, une commission mixte avec des
représentants de l’État fédéral et de l’État d’Espírito Santo a été chargée
d’enquêter sur les violations systématiques des droits humains, le crime
organisé et l’impunité. Cette enquête a abouti à l’incarcération de plusieurs
figures connues du crime organisé, y compris des hommes politiques, des officiers
supérieurs de la police et même des juges.
En 2003, le président nouvellement élu, Luiz Inácio Lula da Silva, a promis
de continuer la lutte contre le crime organisé et les violations des droits
humains dans l’État d’Espírito Santo. Mais l’incapacité durable des autorités
à boucler les enquêtes entreprises dans d’importantes affaires d’assassinat
et à protéger les témoins, ajoutée à une information récente faisant état de
la mise sur écoute d’un important média d’information font de plus en plus douter
de la volonté réelle de l’État fédéral et de l’État d’Espírito Santo de
combattre le crime organisé. Le récent remplacement de chefs d’équipes
d’enquêteurs aurait aussi joué un rôle négatif dans cette affaire.
En mars 2003, le juge Alexandre Martins de Castro Filho était assassiné à la
suite de l’enquête qu’il avait menée sur la base des témoignages alléguant
que des personnes incarcérées étaient temporairement libérées pour commettre
des assassinats. Il n’y a encore eu aucune inculpation relative à l’assassinat
du juge, ni dans l’affaire Marcelo Denadai. Ces faits s’inscrivent dans une
longue tradition d’impunité pour les auteurs de crimes visant ceux qui
luttent contre la corruption et pour la défense des droits humains dans
l’État d’Espírito Santo.
ACTION
RECOMMANDÉE :
dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux
destinataires mentionnés ci-après (en portugais, en français ou dans votre propre langue)
:
– demandez aux autorités fédérales pourquoi les mesures de protection accordées
à Maria Aparecida Denadai lui ont été retirées à partir du 24 février 2006 ;
– exhortez le gouvernement fédéral à assurer de nouveau la protection de
Maria Aparecida Denadai, comme elle en a exprimé le souhait, et ce, dans les
plus brefs délais ; demandez-lui aussi d’ouvrir une enquête publique et
approfondie sur les menaces dont elle fait l’objet et d’en traduire les
responsables devant la justice ;
– dites-vous préoccupé par l’incapacité durable des enquêteurs chargés des
investigations sur l’assassinat de Marcelo Denadai et celui du juge Alexandre
Martins de Castro Filho et soulignez la longue tradition d’impunité dont
bénéficient les assassins de ceux qui luttent contre la corruption et pour
les droits humains dans l’État d’Espírito Santo ;
– demandez aux autorités fédérales et à celles de l’État d’Espírito Santo
quelles mesures elles ont déjà prises et continueront à prendre pour faire en
sorte que des enquêtes soient ouvertes sur les allégations persistantes
concernant le crime organisé et les assassinats et que les responsables
soient traduits en justice ;
– exhortez les autorités de l’État d’Espírito Santo et de l’État fédéral à
veiller à ce que les défenseurs des droits humains soient en mesure de
dénoncer les violations de ces droits sans crainte d’être menacés ou d’être
victimes d’actes d’intimidation.
APPELS À
Ministre fédéral de la Justice :
Exmo. Ministro da Justiça
Dr Márcio Thomaz Bastos
Esplanada dos Ministérios, Bloco «T»
70712-902 Brasília – D.F., Brésil
Fax : + 55 61 3322 6817
Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Ministre,
Secrétaire fédéral aux Droits humains :
Exmo. Secretario Especial de Direitos Humanos
Sr. Paulo Vannuchi
Esplanada dos Ministérios - Bloco «T»
70064-900 - Brasília – DF, Brésil
Fax : +55 61 3226 7980
Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Secrétaire
fédéral,
Gouverneur de l'État d'Espírito Santo :
Exmo. Governador de Espírito Santo
Sr. Paulo César Hartung Gomes
Palácio Anchieta – Praça João Clímaco, s/n°
Cidade Alta, 29015-110, Vitória – ES, Brésil
Fax : + 55 27 3223 0815
Formule d'appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Gouverneur,
COPIES À
Ordre des avocats du Brésil :
Ordem dos Advogados do Brasil - Espírito Santo
Rua Soldado Abílio dos Santos, N° 9
29015-620, Vitória -
ES, Brésil
Commission justice et paix :
Comissão Justiça e Paz
Rua Soldado Abílio dos Santos, 47, CEP 29015 620
Cidade Alta - Vitória
ES, Brésil
ainsi qu’aux représentants diplomatiques
du Brésil dans votre pays.
MERCI D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
DOCUMENT
PUBLIC
AMR 19/014/2006
Action complémentaire sur l’AU 18/06 (AMR 19/004/2006 du 20 janvier 2006)
ÉFAI
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