Les dix dissidents ont été jugés
collectivement le 26 avril 2004 à Ciego
de Avila, à 400 km à l'est de La Havane, après deux années de prison
préventive. Ils avaient été arrêtés en mars 2002 après une manifestation pour
exiger l'amélioration du système de santé local, et accusés d'outrage, de
désordre sur la voie publique et de résistance à l'autorité.
Seul prisonnier politique aveugle
connu, l'avocat Juan Carlos Gonzalez Leiva, 39 ans, a été condamné à quatre ans
de prison mais pourra purger le restant de sa peine --deux ans-- assigné à
résidence à son domicile.
"Après avoir passé 26 mois (en
détention préventive) d'isolement et de tortures psychologiques, ils m'ont
accordé de pouvoir terminer ma peine assigné à résidence", a déclaré
l'avocat mardi à l'AFP dans un entretien téléphonique.
"Je me sens un peu ému et je
n'ai pas pu dormir" après le procès, a-t-il ajouté, soulignant: "Je
n'ai pas renoncé à mes idées et je continuerai à servir, comme chrétien, la
défense des droits de l'Homme dans mon pays".
De retour chez lui, il a été reçu
"par un grand nombre d'amis et de voisins" et "pas moins de 40
personnes" se sont retrouvées à son domicile pour le saluer, a-t-il
raconté.
L'avocat était jugé en même temps
que Lazaro Iglesias, Antonio Garcia, Ana Pelaez, Virgilio Mantilla, Odalmis
Hernandez, Enrique Garcia et Delio Requejo, ainsi que les journalistes
indépendants Carlos Brizuela et Lexter Tellez.
Le groupe faisait partie de la
Fondation cubaine des droits de l'Homme pour la province de Ciego de Avila,
organisation interdite par le gouvernement de Fidel Castro.
"Le seul noir de notre groupe,
Virgilio Mantilla, est celui qui s'est vu infliger la peine la plus dure. Ils
l'ont condamné à quatre ans de prison mais en ont rajouté trois en invoquant
qu'il avait eu un mauvais comportement dans la prison", a déclaré l'avocat
dissident.
Les opposants Lazaro Iglesias,
Antonio Garcia, Carlos Brizuela et Lexter Tellez ont été condamnés à des peines
de trois à trois ans et demi de prison, et resteront détenus dans divers établissements
pénitenciaires, a-t-il ajouté.
Delio Requejo, Odalmis Hernanez et
Ana Pelaez ont été condamnés à des peines de deux ans et demi à trois ans de
prison, qu'ils effectueront également assignés à résidence, a-t-il ajouté.
Le système cubain de la "prison
domiciliaire" est l'équivalent de l'assignation à résidence. Le condamné
est soumis à un contrôle permanent des autorités, notamment pour les
autorisations de sortie.
Le procès de Ciego de Villa est le
premier du genre depuis la vague d'arrestations et de procès expéditifs de
mars-avril 2003, qui s'était conclue par la condamnation de 75 dissidents à des
peines de 6 à 28 ans de prison.
L'avocat a encore affirmé: au cours
du procès "ils nous ont privés de défense, parce qu'ici, à Cuba, il
n'existe pas d'Etat de droit".
Source : AFP cd-ple/sb tf
27/04/04 21:05
RAPPEL :
(DI, Jul. 6, 2002) - Juan Carlos González Leiva, président de la Fondation Cubaine de Droits de l'Homme, a été arrêté le 4 mars avec sept activistes de l'organisation qu'il dirige pour avoir effectué une protestation pacifique à faveur du journaliste indépendant Jesús Alvarez Castillo, qui a été roué de coups par des agents du Ministère de l'Intérieur de Cuba. Deux autres journalistes, Lexter Téllez Castro et Carlos Brizuela Yera, ont été arrêtés pendant qu'ils couvraient la nouvelle.
"Les huit activistes de la Fondation Cubaine des Droits de l'Homme, ainsi que les journalistes Lexter Téllez Castro et Carlos Brizuela Yera, ont été roués de coups par des agents de la Sûreté de l'Etat aidés par des effectifs de la Police Nationale et des paramilitaires Brigades de Réponse Rapide de Ciego de Avila..
En dépit du fait qu'il est aveugle, il a été maintenu emprisonné dans une des cellules du DSE dans la province de Holguín. Son épouse, Maritza Calderín Columbié, a fait circuler une note dans laquelle elle dénonce les mauvais traitements infligés à González, à sept autres activistes et à deux journalistes indépendants. Son épouse croit qu'on le torture mentalement. Elle a déclaré que González se trouve déséquilibré mentalement et désorienté.Sur l'état actuel du non-voyant incarcéré, elle a déclaré : "La santé de Juan Carlos continue à se détériorer tous les jours".
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La Coalition de Femmes Cubano-Américaines avait lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle intercède à faveur de l'activiste non-voyant Juan Carlos González Leiva, incarcéré par la police politique de Cuba depuis le 4 mars 2002 : "Le fait d'être aveugle apporte une note d'horreur et d'infamie à cette persécution religieuse et politique contre le docteur González Leiva (il est avocat). Les autorités de la prison lui refusent l'assistance médicale adéquate et ne lui ont même pas remis une Bible en braille que son épouse lui a apportée" - a déclaré Laida Carro, présidente de la Coalition.Madame Carro a ajouté: "Nous faisons une demande d'aide urgente aux autorités religieuses et politiques d'occident pour qu'elles haussent leurs voix pour réclamer la liberté immédiate du docteur González Leiva. Une minute de retard pour coûter la vie de ce militant chrétien. Le gouvernement de Cuba est responsable devant Dieu et devant l'opinion mondiale pour ce qui pourrait lui arriver".
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