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Déclaré
coupable d’avoir divulgué des secrets d’État en novembre 2004, Lodoisambuu
Sanjaasuren, avocat et défenseur des droits humains, a été condamné à
dix-huit mois d’emprisonnement. Il a récemment déposé un recours en grâce
auprès du président, dont il attend encore la réponse. Amnesty International
considère cet avocat, arrêté au seul motif qu’il a protégé les droits de son
client, comme un prisonnier d’opinion et un défenseur des droits humains.
Il a été
déclaré coupable d’avoir divulgué des secrets d’État parce qu’il a défendu un
homme qui avait été enlevé par les services de renseignement mongols et parce
qu’il a contribué à rendre publiques les allégations selon lesquelles son
client avait été torturé. En avril 2005, la Cour suprême de Mongolie a débouté
Lodoisambuu Sanjaasuren du recours qu’il avait formé contre sa condamnation.
Lodoisambuu Sanjaasuren est incarcéré dans un établissement carcéral de la
banlieue d’Oulan-Bator, dans le district de Bayanzurkh. Il souffre de graves
troubles cardiaques et ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin en
prison.
Lodoisambuu Sanjaasuren a récemment accordé un entretien à un journal depuis
sa prison. Par la suite, l’administration pénitentiaire aurait menacé de le
transférer dans une cellule plus peuplée, où il serait soumis à des
conditions plus pénibles encore. Selon une source digne de foi, aujourd’hui,
l’état de santé de Lodoisambuu Sanjaasuren est «critique, en raison de ses
problèmes de cœur. Parfois, son rythme cardiaque ralentit tellement qu’il est
à deux doigts de tomber en syncope. Il ne reçoit aucun soin spécialisé outre
les médicaments de première nécessité.»
Le 17 juin, Amnesty International a reçu un courrier de l’ambassade de
Mongolie à Londres, en réponse aux appels envoyés par les membres du Réseau
Actions urgentes. L’ambassade y indique que le Ministère de la Justice et de
l’Intérieur ainsi que l’Autorité générale d’application des décisions de
justice l’ont informée que «Lodoisambuu Sanjaasuren recevait des
soins médicaux adaptés». Toutefois, la famille de ce dernier a signalé à
l’organisation de défense des droits humains qu’il n’avait pu voir son
médecin qu’à deux reprises depuis le début de sa détention (en novembre 2004
et en mars 2005). Les deux fois, Lodoisambuu Sanjaasuren a dû payer la
consultation et les traitements prescrits. Ses proches affirment que, depuis
le 3 mars, cet homme s’est systématiquement vu refuser l’autorisation de voir
son médecin et que son état de santé est à présent «critique».
Lodoisambuu Sanjaasuren a défendu Enkhbat Damiran, qui a été enlevé par les
services de renseignement mongols en France, le 15 mai 2003. Cet homme était
soupçonné d’implication dans le meurtre de Zorig Sanjasuuren, opposant
politique de premier plan tué chez lui à l’arme blanche, en 1998. Les
assassins n’ont pas été identifiés. Après son enlèvement, Enkhbat Damiran a
été ramené en Mongolie et maintenu au secret pendant plusieurs jours au siège
de l’Agence générale de renseignement, à Oulan-Bator. Il affirme que des
agents du renseignement l’ont sauvagement torturé afin de lui faire «avouer»
l’homicide et qu’ils ont tenté de le forcer à devenir informateur. Enkhbat
Damiran n’entretenait manifestement aucun lien avec Zorig Sanjasuuren et les
autorités mongoles n’ont pas apporté la moindre preuve de son implication
dans le meurtre (voir l’AU 357/03, ASA 30/002/2003 du 5 décembre 2003).
Lodoisambuu Sanjaasuren a aidé Enkhbat Damiran à s’exprimer à la télévision,
afin de décrire la manière dont il avait été enlevé et torturé par des agents
des services de renseignement mongols, ce qui a valu aux deux hommes d’être
condamnés à des peines d’emprisonnement, en octobre 2004, pour divulgation de
secrets d’État. Lodoisambuu Sanjaasuren a été condamné à dix-huit mois de
prison et Enkhbat Damiran à trois ans.
ACTION
RECOMMANDÉE :
dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites qu’Amnesty International considère Lodoisambuu Sanjaasuren comme un prisonnier
d’opinion, car il n’a fait qu’exercer ses activités légitimes d’avocat et de
défenseur des droits humains ;
– dites-vous préoccupé par le fait que, malgré les déclarations des
autorités, la famille de cet homme signale qu’il n’a pas été autorisé à
consulter son médecin depuis le 3 mars et que son état de santé est à présent
«critique» ;
– exhortez les autorités mongoles à lui permettre sans délai de voir son
médecin et de recevoir des soins médicaux appropriés ;
– priez instamment les autorités mongoles de libérer Lodoisambuu Sanjaasuren
immédiatement et sans condition.
APPELS À
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Président
de la Mongolie :
His Excellency, N. Bagabandi
Government House
Ulaanbaatar-12
Mongolie
Fax : +976 11 311121
Courriers électroniques : webmaster@presi.pmis.gov.mn
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Président de la République
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Premier Ministre :
Mr Elberg Dorj TS
Prime Minister of Mongolia
Government House
Ulaanbaatar-12
Mongolie
Fax : +976 11 328329
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier Ministre
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COPIES À
Ministre de la Justice et de l’Intérieur :
Mr Nyamdorj Ts.
Minister of Justice and Internal Affairs
Huldaldaani Gudamj-61A
Ulaanbaatar-46
Mongolie
Fax : +976 11 325225
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Mongolie dans votre pays.
Merci d’adresser des lettres de soutien à Lodoisambuu Sanjaasuren à l’adresse
suivante :
Lodoisambuu Sanjaasuren
Prison 425
Amgalan City
Bayanzurkh district
Mongolie
Amnesty International DOCUMENT PUBLIC
ASA 30/002/2005
Action complémentaire sur l’AU 128/05 (ASA 30/001/2005 du 19 mai 2005)
ÉFAI
Londres, le 23
juin 2005
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