Soraya
Gutiérrez Arguello, présidente de l’organisation non gouvernementale (ONG) Corporación
Colectivo de Abogados "José Alvear Restrepo" (Collectif d’avocats
"José Alvear Restrepo"), a reçu des menaces de mort. Amnesty
International pense que cette femme, ses proches et les autres membres du
collectif sont en grand danger.
Le 13 mai, alors que Soraya Gutiérrez Arguello rentrait chez elle, à Bogotá,
l’agent de sécurité de sa résidence lui a remis un paquet suspect qui avait été
livré par une société de coursiers. De crainte qu’il ne contienne une bombe,
Soraya Gutiérrez Arguello a alerté la police, qui s’est chargée d’ouvrir le
colis.
À l’intérieur, il y avait une poupée décapitée en pièces. Certaines parties de
son corps avaient été brûlées ou recouvertes de vernis à ongle rouge, comme
pour représenter du sang. Une croix avait également été dessinée sur la
figurine, qui portait un message écrit à la main : «Tu as une bien jolie
famille, tu ferais mieux de t’en occuper plutôt que de la sacrifier.»
Le même jour, le quotidien national El Tiempo a diffusé une annonce
censée émaner du Collectif d’avocats "José Alvear Restrepo". Elle
appelait tout étudiant, avocat, psychologue, sociologue ou autres
professionnels à la recherche d’un emploi à contacter l’organisation pour un
recrutement immédiat, et fournissait les numéros de téléphone du collectif.
Les membres de l’ONG estiment que l’annonce contient une menace implicite :
elle suggère en effet que des postes vont bientôt se libérer au sein du
collectif.
Le 14 mai, une autre annonce de recrutement a été diffusée dans le même
journal, appelant cette fois-ci des agents de sécurité à présenter leur
candidature à l’organisation. Le message donnait une heure et un lieu de
rendez-vous pour les personnes intéressées. Le Collectif d’avocats "José
Alvear Restrepo" n’a publié aucune de ces annonces et pense que ce
pseudo-recrutement de vigiles pourrait signifier que l’organisation est
gravement menacée. Qui plus est, le lieu et l’heure du rendez-vous
correspondent à ceux d’une réunion entre des membres du collectif et des
victimes d’atteintes aux droits humains, ce qui montre clairement que l’ONG est
sous étroite surveillance.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
Depuis plusieurs années, le Corporación Colectivo de Abogados "José
Alvear Restrepo" (Collectif d’avocats "José Alvear
Restrepo") s’emploie à faire traduire en justice des membres des forces de
sécurité, y compris des hauts responsables, soupçonnés d’implication dans de
graves violations des droits humains perpétrées directement par les forces de
l’ordre ou à leur instigation, par leurs alliés paramilitaires. Il travaille
sur un certain nombre d’affaires, dont certaines ont été fortement médiatisées,
comme le massacre de Chengue, manifestement perpétré par des paramilitaires, en
2001, et qui s’était soldé par la mort de 26 cultivateurs.
De nombreux avocats spécialisés dans la défense des droits humains ont été tués
en Colombie, et d’autres, craignant pour leur vie, ont été forcés de fuir le
pays. Il est fréquent que des militants soient harcelés, voire tués, après
avoir condamné les violations commises par les forces armées ou par leurs
alliés paramilitaires et s’être efforcés de les faire traduire en justice, ou
de mettre au jour les liens existant entre les forces de sécurité et les
groupes paramilitaires.
ACTION RECOMMANDÉE :
dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la sécurité de Soraya Gutiérrez Arguello, la
présidente de l’organisation non gouvernementale (ONG) Corporación Colectivo
de Abogados "José Alvear Restrepo" (Collectif d’avocats
"José Alvear Restrepo"), qui a reçu des menaces de mort le 13 mai,
ainsi que par celle de ses proches et des autres membres de son organisation ;
– demandez instamment qu’une enquête exhaustive et impartiale soit menée sur
ces menaces ainsi que sur tous les autres cas de menaces visant le collectif,
que les résultats de ces investigations soient rendus publics et que les
responsables présumés soient déférés à la justice ;
– exhortez les autorités à prendre des mesures efficaces en vue de protéger
Soraya Gutiérrez Arguello et sa famille, ainsi que les membres du collectif,
comme ils en ont fait la demande, afin que ces personnes puissent poursuivre
leurs activités légitimes et essentielles en faveur du respect des droits
humains ;
– appelez le gouvernement colombien à s'acquitter pleinement de ses obligations
envers les défenseurs des droits humains, telles qu’elles sont énoncées dans la
Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes
de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés
fondamentales universellement reconnus, adoptée par l’Assemblée générale des
Nations unies le 9 décembre 1998 ;
– priez les autorités d’enquêter sur tous les cas de menaces proférées contre
des défenseurs des droits humains et de traduire en justice les responsables
présumés de tels agissements ;
– invitez le gouvernement colombien à engager un dialogue constructif avec les
défenseurs des droits humains et à aborder la question de leur protection et de
la prévention des agressions dont ils sont la cible.
APPELS À
|
Président
de la République :
Sr. Presidente Álvaro Uribe Vélez
Presidente de la República
Palacio de Nariño
Carrera 8 No. 7-2
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 337 5890
Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président
de la République,
|
Ministre
de l'Intérieur et de la Justice :
Sr. Sabas Pretelt de la Vega
Ministro del Interior y de Justicia
Ministerio del Interior
Av. Jiménez No. 8-89
Bogotá
Colombie
Fax : +57 1 560 4630
Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,
|
Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire]:
Dr. Luis Camilo Osorio
Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B 52-01 (Ciudad Salite)
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2022 / 2000 (un message en espagnol vous priera de composer le
2017)
Formule d'appel : Estimado Dr. Osorio, / Monsieur,
COPIES À
Collectif d’avocats "José Alvear Restrepo" :
Corporación Colectivo de Abogados "José Alvear Restrepo"
AA 33035
Bogotá, Colombie
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays.
DOCUMENT PUBLIC
AMR 23/014/2005
AU 125/05
ÉFAI
Londres, le 16 mai
2005
MERCI D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.