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Selon les informations recueillies, le prisonnier d’opinion Zheng
Enchong, avocat et défenseur des droits humains, 55 ans, a été battu
dans la prison de Tilanqiao, à Shanghai, où il purge une peine de trois ans
d’emprisonnement. Amnesty International craint que cet homme ne soit soumis à
de nouveaux mauvais traitements, voire des actes de torture.
Le 10 décembre, un responsable de l’établissement pénitentiaire a téléphoné à
la famille de Zheng Enchong, afin de l’informer que celui-ci avait «enfreint
un règlement de la prison» et que ses visites familiales mensuelles
étaient suspendues, sans préciser quelle règle avait été violée, ni la durée
de la suspension. La famille a demandé à parler à Zheng Enchong par
téléphone, mais en vain.
Tôt dans la matinée du 14 décembre, des proches de Zheng Enchong se sont
présentés à la prison de Tilanqiao, dans l’espoir d’être autorisés à le voir
ou à lui parler, ou, tout au moins, d’être rassurés quant à sa sécurité et
son état de santé. Toutefois, bien qu’ils fussent entourés d’une
demi-douzaine de représentants de la sûreté nationale, et après avoir passé
de multiples appels aux responsables de l’établissement depuis les portes la
prison et attendu de longues heures, leur demande a été rejetée. Ils n’ont
pas eu le moindre contact avec Zheng Enchong depuis leur dernière visite, le
12 novembre. Amnesty International craint que l’avocat n’ait été battu, et le
fait que les autorités interdisent tout contact avec ses proches est pour le
moins inquiétant du point de vue de sa sécurité et de son état de santé.
Au cours d’une visite le 9 mars 2005, Zheng Enchong a déclaré à sa famille
qu’il avait été battu après avoir demandé du papier pour écrire au
gouvernement central et dresser une liste des personnes mortes après avoir
été contraintes à déménager par les autorités. Les proches de Zheng Enchong
affirment qu’il leur a demandé d’effectuer des démarches auprès des autorités
afin qu’il soit transféré dans une prison hors de Shanghai, car il craignait
de ne pas survivre à sa peine de détention à Tilanqiao.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
Zheng Enchong, avocat à Shanghai, conseillait et représentait des familles
expulsées de force de leur maison, ou insuffisamment indemnisées à la suite
de leur expulsion. Son droit d’exercer lui a été retiré par les autorités
municipales en juillet 2001. Certaines personnes craignaient, à l’époque, que
Zheng Enchong ne soit pris pour cible par des fonctionnaires municipaux
corrompus qui s’enrichissaient en s’associant à des promoteurs immobiliers
fortunés et puissants. Mais Zheng Enchong a continué de donner des conseils
juridiques et, selon certaines informations, il avait représenté ou assisté
plus de 500 familles au moment de son arrestation.
Le 28 août 2003, Zheng Enchong a été jugé à huis clos par le tribunal
populaire intermédiaire n°2 de Shanghai pour avoir «communiqué des secrets
d’État à des entités étrangères». La notion de «secrets d’État» est
définie de manière vague dans la loi chinoise, et les inculpations liées aux «secrets
d’État» sont fréquemment arbitraires ou motivées par des considérations
d’ordre politique. Dans le cas de Zheng Enchong, les éléments de preuve
consistaient en deux télécopies qu’il aurait envoyées à l’organisation Human
Rights in China, basée à New York. Plus d’une centaine de personnes, dont la
plupart avaient bénéficié des conseils juridiques de Zheng Enchong, ont
manifesté devant le tribunal. Zheng Enchong a été déclaré coupable et, le 28
octobre 2003, il a été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement.
Le 9 décembre, l’association des juges allemands a décerné à Zheng Enchong
une récompense au titre de son rôle en tant que défenseur des droits humains,
lors d’une cérémonie à laquelle était convié le président allemand, Horst
Köhler. Jiang Meili, l’épouse de Zheng Enchong, avait prévu de représenter
son mari lors de cet événement, mais elle s’est vu refuser l’autorisation de
quitter le territoire chinois en raison d’un soi-disant litige foncier, dont
elle a été informée soudainement, juste avant son départ. Il est possible que
les passages à tabac dont a récemment été victime Zheng Enchong et la
suspension de son droit de visite aient un rapport avec la distinction qu’il
a reçue.
ACTION
RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en
anglais, en chinois ou dans votre propre langue) :
– déclarez-vous préoccupé par les informations selon lesquelles Zheng Enchong
a été battu dans la prison de Tilanqiao à Shanghai ;
– exhortez les autorités à diligenter une enquête exhaustive et impartiale
sur ces informations et à traduire en justice les responsables présumés ;
– appelez-les à garantir la sécurité de cet homme pendant sa détention et à
veiller à ce qu’il ne soit pas torturé ni soumis à d’autres formes de mauvais
traitements ;
– priez les autorités de s’assurer que Zheng Enchong puisse jouir du droit de
recevoir la visite de sa famille, de consulter un avocat et de bénéficier des
soins médicaux dont il pourrait avoir besoin jusqu’à sa libération ;
– demandez la libération immédiate et sans condition du prisonnier d’opinion
Zheng Enchong, qui est privé de liberté alors qu’il n’a fait que mener ses activités
pacifiques et légitimes de défenseur des droits humains.
APPELS
À
Directeur de la prison de Tilanqiao :
Qiao Liguo Yuzhang
Tilanqiao jianyu
147 Changyanglu
Shanghaishi 200082
République populaire de Chine
Formule d’appel : Dear Director, / Monsieur le Directeur,
Directeur de l’administration pénitentiaire de Shanghai :
Qiao Yesheng Juzhang
185 Fuzhoulu
Huangpuqu
Shanghai city 200002
République populaire de Chine
Courriers électroniques : ysqiao@jyj.shanghai.gov.cn
Formule d’appel : Dear Director, / Monsieur le Directeur,
COPIES
À
Ministre de la Justice :
Wu Aiying
Ministry of Justice
10 Chaoyangmen Nandajie
Chaoyang District
Beijing 100020
République populaire de Chine
Fax : +86 10 65292345
Courriers électroniques : minister@legalinfo.gov.cn
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la République populaire de
Chine dans votre pays.
PRIÈRE
D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
DOCUMENT PUBLIC
ASA 17/047/2005
AU 315/05
ÉFAI
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