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Sept militants politiques ont été
arrêtés les 8 et 9 février. Les sept
militants – des
représentants politiques importants, pour la plupart – appartiennent tous à
l’ethnie chan, la plus grande minorité du Myanmar, ont été arrêtés les 8 et 9 février.
Parmi eux figurent U Shwe Ohn,
quatre-vingt-deux ans, vétéran de l’ethnie Shan, dirigeant de la United
Nationalities League for Democracy (Ligue pour la démocratie des
nationalités unies – une coalition de partis politiques représentant des
groupes ethniques minoritaires du Myanmar).
U Shwe Ohn s’est
rendu avec d’autres politiciens à Taunggyi, la capitale de l’État Shan, le 7
février 2005, pour assister à une rencontre avec le groupe «New Generation»
et discuter du futur de l’état Shan et d’un éventuel cessez-le-feu. Le 8
février, il fut placé en résidence surveillée, sans aucune accusation, à la
résidence d’Aung Myint, son frère, à Taunggyi.
U Shwe Ohn a été placé en
résidence surveillée le 8 février. Les autres ont été appréhendés le
lendemain.
U Shwe Ohn fut un des dirigeants qui a
préparé l’instauration de la démocratie en Birmanie, dans une perspective
d’égalité des droits et d’autonomie des groupes ethniques régionaux, l’Union
de Birmanie, signé dans le Traité de Panglong le 12 février 1947.
U Shwe Ohn avait été arrêté en
décembre 1992 et condamné à un an de prison pour avoir rédigé et fait
circuler un article dans lequel il adressait des propositions à la convention
nationale au sujet de la nouvelle constitution.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le gouvernement militaire du
Myanmar est au pouvoir depuis 1962. À la suite d’un vaste mouvement de
protestation contre le régime à parti unique, les autorités ont organisé des
élections en 1990. L’opposition a remporté la majorité des sièges, mais les
autorités ont différé le transfert du pouvoir jusqu’à l’élaboration d’une nouvelle
constitution. Le processus de rédaction d’un projet de constitution, reporté
à maintes reprises depuis la première réunion de 1993, a repris en 2004.
La tenue d’une convention nationale, dans le cadre de laquelle doivent être
jetées les bases de cette nouvelle constitution, est prévue le 17 février.
Parmi les participants doivent notamment figurer des délégués du Shan
State Peace Council (SSPC, Conseil pour la paix de l’État chan). Ils
représentent divers groupes armés d’opposition de la minorité chan qui ont
signé des accords de cessez-le-feu avec les autorités au cours des années
1990, après avoir lutté pendant des décennies pour obtenir une plus grande
autonomie.
Des partis d’opposition, dont le Shan Nationalities League for Democracy
Party (SNLDP, Parti de la ligue des nationalités chans pour la
démocratie) et la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale
pour la démocratie), ont boycotté la convention. Ils entendaient ainsi
protester contre le fait que les autorités avaient restreint leurs activités
politiques et emprisonné des responsables hauts placés de l’opposition. Ils
voulaient également dénoncer l’absence de procédures démocratiques et de
liberté d’expression au sein de la convention. Lors de sessions précédentes,
les autorités ont condamné des membres de l’opposition et des militants
politiques à de lourdes peines d’emprisonnement parce qu’ils avaient fait des
commentaires sur les procédures de la convention ou communiqué avec des
délégués. U Shwe Ohn avait été arrêté en décembre 1992 et condamné à un an de
prison pour avoir rédigé et fait circuler un article dans lequel il adressait
des propositions à la convention nationale au sujet de la nouvelle
constitution.
À l’approche des dernières sessions de la convention, des membres et des
dirigeants de partis d’opposition ont été suivis, interrogés et menacés en
raison de leurs activités politiques, pourtant pacifiques et légitimes.
Certaines personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté sans violence, en
faveur, notamment, de la libération de tous les prisonniers politiques.
Au Myanmar, on compte plus de 1300 prisonniers politiques. Beaucoup ont été
appréhendés en raison de leurs activités d’opposition, alors qu’ils menaient
celles-ci de manière pacifique. Les autorités arrêtent souvent des militants
politiques et des membres de partis d’opposition. Les détenus politiques
risquent de subir des interrogatoires prolongés et de se voir infliger des
actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, notamment d’être
privés de sommeil, de nourriture et de boisson. De plus, ils sont fréquemment
privés de tout contact avec le monde extérieur, ce qui accroît le risque de
torture.
ACTION RECOMMANDÉE :
dans les appels que vous ferez parvenir le
plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans
votre propre langue) :
– dites-vous
préoccupé par l’arrestation de U Shwe Ohn et des sept militants et exhortez
les autorités à les libérer sans délai ni condition ou à les inculper d’une
infraction dûment reconnue par la loi ;
– priez les autorités de permettre
immédiatement à U Shwe Ohn de s’entretenir avec des avocats, d’avoir des
contacts avec leurs proches et de recevoir tous les soins médicaux requis par
son âge et son état de santé ;
APPELS À
Président du State Peace and Development
Council (SPDC, Conseil national pour la paix et le développement) :
General Than Shwe
Chairman
State Peace and
Development Council
Ministry of Defence
Dagon Post Office
Yangon, Myanmar
Formule d'appel : Dear General, / Mon Général, (si
c’est un homme qui écrit) ou Général, (si c’est une femme qui écrit)
Premier ministre du State Peace and
Development Council (SPDC, Conseil national pour la paix et le développement)
:
Lieutenant General Soe
Win
Prime Minister
State Peace and
Development Council
Ministry of Defence
Dagon Post Office
Yangon, Myanmar
Formule d'appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le
Premier ministre,
COPIES aux représentants diplomatiques du
Myanmar dans votre pays.
DOCUMENT
PUBLIC
ASA 16/002/2005
AU 38/05
ÉFAI
Londres, le 16 février 2005
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