Basu Dev Sigdel, avocat, aurait
été arrêté par les forces de sécurité le 22 janvier à Katmandou. Deux jours
plus tard, Rakesh Prasai, homme d'affaires, 36 ans, et son frère, Durga Prasai
,homme d'affaires, 33 ans , ont eux
aussi été appréhendés par des militaires dans le district de Jhapa. Amnesty
International est préoccupée à l'idée que ces trois hommes n'aient été arrêtés
de façon arbitraire et illégale, et s'inquiète pour leur sécurité.
Selon des témoins, le 22
janvier, vers 10 heures, trois hommes en civil disant appartenir aux forces de
l'ordre se sont présentés au cabinet juridique de Subakarna, où Basu Dev Sigdel
exerce. Ils auraient saisi son téléphone portable et l'auraient emmené à 10 h
15, à pied, affirmant qu'ils le ramèneraient très rapidement au cabinet.
L'épouse de Basu Dev Sigdel a tenté de le joindre sur son portable plus tard
dans la journée ainsi que le lendemain, mais il était éteint. Originaire
d'Arundaya, dans le district de Tanahu, Basu Dev Sigdel vit à Bafal, à
Katmandou.
Ses proches ont signalé son
arrestation à la Nepal Bar Association (Association népalaise des avocats du
barreau) ainsi qu'à la Commission nationale des droits humains. Ils ont
également exhorté les ministères de la Défense et de l'Intérieur à révéler son
lieu de détention et à veiller à sa sécurité, mais ces appels n'ont pas été
suivis d'effet. Rakesh Prasai et Durga Prasai résident à Anarmuni, à Jhapa. Ils
tiennent un commerce de meubles dans le bazar de Birtamod, à Anarmuni.
D'après des témoins, des
militaires en uniforme se sont présentés au magasin à 14 heures, à la recherche
de Durga Prasai. Lorsqu'ils ont compris qu'il était absent, ils ont emmené son
frère, Rakesh Prasai, à bord d'un van. Les militaires auraient informé le
personnel qu'ils ne relâcheraient pas Rakesh Prasai tant que Durga Prasai
n'aurait pas été livré à l'armée. Peu après son retour au magasin, Durga Prasai
s'est rendu à la caserne militaire de Charali en compagnie d'un membre de sa
famille. Quand il a demandé à des responsables de la caserne les raisons de
l'arrestation de son frère, il a été appréhendé à son tour, sans qu'aucune
explication ne lui soit fournie. Les proches de Rakesh et Durga Prasai pensent
que les deux hommes ont été placés en détention parce qu'on les soupçonne, à
tort, d'entretenir des liens avec le Parti communiste népalais (PCN) maoïste.
Ils ont effectué des démarches auprès de la Commission nationale des droits humains,
des ministères de la Défense et de l'Intérieur, ainsi que d'officiers
supérieurs de l'armée en vue d'obtenir la libération des deux frères, mais
leurs tentatives n'ont pas abouti.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International est
préoccupée par la détérioration de la situation des droits humains au Népal
depuis que le Parti communiste népalais (PCN) maoïste a déclaré une «guerre
populaire», en février 1996. Le nombre d'atteintes aux droits humains
imputables aux forces de sécurité ainsi qu'au PCN maoïste a considérablement
augmenté après que l'armée eut été déployée et l'état d'urgence déclaré, entre
novembre 2001 et août 2002. De nombreuses personnes ont été arrêtées en vertu
de la Loi relative à la prévention et à la répression des activités terroristes
et déstabilisatrices, adoptée en 2002 ; ce texte permet aux forces de sécurité
de procéder à des arrestations sans mandat et de maintenir des suspects en
garde à vue pendant des périodes pouvant aller jusqu'à quatre-vingt-dix jours.
De très nombreuses personnes auraient été retenues illégalement par l'armée
pendant des semaines, voire des mois, sans qu'on les ait autorisées à consulter
un avocat ou un médecin ni à entrer en contact avec leurs proches. En 2002, le
Népal a enregistré plus de «disparitions» que tout autre pays du monde. Par
ailleurs, selon les informations recueillies, un grand nombre de personnes ont
été enlevées par le PCN maoïste. L'accord de cessez-le-feu conclu en janvier
2003 entre le gouvernement népalais et le PCN maoïste a été rompu le 27 août
2003. Depuis lors, les affrontements ont repris entre les forces
gouvernementales et le PCN maoïste dans tout le pays, et Amnesty International
a été informée que les deux parties s'étaient rendues coupables d'atteintes aux
droits humains. On a notamment observé une augmentation du nombre de
«disparitions» et d'enlèvements imputables respectivement aux forces de
sécurité et au PCN maoïste.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés
ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la
sécurité de Basu Dev Sigdel, qui aurait été interpellé le 22 janvier à 10 h 15
alors qu'il se trouvait sur son lieu de travail, à Bafal (Katmandou) ;
– faites part de votre
inquiétude quant à la sécurité de Rakesh Prasai et Durga Prasai, arrêtés par
des militaires dans le district de Jhapa, le 24 janvier dernier ; déclarez-vous
particulièrement préoccupé par les informations selon lesquelles on a placé
Rakesh Prasai en détention dans le but de contraindre son frère, Durga Prasai,
à se livrer ;
– exhortez les autorités à
révéler l'endroit où se trouve Basu Dev Sigdel et à confirmer officiellement le
lieu de détention de Rakesh Prasai et Durga Prasai ;
– engagez-les à veiller à ce que
ces trois hommes soient traités avec humanité pendant leur détention, et
notamment à ce qu'ils ne soient pas soumis à la torture ni à d'autres formes de
mauvais traitements ;
– appelez les autorités à
permettre immédiatement à Basu Dev Sigdel, Rakesh Prasai et Durga Prasai
d'entrer en contact avec leurs proches, de s'entretenir avec des avocats et de
bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
– demandez instamment qu'ils
soient libérés immédiatement et sans condition, à moins qu'ils ne soient
inculpés d'une infraction prévue par la loi.
APPELS À
Chef d'état-major de l'armée
népalaise :
General Pyar Jung Thapa
Chief of army staff (COAS)
Army Headquarters
Katmandou, Népal
Télégrammes : Commander-in-Chief, Army Headquarters, Katmandou, Népal
Fax : +977 1 4 242 168 (Il est
possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de bureau ;
il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir l'heure
locale.)
Formule d'appel : Dear
Commander-in-Chief, / Mon Général, (si c'est un homme qui écrit) ou Général,
(si c'est une femme qui écrit) Responsable de la cellule des droits humains de
l'armée :
Colonel Nirendra Prasad Aryal
Head of Army Human Rights Cell
Army Headquarters
Singha Durbar
Katmandou, Népal
Télégrammes : Colonel NP Aryal,
Army Headquarters, Katmandou, Népal
Fax : +977 1 4 226 292 / 229 451
(Il est possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de
bureau ; il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir
l'heure locale)
Formule d'appel : Dear Colonel,
/ Mon Colonel, (si c'est un homme qui écrit) ou Colonel, (si c'est une femme
qui écrit)
COPIES À
Premier ministre :
Prime Minister Surya Bahadur Thapa
Office of the Prime Minister
Singha
Durbar
Katmandou,
Népal
Fax : +977 1 4 227 286 (Il est
possible que les télécopieurs soient éteints en dehors des heures de bureau ;
il faut ajouter cinq heures et demie à l'heure GMT pour obtenir l'heure locale)
Formule d'appel : Dear Prime
Minister, / Monsieur le Premier ministre,
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques du Népal dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT. JUSQU’AU 10 MARS 2004
ACTION URGENTE
ASA 31/012/2004
AU 31/04
ÉFAI 28 janvier 2004
UA 31/04