|
IDHAE INFORMATION
|
|
Chen Guangcheng, 34 ans, avocat autodidacte et aveugle de naissance,
milite depuis longtemps pour les droits des agriculteurs et des personnes
handicapées dans la province du Shandong, a été arrêté à Pékin , le 6
septembre, où il s’était rendu pour s’entretenir avec des avocats, des
journalistes et des diplomates américains. Il a été ramené à Linyi le lendemain et placé en
résidence surveillée depuis lors. Cet avocat autodidacte et aveugle de naissance assiste des
villageois de la province du Shandong dans leur action en justice contre les
autorités locales et milite de longue date en faveur des droits des
agriculteurs et des personnes handicapées. Amnesty International estime que
cet homme est détenu de manière arbitraire et craint qu’il ne soit soumis à
des mauvais traitements, voire des actes de torture. Chen Guangcheng offre ses services à des villageois qui ont
intenté une action en justice contre les autorités de la ville de Linyi,
qu’ils accusent d’avoir enfreint la loi dans leur mise en œuvre de la
politique de contrôle des naissances : selon des résidents de Linyi, à partir
de mars 2005, les autorités locales ont exigé des hommes et femmes parents de
deux enfants qu’ils se fassent stériliser et ont forcé des femmes enceintes
de leur troisième enfant à subir un avortement. Par ailleurs, des personnes
ayant pris la fuite afin d’échapper à ces mesures ont vu leurs proches
arrêtés, battus et retenus en otages jusqu’à ce qu’elles reviennent et se
soumettent à une stérilisation ou à un avortement forcés. Le procès devait
s’ouvrir le 10 octobre, mais il a été reporté. D’après les informations
reçues, seuls quatre villageois maintiennent leurs plaintes, tandis que les
autres ont renoncé après avoir été harcelés et menacés. Chen Guangcheng s’est rendu à Pékin, la capitale, en vue de
s’entretenir avec des avocats, des journalistes étrangers et des diplomates
de l’ambassade des États-Unis au sujet de cette action en justice. Le 6
septembre, il a été arrêté à Pékin par des policiers du Shandong, qui l’ont
ramené à Linyi le lendemain et le maintiennent en résidence surveillée depuis
lors. Sa maison serait cernée par une trentaine d’hommes et plusieurs
voitures. En outre, ses lignes de téléphone fixe et portable ont été coupées
et son ordinateur saisi. Le 4 octobre, Xu Zhiyong, professeur de droit à Pékin, Li
Fangping, avocat dans la capitale, ainsi qu’un autre avocat ont tenté de
rendre visite à Chen Guangcheng et de négocier avec des représentants des autorités
locales afin que son assignation à domicile soit levée. Les juristes se sont
vu barrer l’accès à la maison. Chen Guangcheng aurait réussi à sortir de chez
lui et à leur parler brièvement, avant d’être ramené dans sa maison manu
militari. Selon des informations relayées par Radio Free Asia, une station de
radio basée aux États-Unis, il a été passé à tabac par les hommes postés
autour de son domicile. Lors d’une interview réalisée avant ces événements,
l’épouse de Chen Guangcheng avait déclaré à des journalistes étrangers que
des représentants des autorités locales l’avaient mise en garde au sujet de
son mari, affirmant que sa vie serait menacée tant qu’il poursuivrait son
action en justice. Xu Zhiyong, Li Fangping et l’autre avocat se sont ensuite
entretenus brièvement avec les autorités locales, avant de tenter une
nouvelle fois de se rendre au domicile de Chen Guangcheng. Une trentaine
d’individus leur ont barré la route puis les ont passés à tabac, selon
certaines informations. Les juristes ont par la suite été conduits à un poste
de police où ils auraient été interrogés jusqu’au lendemain et se seraient vu
déclarer que cette affaire concernait des « secrets d’État ». Le jour
suivant, ils ont été ramenés à Pékin. Le 10 octobre, Chen Guangli, le cousin de Chen Guangcheng, et un
autre villageois également nommé Chen auraient été appréhendés. Ils avaient
donné des interviews à des reporters étrangers au sujet de la situation de
Chen Guangcheng. Yu Xuejun, le porte-parole de la Commission nationale de la
population et de la planification familiale (CNPPF), a déclaré sur le site
Internet de la Commission que celle-ci conduirait une enquête sur les «
pratiques illégales » qui auraient cours dans la province du Shandong, et que
les responsables seraient sanctionnés conformément à la loi, qui interdit le
recours à des moyens coercitifs dans le cadre de l’application des politiques
du planning familial. Certains cadres responsables de la mise en œuvre de ces
mesures à Linyi ont été démis de leurs fonctions à l’issue des investigations
préliminaires sur les plaintes déposées. INFORMATIONS GÉNÉRALES En septembre 2002, la Chine s’est dotée d’une nouvelle Loi sur la
population et le planning familial dans le but déclaré d’homogénéiser les
politiques et les pratiques en vigueur sur l’ensemble du territoire et de
garantir le respect des droits des citoyens. Toutefois, la politique de
contrôle des naissances est appliquée essentiellement en fonction des taux de
natalité locaux et sa mise en œuvre repose sur un système de récompenses et
de sanctions sévères. Amnesty International reçoit toujours des informations
faisant état de stérilisations et d’avortements forcés, mais à l’évidence,
peu de cadres ont été sanctionnés ni même traduits en justice pour de tels
agissements. Amnesty International ne prend pas position sur la politique
officielle de contrôle des naissances en Chine, en revanche, elle est
préoccupée par les violations des droits humains qui découlent de son
application par des moyens coercitifs, et qui touchent particulièrement les
femmes. L’organisation est troublée par les informations faisant état
d’avortements et de stérilisations forcés pratiqués ou ordonnés par des
individus occupant des fonctions officielles - notamment des cadres chargés
de la mise en œuvre du planning familial - sur des femmes privées de liberté
ou emmenées de force de chez elles pour subir de telles opérations. Elle
estime que ces actes sont cruels, inhumains et dégradants et qu’ils
s’apparentent à une forme de torture. ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le
plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en
chinois ou dans votre propre langue) : déclarez-vous préoccupé
par le fait que Chen Guangcheng soit en résidence surveillée et demandez que
les restrictions à sa liberté de mouvement soient levées ; dites-vous également
préoccupé par les informations selon lesquelles Chen Guangcheng et des
juristes ayant tenté de lui rendre visite ont été battus, et demandez
instamment qu’une enquête exhaustive et impartiale soit menée et que les
responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice ; exhortez les autorités à
veiller à ce que Chen Guangcheng puisse poursuivre ses activités légitimes de
défenseur des droits humains sans être arbitrairement privé de liberté,
torturé ou soumis à des mauvais traitements ou à d’autres violations de ses
droits fondamentaux. APPELS À : Premier ministre : WEN Jiabao Guojia Zongli The State Council 9
Xihuangcheng Genbeijie Beijingshi 100032 République populaire de Chine Fax :
+86 10 65292345 (via le Ministère des Communications) Formule d’appel : Your
Excellency, / Monsieur le Premier ministre, Gouverneur de la Province du Shandong : HAN Yuqun Daili
Shengzhang Shandongsheng Renmin Zhengfu 1 Shengfuqianjie Jinanshi
Shandongsheng République populaire de Chine Formule d’appel : Dear Governor,
/ Monsieur le Gouverneur, COPIES À : Maire de Linyi : Courriers électroniques : (via le site Internet de la mairie de
Linyi) http://www.linyi.gov.cn/en/contact.asp Ambassade de la République Populaire de Chine Avenue de Tervuren, 463 1160 Bruxelles fax : 02/772 37 45 - 02/762 99 66 - 02/779 28 95 email : chinaemb.be@mfa.gov.cn MERCI D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENTASA 17/037/2005 |
|||