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PEROU 

MENACES DE MORT

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

Gloria Cano 

 

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avocate

Plusieurs employés de l’Asociación pro Derechos Humanos (APRODEH, Association pour les droits humains)

 

 


Gloria Cano, une avocate travaillant pour l’Asociación pro Derechos Humanos (APRODEH, Association pour les droits humains), a récemment reçu des menaces de mort. Celles-ci semblent liées au fait qu’elle représente les familles de trois membres du groupe armé d’opposition Movimiento Revolucionario Túpac Amaru (MRTA, Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru) qui, selon les informations recueillies, avaient été sommairement exécutés en 1997, au cours d’une opération militaire destinée à secourir 72 civils pris en otage dans la résidence de l’ambassadeur du Japon. L’ancien président Alberto Fujimori était alors au pouvoir. Ces menaces s’inscrivent dans une série d’actes d’intimidation dirigés contre l’association de défense des droits humains.

 

Le 20 octobre 2004, alors qu’elle se trouvait dans les locaux de l’APRODEH, à Lima, Gloria Cano a reçu un message SMS sur son téléphone portable, qui disait : «Salut la salope, on est en prison, méfie-toi même de ton ombre, tu vas retrouver le terroriste en enfer.»

 

Deux jours après, Gloria Cano et d’autres défenseurs péruviens des droits humains se sont rendus aux États-Unis pour comparaître devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme. Ils y ont fait état de la situation des droits humains au Pérou. À son retour, le 25 octobre, l’avocate a déposé une plainte au bureau du procureur général pour les menaces dont elle avait été la cible. La Commission a demandé à être informée des mesures prises par les autorités péruviennes en vue d’enquêter sur ces menaces.

 

Gloria Cano a reçu ces menaces le lendemain de la publication d’un communiqué de presse de l’APRODEH, dans lequel l’association se disait préoccupée par la libération de Vladimiro Montesinos (principal conseiller du président et ancien chef des services de renseignements), de Nicolás Hermoza Ríos (ancien chef du Commandement unifié des forces armées) et de Roberto Huamán Azcurra (ancien chef du Service de renseignements de l'Armée), qui occupaient ces fonctions sous le gouvernement de l’ancien président Alberto Fujimori. Ces trois hommes étaient maintenus en détention depuis dix-huit mois en raison de leur rôle présumé dans l’exécution extrajudiciaire des trois membres du MRTA en 1997, au cours de l’opération militaire mentionnée plus haut. Leur procès a été retardé, notamment en raison d’un conflit de compétence entre les tribunaux civil et militaire, si bien que les accusés ont dépassé la durée maximale de détention provisoire autorisée par la loi et qu’ils ont dû être relâchés avant leur condamnation. Gloria Cano représente les familles des victimes depuis 2001. Amnesty International considère les menaces qu’elle a reçues comme une manœuvre d’intimidation contre l’APRODEH, dont le but est de contraindre cette association à abandonner l’action qu’elle mène pour obtenir que justice soit rendue aux victimes et que la vérité éclate au grand jour.

 

En janvier 2003, une vingtaine d’individus ont cerné, insulté puis battu Gloria Cano devant les locaux de l’APRODEH. Cette agression semble liée à la campagne lancée par cette association le 23 janvier 2003 pour obtenir qu’Alberto Fujimori soit extradé du Japon, mais selon certaines sources, elle n’a pas fait l’objet d’une enquête officielle.

 

INFORMATIONS GÉNÉRALES

 

En mai 2004, les 142 militaires qui ont participé à l’opération destinée à secourir les 72 otages détenus dans la résidence de l’ambassadeur du Japon en 1997 ont tous été acquittés par un tribunal militaire des accusations d’exécutions extrajudiciaires qui pesaient contre eux. Selon les informations recueillies, au moins trois membres du MRTA avaient été sommairement exécutés au cours de l’opération. D’après certains témoignages, dont celui d’un des otages, et selon des éléments médicolégaux, les militaires ont abattu certains membres du MRTA alors qu’ils s’étaient rendus.

 

Dans le passé, des membres de l’APRODEH ont été la cible de multiples menaces et actes d’intimidation liés aux campagnes que mène cette association contre les violations des droits humains commises sous le gouvernement d’Alberto Fujimori. Après avoir porté plainte au nom des proches des victimes des homicides perpétrés à l’université de La Cantuta, l’APRODEH avait reçu des menaces de mort et des couronnes mortuaires portant le nom des responsables de l’association.

 

L’APRODEH a porté plainte auprès du bureau du procureur général à la suite de chacune de ces manœuvres d’intimidation. Cependant, il semble que les autorités n’aient jamais mené d’enquête indépendante et impartiale sur ces faits.

 

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

 

– dites-vous préoccupé par le fait que l’avocate Gloria Cano, spécialiste des droits humains, a été menacée de mort le 20 octobre 2004 ;

 

– déclarez-vous inquiet à l’idée que cette attaque ne vise à intimider Gloria Cano et les membres du personnel de l’APRODEH, afin qu’ils abandonnent leur action liée à l’exécution extrajudiciaire présumée de trois membres du MRTA tués lors d’une opération militaire visant à secourir des otages détenus dans la résidence de l’ambassadeur du Japon en 1997, et afin qu’ils renoncent à la campagne qu’ils mènent contre l’impunité ;

 

– demandez aux autorités de vous informer des mesures prises pour répondre aux plaintes déposées par Gloria Cano, et exhortez-les à ouvrir une enquête indépendante et impartiale sur ces menaces et sur son agression, à rendre publiques les conclusions de ces investigations et à traduire en justice les responsables présumés ;

 

– faites part de votre inquiétude quant à la sécurité des membres de l’APRODEH et des autres organisations non gouvernementales qui luttent contre l’impunité dans les affaires de graves violations des droits humains perpétrées par des membres de l’armée et des forces de sécurité ;

 

– exhortez les autorités à veiller à ce que les défenseurs des droits humains ne soient plus victimes de telles manœuvres d’intimidation et à ce qu’ils puissent mener leur action légitime sans crainte de représailles ;

 

? appelez-les à prendre des mesures de protection adaptÚes en faveur de Gloria Cano et des membres du personnel de l’APRODEH.

 

ADRESSES

 

Procureur général :

Dra. Nelly Calderón Navarro

Fiscalía de la Nación

Av. Abancay, cuadra 5 s/n

Lima 1, Pérou

Fax : +51 1 427 1792

Formule d’appel : Sra. Fiscal de Fiscal de la Nación, / Madame le Procureur general, Ministre de la Justice :

Dr. Carlos Gamarra Ugaz

Ministro de Justicia

Ministerio de Justicia

Scipión Llona 350

Miraflores, Lima 18, Pérou

Fax : +51 1 422 3577

Formule d’appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

 

COPIES À

 

Organisation de défense des droits humains

Asociación Pro Derechos Humanos

APRODEH

Jr. Pachacútec 980

Jesús María, Lima

Pérou

Courriers électroniques : postmast@aprodeh.org.pe

Fax : +51 1 431 0477 (si une personne décroche, veuillez dire : «tono de fax, por favor»)

 

ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Pérou dans votre pays.

 

ACTION URGENTE

 

 

DOCUMENT PUBLIC

AMR 46/015/2004

AU 309/04

ÉFAI

Londres, le 12 novembre 2004

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