NÉPAL
4 Novembre 2003
Gopi Krishna Thapaliya
arrêté le 4
novembre à Katmandou par des membres des forces de sécurité
a été remis en
liberté le 14 novembre 2003
ACTION URGENTE
Londres, le 6 novembre 2003
Amnesty International est
préoccupée par la sécurité de Gopi Krishna Thapaliya, avocat, 45 ans, arrêté le
4 novembre dernier à Katmandou par des membres des forces de sécurité vêtus en
civil. On ignore où cet homme se trouve.
Originaire du comité de village
Koshi Dekha, dans le district de Kavrepalanchok, Gopi Krishna Thapaliya,
avocat, vit aujourd'hui à Koteshwar (Katmandou). Il a été appréhendé à son
domicile le 4 novembre, à 6 h 30 du matin, par six membres des forces de
sécurité en tenue civile. Les proches de Gopi Krishna Thapaliya ont cherché à
savoir où les représentants des forces de l'ordre le conduisaient, mais ils
n'ont pas obtenu de réponse. L'homme a été emmené à bord d'un véhicule de
marque Toyota immatriculé Ba. 1 Cha 4347.
On ignore le motif de
l'interpellation de cet avocat ; il est possible qu'elle soit liée à son
activité professionnelle ou au fait qu'il est sympathisant du Rastriya
Janamorcha Nepal (Front populaire du Népal), un parti de gauche. Les proches de
Gopi Krishna Thapaliya ont effectué des démarches en vue de déterminer où il se
trouve, notamment auprès de la Commission nationale des droits humains et du
Comité international de la Croix-Rouge (CICR), mais celles-ci n'ont pas abouti
à ce jour.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International est
préoccupée par la détérioration de la situation des droits humains au Népal
depuis que le Parti communiste népalais (PCN) maoïste a déclaré une «guerre
populaire», en février 1996. Le nombre d'atteintes aux droits humains
imputables aux forces de sécurité ainsi qu'au PCN maoïste a considérablement
augmenté après que l'armée eut été déployée et l'état d'urgence déclaré, entre
novembre 2001 et août 2002. De nombreuses personnes ont été appréhendées en vertu
de la Loi relative à la prévention et à la répression des activités terroristes
et déstabilisatrices. Adopté en 2002, ce texte permet aux forces de sécurité de
procéder à des arrestations sans mandat et de maintenir des suspects en garde à
vue pendant des périodes pouvant aller jusqu'à quatre-vingt-dix jours. De très
nombreuses personnes auraient été retenues illégalement par l'armée pendant des
semaines, voire des mois, sans qu'on les ait autorisées à consulter un avocat
ou un médecin ni à entrer en contact avec leurs proches. En 2002, le Népal a
enregistré plus de «disparitions» que tout autre pays du monde. Par ailleurs,
selon les informations recueillies, un grand nombre de personnes ont été
enlevées par le PCN maoïste.
Le 29 janvier 2003, le gouvernement
népalais et le PCN maoïste ont déclaré un cessez-le-feu. Trois cycles de
pourparlers de paix ont eu lieu en avril, mai et août entre les deux parties.
Le PCN maoïste avait demandé en priorité qu'une table ronde soit organisée,
qu'un gouvernement intérimaire soit formé, et qu'une assemblée constituante
soit élue afin de rédiger une nouvelle Constitution.
Le 27 août, le PCN maoïste a
annoncé qu'il désavouait l'accord de cessez-le-feu. Depuis lors, les
affrontements ont repris entre ce groupe armé et les forces de sécurité dans
tout le pays, et Amnesty International a été informée que les deux parties
s'étaient rendues coupables d'atteintes aux droits humains. On a pu constater,
en particulier, une augmentation du nombre de «disparitions» et d'enlèvements
imputables respectivement aux forces de sécurité et au PCN maoïste.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– faites part de vos
préoccupations concernant la sécurité de Gopi Krishna Thapaliya, qui aurait été
arrêté le 4 novembre dernier à Katmandou par des membres des forces de sécurité
vêtus en civil ;
– exhortez les autorités à
révéler le lieu où cet homme se trouve et à lui permettre immédiatement de
recevoir la visite de ses proches, de s'entretenir avec des avocats et de
bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
– demandez instamment qu'il soit
libéré immédiatement et sans condition, à moins qu'il ne soit inculpé d'une
infraction prévue par la loi.
APPELS À
Responsable de la cellule des
droits humains
de l'armée :
Brigadier General B. A. K.
Sharma
Head, Army Human Rights Cell
Army Headquarters
Kathmandu, Népal
Télégrammes : Brigadier General
B. A. K. Sharma, Kathmandu, Népal
Fax : +977 1 4 226 292 / 229
451(Il est possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de
bureau ; il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir
l'heure locale.)
Formule d'appel : Dear Brigadier
General, /
Monsieur le Général de brigade,
Chef d'état-major de l'armée népalaise :
General Pyar Jung Thapa
Chief of army staff (COAS)
Kathmandu
Népal
Télégrammes :
Commander-in-Chief, Kathmandu, Népal
Fax : +977 1 4 242 168 (Il est
possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de bureau ;
il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir l'heure
locale.)
Formule d'appel : Dear
Commander-in-Chief, /
Mon Général, (si c'est un homme
qui écrit) ou
Général, (si c'est une femme qui
écrit)
COPIES AU
Premier ministre :
Surya Bahadur Thapa
Prime Minister
Office of the Prime Minister
Singha Durbar, Kathmandu
Népal
Fax : +977 1 4 227 286 (Il est
possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de bureau ;
il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir l'heure
locale.)
Formule d'appel : Dear Prime
Minister, / Monsieur le Premier ministre,
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques du Népal dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 18 DÉCEMBRE 2003,
VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
DOCUMENT PUBLIC
ASA 31/071/2003
AU 321/03
ÉFAI
ASA 31/080/2003
Informations complémentaires sur l'AU 321/03 (ASA 31/071/2003 du 6 novembre 2003)
ÉFAI
Gopi Krishna Thapaliya a été
remis en liberté le 14 novembre 2003. Cet homme était retenu captif dans la
caserne militaire de Singha Durbar, à Katmandou. Il a eu les yeux bandés
pendant toute sa détention.
Originaire du comité de village
de Koshi Dekha, dans le district de Kavrepalanchok, Gopi Krishna Thapaliya vit
actuellement à Koteshwar (Katmandou). Il avait été appréhendé à son domicile le
4 novembre par six membres des forces de sécurité en tenue civile. On ignore
les motifs de arrestation.
Aucune action complémentaire n'est requise
de la part des membres du Réseau Actions urgentes.
Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé
des appels en faveur de cet homme.
AI INDEX: ASA 31/080/2003 18 Novembre 2003
