Depuis le 21 novembre le procès de
Saleh Ould Hannena et de ses compagnons, 131 militaires mauritaniens arrêtés
dans le cadre du putsch manqué du 8 juin 2003 contre le régime du président
Maaouya Ould Sid Ahmed Taya a lieu
devant la Cour criminelle de Nouakchott. Les présumés putschistes à Wad Nagra
(est de Nouakchott), sont accusés d'"attentat ayant pour but de détruire
et de changer le régime constitutionnel avec usage d'armes, prise de
commandement militaire sans droit ni motif légitime, usage de bandes armées
pour troubler l'Etat avec complot". Le coup d'Etat du 8 juin 2003 avait,
selon un bilan officiel, fait 15 morts et 69 blessés.
A l’approche du procès, les avocats
et les parents de 131 militaires ont été interdits d'accès à la prison, ce qu’a
dénoncé un de leurs avocats, Me Brahim
Ould Ebetty : "Les avocats de la défense ont été empêchés mardi de voir
leurs clients".
Le collectif des avocats de la
défense de avait dénoncé des vices de procédure dans le déroulement de
l'information relative au dossier de leur client. «L'instruction est menée dans
une garnison militaire», a indiqué Me Brahim Ould Ebetty, selon qui cet élément
est de nature à «perturber la sérénité et à porter atteinte à la dignité du
travail du magistrat instructeur».
Le 21 novembre, les avocats
mauritaniens avaient décrété un mouvement de boycottage des juridictions du
pays à la suite de l'incarcération d'un de leurs confrères Me Ould Maham mis
sous mandat de dépôt par le Président
de la Cour criminelle , Mohamed Elhadi Ould Mohamed. Le président de la Cour criminelle à la suite d'un accord avec le
bâtonnier de l'Ordre national des avocats mauritaniens, Me Malainine Ould
Khalifa, a décidé de
"pardonner" à l'avocat Sidi Mohamed Ould Maham.
Selon
les informations reçues, sept femmes membres du Collectif des Familles de
détenus ont été arrêtées le 21 novembre
2004 par la gendarmerie, lors de l'ouverture de la première audience du "
procès
des
putschistes ", présumés auteurs de la tentative de coup d'Etat des 8 et 9
juin 2003, dont elles sont les proches (mères, sœurs ou épouses). Il s'agit de
: Mme El Moumne Mint Mohamed Elemine, Mme Raky Fall (épouse Dia Abderrahmane),
Mme Khadijetou Mint Maghlah, Mme Teslem Mint Oumar et Mme Mariem Mint Neyni,
Mme Fatimetou Mint Khaya
et Mme
Mariem Fall Mint Chenouve.
Le 30
novembre 2004, ces neuf femmes, accusées de " distribution de tracts
" et de " menaces de mort ", ont été transférées à la prison des
femmes de Nouakchott. Toutes les autorisations de visite demandées par leurs
proches ont été refusées. Mme Raky Fall, enceinte, souffrirait depuis le début
de sa détention de maux aux seins.
Le
Collectif des Familles de détenus a été créé en septembre 2003, afin de
défendre les droits des détenus dans le cadre du procès des " présumés
putschistes " et de dénoncer leurs conditions de détention - ces détenus seraient parqués dans des hangars, n'auraient
pas droit de visite, ni d'accès à des soins médicaux ; de plus, de nombreuses violations
ont été recensées dans les procédures. Plus généralement ces femmes défendent
le droit à un procès équitable en Mauritanie, et appellent au respect des
normes internationales en matière de conditions carcérales.
L’IDHAE est très préoccupé par les menaces d'arrestation
pesant sur Me Ebetty et souligne que ces faits
s'inscrivent
en contraction flagrante avec les dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l'Homme adoptée par l'Assemblée générale des Nations
unies, notamment avec ses articles 5
c)
et 9.3c) qui stipulent respectivement que
" chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d'autres, aux niveaux national et international, de communiquer avec des
organisations non
gouvernementales
ou intergouvernementales ", et que " chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d'autres, d'offrir et prêter une
assistance juridique professionnelle qualifiée ou tout autre conseil et appui
pertinents pour la défense des droits de l'Homme et des libertés fondamentales
".
Actions demandées :
Merci
d'écrire aux autorités mauritaniennes et leur demander de :
i.
Garantir l'intégrité physique
et psychologique de Me Brahim Ould Ebetty et prévenir tout acte de représailles
à son encontre ;
ii.
Garantir l'intégrité physique
et psychologique de toutes les femmes membres du Collectif des Familles de
détenus mentionnées ci-dessus ;
iii.
Procéder à leur libération
immédiate et inconditionnelle en raison du caractère arbitraire de leur
détention ;
iv.
Se conformer aux dispositions
de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l'Homme
adoptée le 9 décembre 1998 par l'Assemblée générale des Nations unies,
notamment à son article 1 selon lequel " chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection
et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux
niveaux national et
international ", et à ses
articles 5c) et 9.3c) sus-mentionnés ;
v.
Se conformer en toutes
circonstances aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de
l'Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme liant
la Mauritanie.
Adresses :
-
Président de la république (islamique) de Mauritanie : Maaouiya
OULD
SID'AHMED TAYA, B.P. 184, Nouakchott, Mauritanie - Tel : 00 222
525
2317/525 24 19/525 25
16/ 525
99 91
-
Premier Ministre - M. Saghaïr Ould M'bareck - Tel: 00 222 525 33
37/525
33 39 / 525 33 51
-
Ministre des Affaires étrangères - M.
Mohamed Vall Ould Bellal -
Tel :
00 222 525 26 82/525 27 75/ 525 26 90
-
Ministre de la Justice - M. Diabira Bakary - B.P. 350, Nouakchott,
Mauritanie,
Fax: + 222 525 70 02
-
Ministre de l'Intérieur, des Postes et Télécommunications - M. Kaba
Ould
Alewa - B.P. 195, Nouakchott, Mauritanie, Fax :+ 222 525 36 61
-
Secrétaire d'Etat à la Condition Féminine - Zeinebou Mint Mohamed
Nahah -
Tel : 00 222 525 38 60
- Le
Commissariat aux Droits de l'Homme, à la Lutte Contre la
Pauvreté
- E-mail : dinfo@cdhlcpi.mr
-
Mission de la république de Mauritanie auprès des Nations unies à
Genève,
Av. Blanc 46, CH-1202, Genève, Suisse, e-mail :
mission.mauritania@ties.itu.int,
fax: +4122
906 18
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APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE
MRT 001 / 1104 / OBS 089
Détentions arbitraires / Menace d'arrestation
MAURITANIE
30 novembre 2004