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L'IDHAE vient d'être informé de nouveaux actes de
persécution judiciaire à l’encontre de Maître Muhamad Mugraby, avocat
inscrit au Barreau de Beyrouth et défenseur des droits de l'Homme, reconnu
notamment pour son engagement contre la corruption dans le milieu
judiciaire libanais et la défense de nombreux opposants politiques dans le
pays. Selon les informations
reçues, Me Mugraby a été interpellé le 26 février 2005 par les forces de
Sûreté Générale à Beyrouth et n’a été libéré que dix heures plus tard. A
cette occasion, il lui a été signifié qu’il était accusé de « porter
atteinte à la réputation de l’Etat et à l’institution militaire »,
incriminations qui ne figurent toutefois pas dans le code pénal libanais.
Il a été interrogé sur son intervention devant le Comité Mashrek du
Parlement européen le 4 novembre 2003, lors de laquelle il avait dénoncé la
détention arbitraire dont il avait fait l’objet en août 2003 et les
dysfonctionnements du système judiciaire libanais. Il a notamment été
reproché à Me Mugraby de défendre la démocratisation des pays arabes. Les
officiers de police lui ont également demandé des précisions sur sa
position concernant la justice militaire au Liban, qu’il avait explicitée
lors de son intervention devant le Parlement européen. Selon les informations reçues, Me
Mugraby avait déjà fait l’objet d’une arrestation sur mandat du Procureur
Général suite à cette intervention en 2003, mais les charges à son encontre
– les mêmes que celles actuellement invoquées – avaient alors été
abandonnées suite aux pressions de la communauté internationale et en
particulier des institutions européennes. Le cas a été réouvert le 24
février 2005, ce qui a conduit à son arrestation deux jours plus tard. La réactivation subite d’anciennes charges à l’encontre de
Me Mugraby constitue une nouvelle forme de pression contre lui et souligne
que cette mesure est contraire aux principaux instruments internationaux
relatifs aux droits de l’Homme liant le Liban, ainsi qu’aux principes de
base relatifs au rôle du Barreau, dont l’article 23 garantit la liberté
d’expression et d’association des avocats. Ces mesures sont arbitraires en
ce qu’elles ne visent qu’à sanctionner l’activité de Me Mugraby en faveur
de la défense des droits de l’Homme au Liban. Rappel des faits: En avril 2000, Me Mugraby
avait été poursuivi pour “diffamation portée contre le pouvoir judiciaire”,
après avoir mis en cause nominativement l'intégrité d'un certain nombre de
juges lors de conférences de presse le 14 octobre 1999 et le 19 avril 2000. Le 7 août 2003,
deux agents de police sont entrés dans le cabinet de Maître Muhamad
Mugraby, âgé de 64 ans, à Beyrouth, et lui ont demandé de les suivre
jusqu’au bureau du procureur. Quand il est arrivé au bureau du procureur au
matin du 8 août, il a été interrogé pendant près de quatre heures sur les
charges " d’usurpation de la qualité d’avocat," d'après
l’information reçue par Human Right Watch. Selon la loi qui régit la
profession d’avocat au Liban, l’usurpation de la qualité d'avocat est une
infraction criminelle qui est punie de six mois à trois années dans prison,
ont dit les avocats libanais à Human Right Watch. Maître Mugraby a été
autorisé de remettre sa ceinture, son téléphone mobile, son alliance et
autres objets personnels à sa femme Dalal avant d'être mis en détention. Comme
de cette écriture, il est supposé détenu dans une prison à l'intérieur de
non plus le Ministère de Justice ou le Palais de Justice, deux bâtiments
qui sont adjacent à l'un l'autre. Source : Human Rights Watch (New York, August 9,
2003)
Actions demandées: Merci de bien vouloir écrire aux
autorités libanaises en leur demandant de: i.
veiller
à ce que les charges pesant contre Me Mugraby soient abandonnées en raison
de leur caractère arbitraire, et mettre un terme à toute forme de
harcèlement, y compris judiciaire, à son encontre et à celle de tous les
défenseur des droits de l’Homme au Liban ; ii.
se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits
de l'Homme adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre
1998 et plus particulièrement à son article premier, qui dispose que
“chacun a le droit, tant individuellement qu'en association avec d'autres,
de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des
libertés fondamentales aux niveaux national et international” et à son
article6.b qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, de publier, communiquer à autrui ou diffuser
librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de
l’Homme et toutes les libertés fondamentales » ; iii.
plus
généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle
des droits de l'Homme et aux instruments régionaux et internationaux
ratifiés par le Liban. Adresses: - SE Général Emile Lahoud, Président
de la République Libanaise, Palais Présidentiel, Beirut, Fax : + 961 1 425
391. E-mail: opendoor@presidency.gov.lb - Mission permanente de la République
Libanaise auprès des Nations unies à Genève. Parc de Mayens 28, 1218
Grand-Saconnex, GE, Suisse, Fax : + 41 22 791 85 80, E-mail : mission.lebanon@ties.itu.int. Représentations diplomatiques de la République Libanaise dans
vos pays respectifs. Source : L'OBSERVATOIRE LBN 001 /
0005 / OBS 033.2
Interpellation/ Poursuites judiciaires |