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Birtukan Mideksa, avocate et ancienne magistrate, vice-présidente de la CUD, Yakob
Hailemariam, avocat, ancien
envoyé spécial des Nations Unies et procureur au tribunal sur le génocide
rwandais, député de la CUD ancien
universitaire, Daniel
Bekele, responsable
de l'organisation non gouvernementale Action Aid et avocat, ainsi que divers autres députés et membres de la CUD * ont été inculpés le 21 décembre par la Haute cour
d'Addis-Abeba de diverses infractions pénales, dont la plupart sont
passibles de la peine capitale.
Au total, 131 personnes et
organisations ont été inculpées. Parmi les personnes poursuivies à titre individuel
– dont 88 se trouvent en détention (chiffre non confirmé) –, 40 sont des
responsables ou sympathisants de l’opposition privés de liberté depuis le
début du mois de novembre 2005, dix venaient d’être élus au Parlement,
trois sont des défenseurs des droits humains de premier plan (Mesfin
Woldemariam, Daniel Bekele et Netsanet Demissie), 15 des journalistes
indépendants et 30 des Éthiopiens d’origine résidant depuis longtemps à
l’étranger, dont cinq journalistes de la station de radio Voice of America.
Beaucoup appartiennent à la Coalition pour l’unité et la démocratie
(CUD). Cinq organes d’information indépendants doivent également répondre
de charges, de même que les quatre partis politiques appartenant à la
CUD. Les arrestations se poursuivent et de nouvelles personnes pourraient
être inculpées.
Les 131 inculpés ont été
répartis en différents groupes, en fonction des charges auxquelles ils
font face. Ils sont notamment inculpés d’avoir «porté atteinte à la
Constitution», «entravé la Commission électorale éthiopienne», «organisé
et encouragé la révolte armée» et «compromis l’intégrité de l’État»,
ainsi que de «haute trahison». La plupart doivent également répondre du
chef de génocide, sur la base d’allégations faisant état du passage à
tabac d’un Tigréen et de l’incendie volontaire des biens de deux Tigréens
; ils sont également accusés d’avoir terrorisé et causé des souffrances
morales à des membres d’un groupe ethnique et porté préjudice à des
membres du Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien
(FDRPE), le parti au pouvoir, en les excluant de la vie sociale et des
cérémonies funéraires.
Amnesty International
considère les personnes nommées plus haut comme des prisonniers
d’opinion. Parmi tous ceux qui ont été arrêtés, bien d’autres pourraient
également être des prisonniers d’opinion. Plusieurs avaient entamé une
grève de la faim à la fin du mois de novembre, afin de protester contre
leur maintien en détention sans inculpation. Cette grève s’est poursuivie
jusqu’à la mi-décembre. Le 18 janvier, les responsables de la CUD ont
indiqué qu’ils ne prépareraient pas de défense pour leur procès, étant
donné que la procédure était inéquitable. Tous les prévenus sont
actuellement détenus dans la prison de Kaliti, à Addis-Abeba, et leur
droit de consulter un avocat ou de recevoir la visite de leurs proches
est fortement restreint ; il leur est en outre impossible d’exercer ce
droit en privé.
*Hailu Shawel (h), député et président de la Coalition pour
l'unité et la démocratie (CUD), ingénieur du génie civil ; Mesfin
Woldemariam (h), membre fondateur et ancien secrétaire général du Conseil
éthiopien des droits humains, 75 ans ; Berhanu Negga (h), député de la
CUD, maire d'Addis-Abeba et économiste ; Getachew Mengiste (h), député de
la CUD et ex-officier de l'armée ; Gizachew Shifferaw (h), député de la
CUD et professeur d'université ; Hailu Araya (h), député de la CUD,
ancien rédacteur en chef et universitaire ; Yakob Hailemariam (h), député
de la CUD, avocat, ancien envoyé spécial des Nations Unies et procureur
au tribunal sur le génocide rwandais, ancien universitaire ; Debebe
Eshetu (h), responsable des relations publiques de la CUD, artiste ;
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Des milliers de membres
présumés de la Coalition pour l’unité nationale et la démocratie (CUD) et
d’autres partis d’opposition seraient toujours détenus sans inculpation à
la suite des manifestations qui se poursuivent depuis novembre à
Addis-Abeba et dans d’autres villes, en signe de protestation contre les
fraudes qui auraient entaché les élections législatives du 15 mai 2005.
Lors de ce scrutin, le Front démocratique révolutionnaire populaire
éthiopien (FDRPE), au pouvoir, a remporté les deux tiers des sièges du
Parlement. La police a tué par balles 42 personnes et en a blessé 200
autres pendant les manifestations début novembre. Parmi les milliers de
manifestants appréhendés ces dernières semaines, notamment à Addis-Abeba
et dans les régions d’Amhara et d’Oromia, figurent des jeunes scolarisés,
des étudiants et des enseignants. Les mouvements de protestation se sont
soldés par des violences des deux côtés. De nombreuses personnes auraient
été sauvagement battues par des soldats ou des policiers, certaines
auraient été tuées. Selon les informations recueillies, des personnes
détenues au secret dans des prisons en zone rurale ou dans des camps
militaires ont été torturées, et plusieurs d’entre elles seraient mortes.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– déclarez-vous préoccupé par
le fait que des opposants pacifiques au gouvernement et des défenseurs
des droits humains sont inculpés d’infractions passibles de la peine
capitale ;
– appelez les autorités à
libérer les personnes nommées plus haut immédiatement et sans conditions,
car il s’agit de prisonniers d’opinion détenus alors qu’ils n’ont fait
qu’exprimer pacifiquement leurs opinions ;
– priez instamment les
autorités de permettre régulièrement aux prisonniers de recevoir en privé
la visite de leur famille et d’avocats, jusqu’à leur libération.
APPELS À
Premier ministre :
His Excellency Meles Zenawi
Office of the Prime Minister
PO Box 1031, Addis Ababa
Éthiopie
Fax : +251 11 552020 / 552030
Formule d'appel : Your
Excellency, / Monsieur le Premier Ministre,
Ministre de la Justice :
Mr Assefa Kesito
Ministry of Justice
PO Box 1370, Addis Ababa
Éthiopie
Fax : +251 11 517775 / 520874
Courriers électroniques :
ministry-justice@telecom.net.et
Formule d’appel : Dear
Minister, / Monsieur le Ministre,
Responsable de la police au
niveau fédéral :
Mr Workneh Gebeyehu
Ministry of Federal Affairs
PO Box 5068, Addis Ababa,
Éthiopie
Formule d'appel : Dear
Commissioner, / Monsieur,
COPIES À
Ministre des Affaires
étrangères :
Mr Seyoum Mesfin
Ministry of Foreign Affairs
PO Box 393, Addis Ababa,
Éthiopie
Fax : +251 11 514300
Courriers électroniques :
mfa.addis@telecom.net.et
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l’Éthiopie
dans votre pays.
ACTION RECOMMANDEE : Merci d’envoyer
aussi rapidement que possible des appels en anglais ou dans votre langue
nationale (Voir le modèle de Law Sociaty aimablement communiqué par Laura
Magnus ci dessous).
Téléchargez et utilisez la lettre de
of the Law
Society of England and Wales.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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