Retour

   
   English version

 

Retour page d'accueil

IDHAE INFORMATION

AUTRES APPELS URGENTS IDHAE

OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

Amnesty International

Human Rights Watch Campaigns (HRW)

Centre pour l'indépendance des magistrats et des avocats

Digital Freedom Network

International Freedom of Expression Exchange

Asia Human Rights Alert

Retour page d'accueil

 

Les Etats-Unis accordent un statut protecteur aux  moudjahidines du peuple iranien en Irak

 

Les Etats-Unis ont confirmé lundi 26 juillet 2004,  avoir accordé au  4.000 Moudjahidines du Peuple, présents dans le camp irakien d'Achraf (au nord-est de Bagdad), un statut assurant leur protection en tant que force non combattante conformément à la 4e Convention de Genève.

Toutefois, le département d'Etat a souligné que cette décision était indépendante de la qualification par Washington des Moudjahidine du Peuple d'"organisation terroriste internationale".

Le  Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), organe de l'opposition iranienne, avait annoncé dès le 25 juillet dernier, à Paris, la décision des Etats-Unis d'accorder aux membres de ce groupe un statut assurant leur protection en Irak.

 

La France doit maintenant cesser le harcèlement et les poursuites judiciaires sans fondement  pour complaire au régime de Téhéran contre les membres réfugiés en France

 

L’IDHAE et l’IDHBB remercient tous ceux qui ont signé la pétition en ce sens et ceux qui ont signé la lettre officielle au président Bush pour exiger ce statut protecteur.

 


Le 9 décembre 2003, le Conseil gouvernemental provisoire irakien a annoncé qu'il avait décidé d'expulser les membres de l'organisation des Modjahedines du  peuple d'Iran des territoires irakiens d'ici et de saisir ses fonds. Cette décision a été exigée par le régime de Téhéran.
Pendant les deux dernières décennies quelques 120,000 membres et sympathisants des Modjahedines ont été exécutés par le régime et des centaines des milliers d'autres ont été emprisonnés et sévèrement torturés. Selon un décret religieux de Khomeiny servant de loi, les membres et sympathisants des Modjahedines sont condamnés à mort sans aucun jugement.
Par conséquent, la déportation de ces personnes vers l'Iran serait une condamnation à mort et un crime contre l'humanité.
Selon les juristes internationaux, comme le Pr.
Cherif Bassiouni, Lord Slynn of Hadley, Pr. Eric David et le Pr. Jean-Yves de Cara, toute tentative pour une déportation des Modjahedines depuis l'Irak, surtout vers l'Iran, serait une violation grave du droit international humanitaire, particulièrement de la quatrième convention de Genève protégeant tous les civils dans un pays occupé, et également du droit international des droits de l'Homme.
Le régime iranien a fournis au gouvernement américain une liste de 130 Modjahedines demandant qu'ils lui soient livrés. Compte tenue de l'échéance des élections américaines et la situation délicate des Etats-Unis en Irak, il existe de grave inquiétude que le régime iranien puisse par le chantage  réussir à se faire livré un certain nombres de Modjhedines entraînant leurs exécutions.

C'est pourquoi l'IDHAE lance un appel à tous les avocats défenseurs des droits de l'Homme afin qu'ils signent la déclaration de Paris

 

Declaration de Paris au Format PDF
Vous pouvez télécharger et signer avant de renvoyer à l'IDHAE courrier electronique


 

Déclaration de Paris

10 mars 2004

 

Conférence internationale des juristes et avocats défenseurs des Modjahedines iraniens réfugiés en Irak

 

Nous, juristes et avocats,

 

Ayant examiné le statut légal des membres de l’organisation des Modjahedines du peuple d’Iran (OMPI) actuellement en Irak ;

 

Tenant compte des avis juridiques exhaustifs préparés à ce sujet par le Pr. Cherif Bassiouni, Lord Slynn of Hadley, le Pr. Jean-Yves de Cara et d’autres éminents universitaires et spécialistes en droit international ;

 

Soulignant les points de vues de nos collègues dans les séminaires de Genève (22 janvier 2004) et de Berlin (10 février 2004) ;

 

Ayant examiné les rapports des avocats et des juristes ayant visité la base Achraf ces derniers mois et observé la situation in situ ;

 

Gardant à l’esprit que la situation actuelle en Irak est celle d’une occupation militaire, tombant sous le Règlement de la Haye ainsi que sous la Quatrième Convention de Genève ;

 

Rappelant :

-         L’article 46 du Règlement de La Haye, qui interdit la confiscation des biens privés ;

-         L’article 27 de la Quatrième Convention de Genève qui souligne que « les personnes protégées ont droit, en toutes circonstances, au respect de leur personne, de leur honneur, de leurs droits familiaux, de leurs convictions et pratiques religieuses, de leurs habitudes et de leurs coutumes. »

-         Les articles 35 et 132 de la Quatrième Convention de Genève qui garantissent le droit des personnes à quitter le territoire des puissances belligérantes.

-         L’article 45 de la Quatrième Convention de Genève qui interdit le transfert d’une personne protégée « dans un pays où elle peut craindre des persécutions en raison de ses opinions politiques ou religieuses »

-         L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit « les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de (…) tout autre Etat (…) quel qu'en soit le motif »

-         L’article 147 de la Quatrième Convention de Genève, qui criminalise la violation des interdictions précédentes ;

 

Rappelant les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, n° 452 (1979), 465 (1980), 497 (1981), 799 (1992), inter alia, concernant Israël, et 787 (1992) sur la Yougoslavie, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité sur le conflit Irak-Koweït, selon lesquelles il est interdit à la puissance occupante de déporter des éléments de la population du territoire occupé hors de ce territoire ;

 

Rappelant le principe de « non refoulement » de la loi internationale et l’article 3 de la Convention contre la Torture qui interdit le renvoi d’une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être soumise à la torture, et gardant aussi à l’esprit que cette disposition est considérée comme une norme du droit international d’usage, et même de jus cogens, à laquelle tous les Etats doivent se conformer ;

 

Notant la position officielle des autorités américaines, la puissance occupante en Irak, telle qu’elle est exprimée dans des déclarations comme le communiqué du Commandement central américain du 13 mai 2003, stipulant que les personnes de l’OMPI en Irak seront traitées selon les termes des Conventions de Genève ;

 

Notant que le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré que « les membres des Modjahedines se trouvant actuellement en Irak sont sous la responsabilité des forces occupantes et donc sous la protection des Conventions de Genève» ;

 

Notant que les autorités américaines ont reconnu que l’OMPI n’était pas intervenue dans la récente guerre en Irak, et que ses membres sont par conséquent des civils ayant droit aux protections prévues par la Quatrième Convention de Genève;

 

Notant qu’il y a dix mois, l’OMPI a volontairement rendu l’ensemble de ses armes lourdes et légères, ainsi que ses armes de poing, aux forces américaines ;

 

Considérant que durant cette période, les membres des Modjahedines dans la base Achraf ont été maintenus en détention par les forces américaines et que leurs déplacements se passent sous escorte américaine ;

 

Attentif au fait que durant cette période, les déplacements sous escorte des Modjahedines ont été constamment restreints ;

 

Notant que les forces américaines – l’autorité d’occupation responsable de la sécurité des membres des Modjahedines dans la base Achraf – ont constamment refusé de leur révéler à eux ou à leurs représentants légaux les plans concernant la détermination de leur statut ;

 

Notant que les forces américaines ont commencé à passer au crible les résidents de la base Achraf, sans doute pour lancer une procédure légale contre les personnes liées au terrorisme ou à des activités criminelles ;

 

Notant que les agents américains n’autorisent pas la présence d’un avocat lors des entretiens avec les résidents de la base Achraf et que d’importantes restrictions sont imposées aux avocats pour représenter les Modjahedines qui y résident ;

 

Prenant en considération la résolution du 23 décembre 2003 de l’Assemblée générale de l’ONU, les résolutions des 15 janvier et 12 février 2004 du Parlement européen, le rapport annuel de 2003 du département d’Etat américain sur les droits de l’homme, le rapport de janvier 2004 du rapporteur de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur la liberté d’expression, le rapport de juin 2003 du groupe de travail sur les arrestations arbitraires et les rapports d’organisations crédibles de défense de droits de l’homme qui soulignent tous la détérioration de la situation des droits de l’homme et la répression de la liberté de parole en Iran, particulièrement des informations sur la torture systématique des prisonniers politiques dans ce pays ;

 

Notant que les élections législatives iraniennes n’ont été ni libres ni équitables et que même les factions gouvernementales internes n’ont pas été autorisées à y participer et que le nouveau parlement ne représente que la faction la plus extrémiste de l’élite au pouvoir ;

 

1. Exprimons notre vive inquiétude quant à la vaste campagne du régime iranien pour obtenir l’extradition forcée ou l’expulsion des Modjahedines ;

 

2. Rejetons comme arbitraire et illégale la déclaration du 9 décembre 2003 du Conseil de gouvernement irakien appelant à l’expulsion des Modjahedines d’Irak ;

 

3. Joignons notre voix à celles des organisations internationales des droits de l’homme pour souligner que les membres de l’OMPI feraient face à la torture et à l’exécution si on les renvoyait en Iran ;

 

4. Affirmons que le transfert des membres de l’OMPI contre leur gré, spécialement vers des pays dont la politique n’est pas compatible avec les normes internationales applicables des droits de l’homme et qui peuvent s’avérer être des points de transit pour renvoyer les membres de l’OMPI en Iran, violerait le Règlement de la Haye de 1907, la 4e convention de Genève de 1949 et plus généralement la loi humanitaire internationale et la loi internationale sur les droits de l’homme ;

 

5. Dénonçons les menaces portées contre des pays européens par les autorités iraniennes, comme la déclaration du ministre iranien des renseignements et de la sécurité comme quoi ces pays subiraient de graves conséquences s’ils acceptaient des membres de l’OMPI;

 

6. Appelons le gouvernement des Etats-Unis et les autres gouvernements à reconnaître l’OMPI comme une organisation politique dont les membres doivent bénéficier de l’asile en Irak ou dans d’autres pays;

 

7. Observons que l’inclusion de l’OMPI sur les listes terroristes des Etats-Unis et de l’UE et d’autres pays, ne découle pas d’une procédure judiciaire et ne peut donc pas constituer une base pour traiter les Modjahedines en Irak autrement que sous des normes légales adéquates ;

 

8. Exhortons le gouvernement américain à traiter les Modjahedines basés en Irak dans le cadre des lois internationales, spécialement de la Quatrième Convention de Genève et de la Convention contre la torture, de respecter l’ensemble de leurs droits et particulièrement d’assurer leur protection et leur sécurité ;

 

9. Demandons au gouvernement américain de respecter la propriété des Modjahedines concernant leurs biens fixes et mobiles selon les termes des Règlements de La Haye et des conventions de Genève ;

10. Invitons les forces de la coalition à respecter le droit à la liberté d’expression des résidents de la base Achraf et de mettre un terme à l’interdiction pour les média d’accéder aux Modjahedines ;

 

11. Attirons l’attention du gouvernement américain sur le fait que, sur la base de l’article 45 de la Quatrième Convention de Genève, les forces américaines continueront d’être responsables de la sécurité de ceux qui résident dans la base Achraf et que transférer cette responsabilité de certains ou de l’ensemble de ceux qui résident à la base Achraf au gouvernement irakien local après le 1er juillet 2004 ou à toute autre date, tant que la volonté et le pouvoir du gouvernement local d’appliquer les conventions internationales et judiciaires sur les droits de l’homme ne sont pas confirmés, serait une violation flagrante des conventions de Genève, de la Convention contre la torture et de la loi humanitaire internationale ;

 

12. Appelons le gouvernement américain à fournir aux résidents de la base Achraf le droit de se faire assister d’un avocat lors des entretiens ;

 

13. Soulignons que les propos tenus par les résidents de la base Achraf lors des entretiens sans la présence d’avocats, ne peuvent être utilisés contre eux ou contre un tiers ;

 

14. Soulignons que lancer des procédures légales contre les résidents de la base Achraf, ailleurs que dans des tribunaux de pays qui respectent les normes internationales reconnues, en particulier dans l’Union européenne et en Amérique du Nord, serait une violation de la loi humanitaire internationale ;

 

15. Appelons le Comité international de la Croix-Rouge à accomplir pleinement son mandat de gardien de la loi humanitaire internationale et de s’engager activement, avec la présence de ses représentants dans la base Achraf pour superviser directement le processus actuel et rapporter toute éventuelle violation de droits ;

 

16. Appelons le Secrétaire général de l’ONU et tous les Etats membres à adopter une position de fermeté contre les pressions du régime iranien pour faire extrader les membres des Modjahedines afin d’empêcher une catastrophe humanitaire.

 

 

nous retourner votre signature à

idhae@idhae.org


ou
au Secretariat Général
6, rue Paul Valéry
F 75116 PARIS

Ou par Fax IDHAE
au
+ 33 5 56 52 38 17

page precedente haut de la page page suivante

-->